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que nous offre le xyi<^ siècle ^; de là , notamment, le sin* gulier saccès des Adages d*Erasme , tant de fois réimprimés depuis l'an 1500 , et accrus jusqu'à l'excès^ : aussi Henri Ëstienne s'était-il proposé , ce qu'il n'a pas eu le loisir de faire , d'en donner une édition judicieusement réduite*. Epris de ces locutions caractéristiques où le bon sens public est si plaisamment résumé, il s'était plu d'ailleurs à en orner ses différents ouvrages, avant de leur consacrer un traité spécial ^ vers la fin de sa carrière.
Si , au point de vue moral , les proverbes ont beaucoup d'importance en nous découvrant les instincts, les prédilections et les habitudes d'un peuple , ils n'en ont pas moins au point de vue philologique et littéraire , puis- ({u'avec la personnification intime de son esprit , ils offrent en abrégé les tours propres et la physionomie véri-
t. Voy. particulièrement Âni. de Baïf, qui a écrit, en vers français, ses Mimes ^ enseignements et dits moratix; Éf. Pasqnier, dans son YIII* livre des Recherches ^ «travail important, dit M. Le Roux de Lincy de ce livre, rempli de science et qui a servi de base à tous les ouvrages qui ont été composés sur le même sujet. » — Auparavant, Charles de Bovelles avait public trois livres sur les proverbe^, « Proverbiorum vulgarium libri trrs, » Paris, 1531 , in-S"; Polydore Virgile en avait également traité, ^exemple de ces recueils remontait d^aiUeurs très-haut, s'il est vrai , comme l'a dit Synésius , qu^Aristote ait lui-même formé une collection de proverbes.
1. Les Adages, qui étaient au nombre d^environ liuit cents dans la prenûère éditien, dépassèrent, dans les dernières, le chiffre de <inatre mille»
3. Précédemment il avait réimprimé cet ouvrage avec des notes <iui ont été reproduites par Jean Leclerc dans sa belle édition des Hages,
4. Les Prémices ou le premier livre des proverbes épigrambalisés, ou des épigrammes proverbialisées (1594) : ce petit 'ivre est d'une rareté extrême.
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table de son langage ^ Hardiesse de figures , originalité de pensées, et mots saisis an passage, tout s'y recommande à l'attention de l'éradit philosophe. Ces expressions durahles , créées par l'imagination populaire pour rendre ce qui Ta vivement frappée, ces types de brièveté, de justesse et de force font une partie très-réelle de la richesse d'un idiome. Gomme grammairien et comme philologue curieux , Henri Estienne devait donc naturellement se préoccuper de ces formes indigènes où notre vieille langue en particulier se distingue par tant de concision et de relief.
Dès l'année 1558, il avait annoncé dans l'une de ses préfaces que, son Trésor grec achevé, il donnerait aa public une collection de proverbes pour déployer tout oe qu'à cet égard nous possédions de ressources. Ses conversations avec Henri III le rappelèrent à cette pensée : néanmoins, quoique pressé par lui de la réaliser, il n'entreprit de le faire qu'assez longtemps après la mort de ce prince. Encore s'est-il arrêté presque au début de sa tâche. Il s'était proposé de partager cette matière en plusieurs livres : mais il n*en a paru qu'un seul , où les vers sont mêlés à la prose. Après les Épigrammes viennent en effet des Avertissements^ assez longuement développés, qui les commentent. Apophthegmes , dictons, sentences , figurent avec un peu de confusion dans ce recueil. La source où il comptait puiser avec le plus d'abondance était celle de nos vieux romans, qu'il avait plus étudiés qu'aucun homme de son siècle ; et non content d'en tirer une foule de proverbes, a espèces de rabbins, nous dit-il, pour la connaissance de plusieurs choses qui appartiennent à notre langage, d il devait nous éclairer
1. Voy. M. Nodier, Mélanges tirés d*une petite bibliothèque, p. 130.
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sur leur origine , leur usage et leur vraie significatfoD. Le premier livre , rédigé à la hâte , ne contient d'ailleurs que des adages relatifs à Dieu et empruntés , pour la plupart, au texte dé la Bible.
Un livre d'un descendant de la famille des Estienne semble indiquer que le goût des recherches sur les locutions proverbiales fut héréditaire dans cette maison : c'est VArt de faire les devises, qui eut pour auteur, au milieu du siècle suivant^ un Henri Estienne, écuyer, sieur des Fossés, interprète du roi pour les langues grecque et latine*. Celui-ci, démentant un peu la fierté de son illustre race, dans une épitre obséquieuse par laquelle il dédie son œuvre au cardinal Mazarin , félicite a le plus grand homme de l'Italie d'avoir bien voulu se faire français pour employer la puissance de son esprit au bien de la France, d II nous apprend ensuite qu'il a longtemps servi; mais que a Texercice des armes n*a pu le divertir de cette noble occupation, » cultivée par lui dès sa première jeunesse, et dont il doit le goût, ajoute-t-il, aux leçons de son oncle Robert Estienne. En réalité, il traite dans son ouvrage , que recommande la curiosité du savoir plutôt que l'élégance de la forme littéraire, des emblèmes, énigmes, armes, blasons, proverbes, chiffres, r^us, enfin des rencontres et mots plaisants. Revenons à notre Henri Estienne : il s'agit mainte-