‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 25 sur 243 · XXVI · texte numérisé non relu

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fougueuses de ce temps aient privé là France d'un de ses enfants les plus utiles et les plus illustres^. A peine en sûreté > Robert embrassa ouvertement, avec Henri £stienne, des opinions vers lesquelles sa foi douteuse inclinait depuis vingt-cinq ans; il brava de plus, dans un écrit où il expliquait les motifs de sa fuite ^, les ennemis aux atteintes desquels il s'était soustrait.

C'était tout à la fois une réplique aux attaques dont il avait été Fobjet et une apologie des publications qui les avaient excitées. On l'avait accusé jusqu'en chaire , disait-il , « d'être un fin homme et cauteleux qui semait des hérésies sous l'ombre de l'utilité publique : d il s'attachait donc à se justifier, mais en termes malheureusement trop vifs pour prouver, par rapport aux points incriminés, sa complète innocence. Parcourant les inculpations dirigées contre lui sur des passages reproduits ou expliqués avec infidélité, il renvoyait à ses adversaires le reproche de déloyauté ou d'ignorance. Avec une verve amère et mordante , il se peignait abandonné pendant plus de vingt ans (( comme une pauvre brebis au milieu des loups, » en butte à tous les genres de persécution, quelle que fût sa patience à désarmer par ses soumissions leur méchanceté; il les représentait i»'enhardissant de son humble modération et de plus en plus implacables, a béant de grand appétit après son

1 . De Thou , iiv. XXIII de son Histoire^ t. !•' , p. 791 de Tédit. de Londres, in-fol. : « Indigna gratia repensa est a tbeologorum nostrorum coUeg\o, qui non desierunt lacessere, donec ille, vexationum injustarum pertaesus, ex necessitate consiliain cepit, et, relicta patria , Genevam ad extremum se contulit. »

2. « Âd censuras theologorum parisiensium Roberti Stephani Responsio, » in-8% juin 1552. Cette Réponse, traduite par l'auteur, parut en français, au mois de juillet de la raème année, éîçalement in-8".

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sang. » Leur aeharnement à le poursuivre était son excuse y si malgré les bontés royales , dont le souvenir vivait toujours dans son cœur, il s*était vu contraint de renoncer à son pays. Ses ennemis ne lui avaient pas permis d'y vieillir avec sécurité et avec honneur : pour fuir les grandes flammes allumées, U avait dû mettre entre eux et lui les frontières de France. Maintenant , de l'asile où il s'était réfugié, il se faisait à son tour leur dénonciateur; il prétendait démasquer leur hypocrisie et les vices dont ils étaient infectés. On juge assez , par là, du ton violent de cette réponse, dont il faut se garder sans doute d'accepter avec crédulité toutes les exagérations haineuses.

C'est en effet un pamphlet, non une pièce historique : mais ce libelle, outre qu'il s'y rencontre, pour qui le consulte avec réserve, bien des indications précieuses sar les partis religieux et les luttes de Tépoque , sur l'état des esprits et des moeurs , a pour nous un vif intérêt, spécialement dans sa rédaction française; il nous montre Robert sous un aspect nouveau , celui d'écrivain original, maniant avec talent notre idiome encore rude et indocile. Sans adhérer entièrement à l'avis d'un éminent critique (M. Magnin) qui, à raison de cette production , place l'auteur au nombre « des fondateurs de notre langue et de ses interprètes les plus énergiques, » qui même déclare cette œuvre de polémique, ou plutôt, pour conserver son expression , ce chef-d'œuvre , <s digne par le nerf de l'ai^mentation , la grâce et la malice des récits et des portraits, d'être regardé comme un avant-coureur des petites lettres, fulminées un siècle plus tard contre eette même société de Sorbonne S z> on

t. Cette eompositioB Tlolente et mystique^ pleine de souvenirs de l'Écriture, où ne manque pas toutefois la verve comique, et

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