‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 92 sur 112 · DU TRAITEMENT OPÉRATOIRE DE QUELQUES MALADIES DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT OPÉRATOIRE DE QUELQUES MALADIES DE LA CORNÉE

l'une méthode opératoire contre les inflammations chroniques de la surface de la ornée. Cette méthode consiste dans la circoncision du globe de l'œil, dans la livision circulaire et totale des tissus conjonctival et sous-conjonctival autour He la cornée.

{MJe ne suis pas l'inventeur de cette méthode, maïs j'en suis le partisan déoué et j'en observe avec soin les résultats; je l’ai exécutée plus de trois cents lois, j'en ai étendu les indications et j'ai donné les règles sûres pour son exécuion. On trouvera ces détails dans la Deutsche klinik de Berlin; 1854, n° 48 : 855, n° 15: 1856, n° 39 et 35.

Moïci en quoi consiste l'opération. La nature a établi aux bords de la cornée neédigue qui ne permet que difficilement au sang rouge de les franchir; dans tous les cas où cette barrière naturelle ne suffit pas à garantir la surface de la ornée contre l'influence du sang qui vient du dehors, —et spécialement, sinon exclusivement, du tissu conjonctival et sous-conjonctival de la sclérotique, — dans tous ces cas, je renforce cette digue par le moyen d’une opération. Celle- Jciconsiste à couper totalement et jusqu’à la sclérotique les tissus conjonctival {etsous-conjonctival tout autour de la cornée, avec tous les vaisseaux qui {Sytrouvent. Cette section doit se pratiquer pendant que le malade est sous {l'influence du chloroforme (car si l’opération est courte elle est douloureuse); fellesse fait à l’aide de deux petits crochets pointus et des ciseaux de Daviel, Wontles branches sont modérément pointues, d'un élévateur de la paupière {et d'un ou deux aides. Le malade, assis ou couché comme pour l'opération de {la-cataracte, les paupières ouvertes, on saisit la conjonctive que l’on tend avec lemcrochet, on y fait une incision, par laquelle on enfonce la branche des ciseaux jusqu’à la sclérotique ; on fait ainsi la section tout autour de la cornée en prenant et reprenant la conjonctive avec l’autre crochet. Quand l'opération estfinie, on examine la plaie circulaire, on coupe les vaisseaux et les tissus quipeuvent avoir échappé aux ciseaux; pour cela, on soulève avec les deux \crochets la conjonctive découpée pour former un entonnoir dans lequel est enfoncé le globe dénudé. L'opération étant finie, on n’a besoin que de couvrir lesyeux de fomentations froides pendant une huitaine de jours. | MOest de cette façon que j'arrive à avoir une cicatrice qui me sert de digue. 1Clestune digue non seulement contre les couches rouges du pannus, contre lakératite vasculaire superficielle, mais contre toute espèce d’inflammation chronique de la surface de la cornée, et ses différents produits : les érosions, lesphlyctènes, les taches et exsudations de la surface, les condensations et transformations de la surface de la cornée, etc. — Sous l'influence de l’opération} la maladie de la cornée, l’inflammation avec tous ses produits, commence ordinairement à se limiter et ses symptômes à se perdre, quelquefois avec une étonnante rapidité. J'ai vu des malades qui avaient souffert de kératite pendant dix-huit et même vingt-huit ans, dont la vue avait été réduite à ne plus rien Noir Sur mon Épreuve de la vue, et qui, après un temps variable de six à WngLet un jours, savaient lire la plus petite écriture. Et ce n'est pas dans des casisolés, mais sur une foule de malades que j'ai répété cette expérience.

On m'objectera sans doute qu’il n’est pas logique de traiter localement une maladie qui parfois provient d’une altération du sang. Je répondrai à cette objection fort juste, que jamais dans ces conditions je ne néglige le traitement général. |

Peut-être m'opposera-t-on encore que l’on peut guérir sans opération la plupart de ces maladies qu'on me voit opérer, et qu'il ne faut opérer que ‘quand il n’y a pas d’autre moyen de guérison. Mais si l’on considère le nombre considérable de maladies de la surface de la cornée qui persistent souvent de

longues années sans trouver leur remède eflicace, soit que le médecin vainement épuisé toutes les ressources de son art, ou que la patience du m lade 8e soit lassée des innombrables tentatives auxquelles il aura été sou: on reconnaîtra sans doute l’utilité d’une méthode qui, au prix d'un peu e douleur, amènera, presqu’à coup sûr, la guérison. Or, la circoncision de k | cornée est dans ce cas. 4

Je puis ajouter que cette méthode opératoire n’offre aucun Lara On l'ex xé . | cutera chez tous les sujets, dans toutes les circonstances, dans tous les degrés | de la maladie, dans l’état de la photophobie la plus grave comme dans état de la sensibilité la plus forte, et toujours avec le même succès, et toujow sans danger. Le soulagement qu’on provoquera sera au contraire d'autant plus marqué, que les symptômes de la maladie étaient plus prononcés, M effet, ce ne sont pas seulement les produits de l’inflammation, mais enc ses symptômes qui disparaissent ou diminuent essentiellement, immédiat ment après l’opération. |

Notre époque est fertile en essais de toute nature tendant à soulager le malheureux atteints d’opacités de la cornée. L'usage de lunettes ou. cornée artificielle a été recommandé ( on sait avec-quels résultats!) Mais n aura-t-il pas un mérite bien plus grand à rétablir la transparence de la cornié par une opération simple et à la portée de tous? Cette opération existe, 4 e on la circoncision de la cornée, et j'ai la confiance que, si l’on veut bien la meutn en pratique, on ne tardera pas à en constater l'efficacité, et à rendre pleiti entière justice aux efforts que je tente pour la vulgariser.

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