‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 68 sur 112 · MORTS. TO · texte numérisé non relu

MORTS. TO

Existants à la fin de 1851. | Sortis en 1852. . 4,970 Entrés en 1822. . . . . 4,946 — 1853... 4,483 3 — 1999 25 RE ES —, — 1854. SENTE — LS TE er © ANS — ::, ASS CMEENNS ee 1800 N. 10 OR —, ! F85G MANIERE = LE SE 4,255 Exist. à la fin de 1856.

Total. . . 20,316 Total. . 19,904 12

Les congédiés du service pour cause d’inutilité figurent dans ce tableau“ Malgré toutes mes démarches, il m'a été impossible d'obtenir le chi exact de l’armée pendant ce laps de temps, ce qui, du reste, ne doit étonner, si l’on tient compte des variations nombreuses que l’armée subit j0 nellement par les décès naturels, les nouveaux conscrits qui sans cesse " a mentent et les renvois définitifs de ceux qui ont fini leur service, et enfin congés temporaires. Je possède seulement le total porté au budget pend chacune de ces cinq années; mais, en tenant compte des observalions et M seignements des personnes compétentes que j'ai consultées à cet égard, jecr que je suis arrivé, à peu de chose près, à la connaissance exacte de la f0 réelle ou la plus probable de l’armée sur laquelle je vais fonder mes cale Or, comme j'ai plutôt augmenté que diminué le chiffre de cette force. moyenne p. €. à laquelle j'arrive ne doit pas être taxée d’exagération. Voici

force inscrite au budjet et la force probable calculée : 4 FORGE A AU BUDGET. FORCE PROBABLE CALCULÉE.

En 4852. . ,7. ... 0. ". , 199,392) CR RS 8 En 15H TÉMOINS ER En 18932 500 En 1854... 4... 100 209 OO EIMPO RSR En 1855... . .. . .: . . 80,500 MN ENS NNNENREES En 4856221 RE TER Eu 1890.44 SRE

Ce qui donne une moyenne de malades ophthalmiques par an, ainsi ] suit : en 1852 de 5,7 p. c., en 1855 de 5,3. en 1854 de 4,8, en 1855 de 4,1 en 1856 de 6,0. J'ai aussi cherché le nombre d'individus qui ont été reuwe du service militaire pendant cette période de cinq ans pour cause de malk oculaires, et après avoir consulté pour cela plusieurs documents, voici le chi que j'ai trouvé. Il s'élève à 2,069, ce qui donne une moyenne de 10,3 p. €

D | Le LA a |

#20,516 ophihaliniques soignés pendant les cinq'ans. Ce nombre, assez conjidérable, dit mieux que tous les raisonnements ce qu'on doit penser de la ravitédeces maux. Dans letableau n° 1 (p. 595) ci-joint, on trouvera le nombre tla“désignation des maladies telles qu’elles se trouvaient indiquées dans les ocuments où je les ai recueillis. Les districts militaires de Cuba et Puerto-Rico ésont pas compris dans ce tableau, ce qui explique la différence en moins de Orindividus qui ont été congédiés dans ces deux îles. Le tableau n° 2 fait wire nombre complet des renvoyés pour toutes sortes de maladies dans les livers districts militaires; et le tableau n° 3 le chiffre de ceux dont l'affection, ‘ause de l'incapacité de service, siégeait dans l'œil. De la comparaison des 1aeaux n° 2 et 5, on déduit que les maladies ordinaires chez le soldat ont moivéle congé de 5,580 individus, et les affections oculaires celui de 4,862; ce juidoune la proportion de 4 pour 2,99. L'incapacité pour cause d'ophthalnie ïe-rencoutre pour-l'armée de la Nouvelle-Castille dans la proportion de 1 Jour 4,2, tandis qu’en Catalogne elle se trouve être de 4 pour 1,7 : en Grenade Het pour 2,2, et à Valence de 1 pour 2,7, etc. Dans le tableau n° 4, je résume es cas de cécité complète, de perte de l’œil droit, de perte de l’œil gauche, et lévue fortement endommagée qui ont causé ces réformes. On sera peut-être frappé de l'énorme différence qui existe entre la perte de l'œil droit et celle de Nœilgauche; mais je dois dire, pour la meilleure intelligence des tableaux n° 1 e14, que cette différence est fictive, parce que les médecins militaires, en défirantles feuilles de congé définitif attachent plus d'importance à l’état de fl'œildroit qu'à celui du gauche, et conséquemment négligent souvent dans leurscertificats d'indiquer les altérations de cé dernier. A vrai dire, dans ces cemtificats, les médecins militaires s’attachent généralement à faire ressortir les résultats définitifs de la maladie, bien plus qu’à préciser Paffection primitive quiandûü déterminer ces mêmes résultats; or, ils ont dû être produits le plus souvent par l’ophthalmie purulente et militaire, dont ils viennent nous démontrer la fréquence et la gravité, dans notre armée comme dans beaucoup d’autres.

