‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 138 sur 243 · Celle de Francfort à Cologne · texte numérisé non relu

Celle de Francfort à Cologne

G. Il en est question dans une des lettres de Balzac à Chapelain, XXII, 5 : « Souvenez- vous que ce fut en buvant que Tcacer harangua ses compagnons, et notez aussi que c'est au rivage de Baccharach, que les latins d'Allemagne dérivent par étymologie de Bacchi ara (ce nom provient d^une pierre chargée dUnscriptioos, située dans le voisinage), où se cueille le nectar Rhenanwn... »

7. Laudatio Baccharœ.—Le yin joue d'ailleurs un très-grand Kile dans ce recueil , où l'on trouve encore une description de

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Le titre d'un pamphlet poétique de Heuri Ëstiemie, bien postérieur à ces pièces, annonçait une composition plas piquante* : je veux parler de l*œuvre où il prétendait montrer, à ce qu*il parait, combien un sénat pris parmi les femmes prêterait, au sénat des hommes (sans doute dans la ville de Francfort), un concours actif et un soulagement efficace. A la vérité, nous sommes réduits aux conjectures sur ce livre , depuis longtemps introuvable^; et c'est à peine si le sujet en est exactement eonnu. Il faut joindre à ces plaisanteries ou ces satires bon nombre d'épigrammes plus ou moins aiguisées ^ Sans doute elles n'ont pas toutes, chez Henri Ëstienne, l'agrément et la finesse que ce genre réclame aujourd'hui Ml en est même qu'on ne relirait pas sans ennui , eeltes, par exemple, où avec la fécondité stérile du bel esprit en vogue il célèbre une chasse que venait de faire, à la Saint-Martin, rélecteur palatin Frédéric IV ^; mais sur d'autres sujets , elles n'ont pas perdu tout leur intérêt

l'ivresse par Libanius, une autre par saint Basile, et sur ce même sujet plusieurs piècies de TAnthologie, enfin deux discours de IjQcien, suivis de fragments de Lycon , de Sénèque et de Pline i'aoden. Les textes grecs sont accompagnés de traductions latines.

1. CaTToen de 5ena/tito Asminat*um , Strasbourg , in-*4'', 1596.

2. M. Renouard atteste quMl Ta cherché en vain : je n'ai pas été plus heureux que lui , bien que j'aie pu constater qu'il est encore inscrit sur les catalogues de quelques bibliothèques publiques.

3. Le goût de Henri Ëstienne pour les épigrammes s'est aussi montré dans Texcellente collection qu'il nous a donnée de celles de rantiquité grecque.

4. De là le jugement sévère porté sur elles par quelques critiques de DOS jours : voy., particulièrement, Hallam , Histoire de la Uttare de VEurope, t. II , p. 244.

h. De Martinalitiavenatione.,,. xxxi epigrammala, J.592.— Ce sont de très-longttes félicitations, adressées à ce prince chasseur, pour avoir protégé les moissons et les vignes contre les r:» V âges des b^tcs fauvcSr

et leur seU 11 serait fadie d'y relever beaoemipde traits ingénieux , tel que celui-ci :

Hic placuit conctfs qood sfbi non placoit '.

N'est-ce pas à Henri Estienne que Boileau a dû Tun de ses vers les plus vrais et les plus expressifs, dont od dit que Molière était particolimment frappé' ; Il plaît à tout le inonde et ne sannit se plaire.

Quelques-unes des épigrammes de Henri Estienne , où figure, d'après la latitude que possédait ce genre, Téloge de contemporains illustres, sont encore curieuses au point de vue historique. Le même mérite recommande ses pièces, appelées tombeaux : ainsi nommaiton les hommages funèbres que provoquait la mort des hommes distingués. On pourrait citer , parmi ces morceaux de Henri Estienne , ceux dont il honora Aide Taoeien et Adrien Turnèbe , surtout les vers latins et grecs qu'il consacra, en 1582, au premier président CIulstophe de Thou ' ; mais il suffira de remarquer qu'il était toujours, dès que s'ouvraient ces sortes de lices poétiques, alors très- fréquentées, Tun des premiers à y descendre avec honneur.

Sans nous arrêter davantage à ces œuvres secondaires, arrivons au poème le plus important de Henri Estienne: il s'agit de son Conseiller des princes'', où notre auteur,

1 . Excellente définition de ce qui fait le bon auteur.— Joachim du Bellay a pu dire aussi avec vérité, en montrant combien l'éerivain et surtout le poète ont besoin d*un lecteur sympathique :

QiUque placet paucis dUpUcet Ipse slbl.

2. Voy. la II' satire de Boileau et ce que La Harpe, Cours de littérature, article Boileau, raconte à ce sujet.

3. Il faut les rapprocher du récit fkit par Pasquier de la vie et de la mort de ce magistrat : Lettres , VII ,10.

4. Principum monitrx Musa, sive de principatu bene instituendoet administrando Poema,.., in-s% 1590.

( CCT )

abordant une plus haute région d'idées, s'occupe du grand art de gouverner les hommes, et non pas d'une question de langue ou de littérature.

Là se trouvent réunis en effet, sous une forme didactique, tous les conseils que Henri Estienne a cru devoir adresser aux souverains en diverses rencontres , comme l'y conviait le goût de son temps. Parler affaires d'État , traiter des intérêts politiques des peuples et de Texercice du pouvoir, était, on ne l'ignore pas, chose familière aux gens de lettres du xvi« siècle : noble droit quils croyaient tenir de leurs lumières et de leur conscience; ou plutôt, candide et touchante illusion qui les portait à se rendre intermédiaires entre le prince et les sujets, pour protéger celui-là contre l'enivrement, ceux-ci contre les erreurs de Tautorilé suprême !

L'origine de cette grave production fut , au reste , la même que celle des pièces frivoles dont il a été question plus haut. C'était par la marche que Montaigne s'excitait à écrire : c( Car ses idées dormaient s'il les asseyait , et son esprit n'allait pas si ses jambes ne l'agitaient*, d Quant à Henri Estienne, ami des exercices violents qui flattaient son inquiétude naturelle et passionné surtout pour i'équitation, il devenait poète lorsqu'il se promenait ou voyageait à chevaP. Cet usage lui était commun avec son père; et trop souvent, il faut Tavouer, les vers de l'un et de l'autre, par une certaine absence de souplesse, de moelleux et de âni*, nous en font souvenir. Mais les hommes du xvi» siècle , jaloux de leur temps, n'en voulaient laisser rien perdre : le mouvement

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