‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 60 sur 243 · Bibliothèque fi-ançoise, 1. 1", p · texte numérisé non relu

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2. On doit remarquer d^ailleurs que, même avant le traité de H. Estienne et conformément à l'avis de Joachim du Bellay, qui avait déclaré, lui aussi, les façons de parler des Grecs fort approchantes de notre vulgaire , la langue iïançaise s'était enrichie déjà , sous la plume de Rabelais et d'Amyot , de beaucoup de tours et de mots empruntés à la langue grecque.

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été, au reste , particulière à la France. Presque tous les peuples de l'Europe civilisée s'accordaient alors à rapporter leur naissance aux Troyens ou aux Grecs : curieux témoignage de rimmense impression produite sur les imaginations par les poèmes d'Homère et de Virgile. Non contents de revendiquer ces titres de noblesse pour leur origine politique, ils les réclamaient également pour leur filiation intellectuelle et pour leurs langues. . Peu après H. Estienne, un Italien , Monôsinf, soutenait la même thèse que lui en faveur de sa langue nationale. Un autre savant, qui vivait en Hollande, Beiz, nous a laissé aussi un gros traité où il s'attache à étàlHîr la conformité du néerlandais avec le grec. Déjà auparavant, Vechuer , avec plus de raison, avait composé un recueil des analogies du grec et du latin. Le célèbre philologue allemand Georgi traita dans la suite de celles du grec et de l'hébreu. Mais que ne pourrait-on prouver dans des rapprochements de cette nature? Le traducteur d'un roman chinois , Davies , suivant la remarque de M. Ampère * , n'a-t-il pas constaté la singulière afiSnité de certaines locutions chinoises avec plusieurs idiotismes des Anglais , que ceux-ci n'ont certes pas empruntés à la Chine»?

Il faut donc se défier de ces ressemblances fortuites ou nécessaires, témérairement érigées en systèmes'.

i . Histoire littéraire de la France..., passage cité.

2. D'autres savants, entre lesquels Boxhorn et Elichmann, ont traité des rapports de la langue allemande avec la persane; Méric Casaubon , du saxon avec Thébreu ; Rudbeck , de ceux de Thébreu avec le lapon; Frenzel, de Tesclavon avec le grec et Thébreu, etc.

3. C'est ce qui a fait dire au savant du Cange, dans la préface de son Glossaire latin , t. V*, p. 12 de Tédit. Didot : « lis non immoror qui plerasque ex vulgaribus linguis grœcœ ortus suos (leberc contendunt, quod de francica bodierna Perionius et Hen-

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