Ainsi donc, l'ophthalmie militaire doit être très commune chez nos soldats, mais le défaut de documents statistiques ne me permet pas d’en fixer la fréquence: Néanmoins, à la fin du mémoire de M. Ferdinand Weiler sur cette ophthalmie, se trouve un tableau démonstratif du nombre de malades, appartenant seulement à deux régiments, qui ont été traités de cette maladie à l'hôpitalmiliaire de Grenade, depuis le 19 février jusqu’au 51 août 1850, et ce nombre s'élève à 404. À l'hôpital militaire de Madrid, il s’est présenté, dans lespace de trois mois de cette année, 219 malades, dont plus de 100 avec inflammation de la muqueuse oculo-palpébrale, et 65 d’ophthalmie militaire : Dans ce même hôpital, dans les six derniers mois de 1856, ont élé traites 4Wophthalmiques, parmi lesquels 348 sont sortis de l’infirmerie tout à fait guéris ou dans le meilleur état possible de guérison, 25 renvoyés comme réforiés;.et 59 restaut en traitement au bout de l’année. Tous les faits que je viens d'exposer mettent hors de doute la fréquence et la gravité des maladies des Yeux dans notre armée ; ils ne sont pas aussi concluants qu’il serait à désirer,

maisAils suffisent, il me semble, pour remplir le but que je me suis proposé. Outreles causes générales qui agissent chez le soldat pour développer et en- | tretenir des ophthalmies, et dont la connaissance vous est familière, je dois Signaler chez nous comme raisons puissantes de leur plus grande fréquence, les mauvaises conditions hygiéniques des casernes, et la permanence regret-

table de beaucoup de malades aux casernes mêmes, en rapport constant avec leurs camarades.

Les affections oculaires sont aussi très communes dans les autres classes mais la fixation de leur fréquence relative est presque impossible ; M ue semble cependant que les contrées du midi et du sud-est en sont plus afiee tées que celles du nord et de l’ouest. À Madrid, les maladies ophthalmique® sont loin d’être rares. A l'hôpital général, depuis le premier juillet jusqu'au 31 décembre 1856, soit dans l’espace de dix-huit mois, 0m reçu 17,198 malades, dont 1,100 de maladies oculaires, ce qui donneume proportion de 4 p. c.; ce chiffre n’est pas exagéré, mais il faut tenir compie de ce que beaucoup des malades de ce genre sont soignés dans les consultat particulières. A l’hospice où l’on recueille les orphelins,;les maladies des sont assez communes parmi les enfants qu’on entasse à l’école.

Parmi les causes qui donnent lieu dans cet asile aux ophthalmies, la scrof l'encombrement, le lavage en commun et la misère jouent, à mon avis, lep cipal rôle; il paraît cependant qu’un nombre assez considérable d’ ophthal ï se développent en vertu de la mauvaise habituäe des enfants, qui, pouréch per à la fréquentation de l’école et rester à l’infirmerie, s 'introduisent dans | yeux des substances irritantes. Ë

