‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 158 sur 243 · Voy. la préface de l^Apologie pour Hérodote · texte numérisé non relu

Voy. la préface de l^Apologie pour Hérodote

( CCXXIV )

défauts d^un autre âge commencent à percer en loi : Timpatience de l'état présent , une ardeur de réputation inquiète et qui s'alarme de toute rivalité, la prédominance démesurée du mol , en un mot cette personnab'té dévorante qui bientôt corrompra parmi nous les plus nobles caractères et minera, dans leurs principes, lesîostitutions par lesquelles vivent les peuples. En admirant dans Henri Estienne des ressources prodigieuses d*esprit, jointes à un savoir d'une vaiiété et d'une étendue incroyables, on ne peut s'empêcher de gémir sur l'emploi incomplet ou fâcheux des hautes facultés dont il était doué; on ne peut se défendre d'une émotion pénible, en voyant cette activité singulière se tourner contre loi pour son tourment , et une si belle intelligenee, offisquée par de sombres nuages , devenir la proie de ces maux imaginaires que n'avait pas connus la sagesse de nos ancêtres. Leur vie réglée, leur ferme raison, ignoraient ces tristes affaissements de Fàme sur elle-même, plaie de notre civilisation raffinée.

Le ressort d'une forte et- sincère croyance manqaa, par-dessus tout, à Henri Estienne : il est, en effet, l'un des premiers qu'envahit, après la crédulité facile du moyen âge, ce scepticisme dissolvant des temps modernes, qni devait, en sapant suceessivement toutes les bases de la société, accumuler les ruines autour de nous. Ce fut un résultat funeste de la réforme, qui, si elle ranima chez quelques-uns les sentiments de la piété, la décrédita et l'anéantit chez beaucoup d'autres. Que d'àmes vides et désertes livrées dès lors à la merci des événements! G^est ce qui arriva en particulier pour Henri Estienne. Non que de graves accents et des mouvements chrétiens ne se rencontrent dans ses écrits* : il témoigne en gé-

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