‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 118 sur 243 · Prosodie françoise, Paris, lBi0^in-12,p · texte numérisé non relu

Prosodie françoise, Paris, lBi0^in-12,p

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hasards da caprice individuel ; car, suivant sa remarque, les lettres que la voix ne fait point entendre n*en ont pas moins leur utilité y en ce qu'elles conservent la trace de Torigine des mots : c'est un cachet étymologique qui prévient la confusion des sens. Sur ce côté de son sujet, Henri Estienne s'arrête avec complaisance , et il arrive ainsi à parler des sources anciennes d'où est dérivé notre idiome. Là encore ses observations un peu minutieuses, ce que comportait et réclamait même Vépoque où il écrivait 9 sont toutefois loin d'être dénuées d'intérêt. II fait voir de combien de manières les termes se sont modifiés en nous venant des Grecs et des Latins, et il en déduit les difitérences caractéristiques qui séparent le génie de ces trois langues. Fidèle à son rêle de gardien du bon langage, il signale, en outre, et s'attache à corriger les fautes qui résultent des habitudes vicieuses : sa vigilance ne néglige aucun détail; elle s'étend jusqu'aux altérations qu'une fausse quantité donnée aux syllabes pourrait introduire.

La préface de ce petit livre est surtout un excellent morceau de philologie, plein d'idées justes et même d'aperçus nouveaux. Elle roule en grande partie sur les variétés de l'ancien parler français , propres à chaque province* et qu'il compare aux dialectes de la Grèce. Symbole et lien de l'unité nationale, l'unité de notre idiome ne devait exister qu'au siècle suivant , grâce à la juridiction de l'Académie, et plus encore aux chefsd'œuvre du règne de Louis XIV. Mais dès ce moment , avec tous les écrivains qui pressentaient et préparaient

1. Le comte de Maistre , dans les Soirées de Saint-Pétershourg ^ ^entret;, signale encore ces dialectes «comme étant des mines Presque intactes et dont il est possible de tirer de grandes richesses liistoriqaes et philosophiques. ».

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eette époifue de maturité , Henri Estienne voulait qoe tous nos dialectes , combinant leurs ressources , vinssent se rassembler, en vassaux empressés , autour du pins parfait, celui de Tlie de France, pour le fortifier et FeBrichir, destiués à former ainsi, par leur association volontaire, Tunique langue du pays. Après en avoir étudié, avec un grand soin de détails , tout le mécanisme , il observait judicieusement que si , à Paris , elle atteint son plus haut degré de pureté , elle n'est nulle part dés^ héritée d'avantages , chacune de nos contrées possédant ses idiotismes dont les défauts mêmes ne manquent pas d'un certain attrait. Ce sont de ces imperfections piquantes, de ces signes gracieux qui plaisent dans nn beau visage : a Talia non tam vitia in oratione qnam idem quod nsevos in pulchra facie esse dico*. »

Comme il faisait appel aux termes significatifs de toutes les provinces, Henri Estienne s*est toujours montré curieux d*y recueillir les proverbes en. vogue. C'est là un produit de notre sol dont il est singulièrement jaloux^. En cela, il partage le goût de son temps. On n'ignore point, en effet , combien la bonhomie de nos pères prisait ces formules de sagesse, que la familiarité pittoresque de l'expression contribue à graver dans la mémoire*. De là les très-nombreux recueils de ce genre

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