XXXVII
Un triste effet de cette intolérance , expliquée sinon justifiée par les passions du temps , se montre encore dans l'antipathie de Robert pour le jovial Rabelais , qu'il aurait traité volontiers à la façon de Servet; surtout dans son testament, où sa colère éclate , avec une fougue que TAge n'avait pu calmer, contre deux de ses enfants restés fidèles au catholicisme. On a retrouvé il y a peu d'années, dans les archives de Genève , l'original de cette pièce importante^. Aux fâcheux mouvements de haine que nous venons de signaler, se mêle l'expression desajuste tendresse pour son fils atné et préféré, Henri , en qui 11 s'applaudit d'avoir rencontré un soutien dévoué de sa vieillesse et un coopérateur intelligent de ses travaux. Aussi pour récompense de l'aide et soulagement qu'il a obtenu de lui, lui lègue-t-il en entier son établissement typographique, dans la pensée a qu'il entretiendra l'honneur de cette imprimerie , lequel a été , grâces à Dieu , dès longtemps continué en sa maison au profit du public et bon nom de sa famille, o II Tinstitue enfin son héritier universel, à la condition qu'il demeurera attaché à l'Église de Genève et qu'il acquittera un certain nombre de legs, laissés par lui à sa femme et à ses autres enfants ^.
récit que fait ie soi-disant Passavant de tout ce quMl a vu et entendu à Genève , où il prétend avoir été envoyé par le président Lizetpour épier les hérétiques. C'est, a dit Naudet, la meilleure des ceavres qui ont été faites dans le genre macaronique : cf. le Vi« liv. de VHistoire du présid. de Thou , et Scaligerana II, p. 32 et 254 rem. (Groningae, 1669). On trouvera celte épître dans les Mémoires de littérature par Sallengre.
1. Elle a été transcrite par M. Renouard, p. 578 et suiv. de son livre cité, dernière édition.
2. On lit en outre dans le recueil intitulé Scaligerana II, p. 77 (mais on sait que les assertions de Joseph Scaliger ne doivent être accueillies qu'avec réserve) , que Robert Estienne mit