La cécité chez nous doit frapper bien des gens, puisque malgré les hospi et les maisons de bienfaisance qui accueillent les malheureux aveugles, one trouve partouteten grand nombre dans les grandesetles petites villes. No possédons pas de recensement officiel, et nous ignorons par conséquen! 1 vn chiffre véritable des aveugles; mais, malgré cela, je puis assurer que la cécil variolique est de plus en plus rare, tandis que l’ophthalmique et l’amauroti que sont très communes. Cela dépend, suivant moi, de certaines condition de localité, car, à Madrid par exemple, j’ai eu souvent l’occasion d’observenl gravité déplorable de certaines maladies qui, soit à cause du climat, soitpal des raisons inconnues, font des ravages à peine croyables en très peu de tem Ÿ J'ai vu nombre de fois des scléro-choroïdites, des ophthalmies catarthk et purulentes aiguës, des kératites graves arriver, dans l’espace de quele jours, à la désorganisation des membranes de l’œil avec une rapidité que remarquée nulle autre part. L’ophthalmie granuleuse est d’une chronicité« espérante, et elle prend la forme purulente et inflammatoire avec une gra facilité: dans ces cas, il faut presque loujours revenir aux émissions sangui locales pour pouvoir Ja vaincre avec promptitude et sûreté. Cette ophthalmi rencontre assez en Castille ; mais elle me semble bien plus fréquente, d'af mes renseignements, dans la Catalogne, en Valence, en Andalousie et dans iles Baléares. Les maladies qui, plus que toutes les autres, causent le désespoi des jeunes praticiens sontsans contredit la goutte sereine et la scléro-choroïdite chronique; cette dernière en particulier se rencontre souvent chez la : D On observe aussi fr équemment les amblyopies à forme congestive. La J racie ne manque pas, mais je suis loin de penser qu’elle présente unep portion très considérable; c’est du reste une appréciation qui n'estp# rigoureusement fondée sur les faits, eL qui se trouve contestée par d'a observations, Les conjonctivites catarrhales et puro-muqueuses sont exc vement communes, ce qui tient, selon toute probabilité, aux changer brusques de la température. Les ophthalmies purulentes sévissent co partout avec une affreuse gravité ; ainsi trouve-t-on beaucoup d’aveugles atrophie des yeux ou destruction générale des cornées. La diathèse se leuse joue un rôle qui n’est pas en rapport avec le elimat; ainsi rencontres à chaque instant les affections de la cornée chez les enfants. Les blépha simples chroniques et les glandulo-ciliaires doivent se ranger parmi les mala dies les plus fréquentes, ce qui est dû sans doute à l’action accumulée«di

| plusieurs causes irrilantes. La tumeur et la fistule lacrymales (appelé bija enrespagnol) sont très communes et s'observent bien plus souvent chez la {femme que chez l'homme. Dans certains endroits, on observe des ophthalmies dues, à ce qu'il paraît, à des causes locales : ainsi à Clevillente et dans quelques autres villages de la province d’Alicante, l’industrie des esteras (tissu fait avec le stirpa tenacissima de Linné) détermine, à ce qu’on m'a dit, une maladie très fréquente dans cette contrée. Je ferai la même remarque pour l’ophthalmie d'Albatera, dans la même province, dont la cause est, pour M. Serapio Escolar, qui l’a décrite dans les Annales d’oculistique, la poussière extrêmement abondante du figuier.

Je vous l'ai déjà dit, Messieurs, en Espagne, les établissements destinés au trantement des maladies oculaires ne sont pas nombreux; l'administration, faute de ressources, et pour beaucoup d’autres raisons, a toujours négligé tele partie de l'assistance publique. Cependant ce reproche, et j'ai une vive satisfaction à le proclamer, ne peut s'adresser aux hôpitaux militaires : dans Péeux-ci, grâce aux soins éclairés de la Direction de santé de l’armée, on trouve presque partout une salle au moins destinée exclusivement aux affections des yeux, el c'esl là une pratique digne de louange, qu'on est en droit de regretter de ne pas voir imiter par les administrations des hôpitaux civils, non-seulement de Madrid, mais encore de toutes les grandes villes du pays. Or, il est résullé de cet état de choses, queles quelques praticiens qui s'occupent plus spécialement chez nous du traitement des maladies des veux, mus par leur zèle et leur philanthropie, ont dû chercher à suppléer à ce manque de secours pour les pauvres attaqués de cette classe d’affections, en créant spontanément ebpar leurs seuls efforts des consultations ou dispensaires gratuits.

Lepremier établissement de ce genre en Espagne fut fondé, à ma connaissance, à Cadix, ville où l’ophthalmologie ne fut jamais dédaignée, et eut pour instituteurs MM. Antoine Espagna et Serafin Sola, qui établirent en effet, | dès 1856, dans ceute ville, un dispensaire exclusivement destiné au traitement des.maladies oculaires et aux opérations qu’elles peuvent réclamer. Cet établisSement existe encore sous la direction de M. Joseph Zurita. A Séville, MRaphaël Laso possède un cabinet où les malades attaqués d’affecrions des yeux se rendent en foule.

Lawille de Valence possède deux oculistes de mérite, M. François Armet et M°Salvador Navarra; le premier, agrégé à la Faculté de médecine de cette ville, eSbun.praticien très au courant des progrès et de l’état de la science; le second possède un cabinet chez lui où il admet un grand nombre de malades paufan A Barcelone, M. Joaquin Soler, jeune encore, mais plein de zèle et de

amour de la science, à également ouvert un cabinet chez lui où il reçoit une foule de pauvres malades. Enfin, à Madrid, outre les quelques établissements publics dont j'ai déjà eu l'honneur de vous entretenir, nous possédons également quelques cabinets particuliers où les malades pauvres sont accueillis avec.une charité et un zèle dignes réeilement des plus grands éloges, et parmi ceux-ci, je dois surtout signaler celui de M. Nadal May comme le plus fréquenté, puisque ce praticien dévoué pe reçoit pas moins de 1,200 malades par an à sa consullation gratuite.

Mais, Messieurs, comme vous le comprendrez, tous ces établissements, malgré le zèle et les lumières de ceux qui s’y sont dévoués, ne peuvent suppléer les dispensaires et services réguliers quidevraient serencontrer dans nos hôpitaux. En effet, ne possédant ni salles, ni lits à procurer à leurs pauvres malades, il devient presque impossible de pratiquer dans ces établissements Particuliers les grandes opérations. Pour ceux qui portent des affections

graves, les visites ne peuvent pas être assez fréquentes; enfin, il faut ajou cet inconvénient, encore bien plus sérieux, que la plupart des pau trouvant dans l impossibilité d'acheter les médicaments que prescrit médecin, les consultations et les conseils de celui-ci restent fatalement s résultats. Û Depuis longtemps, Messieurs, ces inconvénients et les moyens d'y reméd faisaient l'objet de mes pensées, lorsque, depuis peu, grâce à la charité i puisable et au zèle éclairé de l'Association des dames nobles de Madrid, été assez heureux et assez favorisé pour me voir appeler à être un des prem qui travailleront à introduire chez nous une amélioration si désirable. Avet concours charitable de ces dames, j'ai pu ouvrir à Madrid, il n’y a encore quatre mois, un véritable dispensaire pour les maladies des yeux; cet étal sement a été annexé à la maison de Miséricorde de Sainte-Isabelle, où dames recueillent plus de 500 enfants pauvres sous la direction des admir: al sœurs de Saint-Vincent de Paul, et où elles ont établi en outre une crée modèle, des écoles et des ateliers de couture. Bien que ce dispensaire compte encore que quatre mois d'existence, comme je viens d’avoir l’honnë de vous le dire, j'ai été à même d’y soigner déjà plus de 250 s comme la maison possède une magnifique pharmacie où se distribuent gre tement les médicaments prescrits à la consultation, et qu "enfin une a à disposée avec un nombre suffisant de lits pour recevoir les opérés, je c fermement que cet établissement est appelé à rendre les plus grands servi au pays et à remplir une véritable lacune déplorable dans l’assistance publ iq à Madrid. Aussi, ne puis-je m "empêcher de le répéter : c'est pour moi un vé table bonheur de m'être vu appelé à coopérer à l’admirable pensée de l'A S£ ciation de ces dames. - ] Avant de terminer, Messieurs, qu’il me soit permis de vous remercier l’indulgence avec laquelle vous avez bien voulu écouter cette communicali( € et de vous répéter encore, que si je me suis trompé dans mes appr éciations homimnes et des choses, j'ai au moins la conscience de ne m'être laissé guid que par le désir d’être juste et véridique.

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