‹ CONGRES DE VIENNE ET LES TRAITES DE 1815Chapitre 78 sur 89 · Ii0l»4tt piiiiM 4» lIMmwk à iMdCiillenag · texte numérisé non relu

Ii0l»4tt piiiiM 4» lIMmwk à iMdCiillenag

vienne, le 2'2 octoi)re IR14.

MyloroL, j'ai l'honneur d'envoyer à Voire Excellence la copie d'une lettre que, d'ordre de l'Emiioreur, j'ai adressée aujouni liui h M. le prince de Hardenberg, en réponse à celle qu'il ni'a éniiu le y de ce mois, et qui vouâ a élé également communiquée» M^iord, par le chancelier d'État de Prusse.

En liâant la pièce que je vous transmets, vous y verrez une nouvelle preuve du déur constant de Sa Majesté Impériale de se prêter, autant que h peimetteDt les intérêts les plus eesentiets de sa monarchie, aux voeiuL de ses Alli^ de s'entendre avec ens dans le pins parfait accord snr des objets d'nne importance commune, de porter même au maintien de ses relations d'amitié sfec eux. Ions les sacrifices compatibles avec ses devoirs envers ses peuples et envers l'Europe.

U serait superfln de détailler à Votre Excellence combien de motifs se réunissaient pour faire désirer à l'empereur la conservation d'une partie au moins du royaume de Saxe sous la dynastie actuelle. En faisriiit abstraction de tout ce que l'expulsion de cette antique mnison, si étroiieniciit allit'^c par le san^ h. la maison d'Autriche, a de pénible pour le co ur lie Sa MiijL'sbj Imp^^riale, elle ne trouve, dans la destruction d'un l'^iat iiiiL-riiit'd.aii e si suuvl-iu utile h la balance des forces allemandes el européenues, dans la sécurité que donnait à ses iVoiiticrcs septentrionales le voisinage d'un Élit de troisième ordre, dans l'avantage et U facilité des rapports commerciaux de ses États avec la Saxe, que trop de sujets de regrets fondés.

L'Empereur consent cependant à l'incorporation de la totalité delà Saxe k U monarchie prussienne, si sa conservation au moins partielle était jugée incompatible, par S. M. Prussienne et leurs Alliés communs, avec les justes prétentions de la Prusse et un arrangement équitable en

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APPENDICE

général. Mais l'empereur y consent à des conditions que lui diclent Tesprit des Traités qui le tient à ses Alliés» Tintérêt de sa monarchie, sa sollicitude enfin pour l'établissement d'un juste équilibre des forces et pour le maintien d'une paix, et d'une union durables. En faisant le sacrifice de tant de c^n si figurations, qui doivent le porter à soutenir 1 existence indépendante de la Saxe, il demande (ainsi que Votre Excellence l'exprime dans sa lettre à M. le prince de Hardenberp) que ce sacrifice serve à la reconsiructiun de la l'i usse el à la cousulidaiion de sa force, mais qu'il ne soit pas une compensation pour son acquiescement à des vuei d'agrandûaement, à des opéralions politiques aoisi dangereuses pour les deux Êlats que eontreires à It lettfe des Traiiés. n demande que la Prusse joigne tous ses effbris à ceux de l'Auiriebe, de l'Angleterre et des autres Puissances, pour foire décider le sort du duehé de Varsovie dans un sens conforme atix Traités, et pour préve» nir des changements politiques dans ce pays qui ne menaceraient pas moins sa sûreté et son état de possession que ceux de l'Autriche. Il demande enfin que la répartition des forées en Allemagne se fasse d'après dêi principes équitables qui, en assurant aux Cours de Vienne et de Berlin une influence égale sur ce pays, les rendent également utiles à sa d«5fense, el prt^viennenl des froissements entre deux Puissances qui doivent reater unies pour la protection de 1 Allemagne et pour l'intérêt de l'Europe. Ce n'est qu'à ces conditions, détaillées dans ma lettre à M. le prince de Hardenberg, que l'empereur peut consentir à l'incorporation de la Saxe à la monarchie prussienne. La perspective seule d'un bien durable pour sa monarchie, et du maintien de l'équilibre et du repos en Europe, peut lui recommander le sacrifice de tant de sentiments légitimes, de tant de considérations importantes pour ses Êtatt.

Ces principes sont ceux du gouTemement britannique, et Sa Majesté Impériale n*a pas moins éproufé de saiisfoction en les voyant énoncés dans la lettre de Votre Excellenee à H. le prinee de Hardenberg, qu'elle n*y a puisé d'espérance de recueillir, pour sa monarchie et pour l*Earope, le fruit de son acquiescement aux vœux de ses Alliés. Je suis chargé, par «on ordre exprès, de vous inviter, Mylord, à vous joindre à moi et à faire usage de toute votre influence pour eng;iger les Cours de Russie et de Prusse à consentir à des arrangements aussi équitables que nécessaires pour le repos de l'Europe, et que l'empereur regarde comme condiii us expresses de son consentement, sans lesquelles il ne peut se croire aucunement lié.

Je prie Votre Excellence de recevoir, etc.

Signé : le prince de tfettmiMA.

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Note du priuce de Metlernich au prince de Ilardenherg, 22 octobre 1814. ^.

Yoir page 316. /-

N* 5. Note wtela duprinee dvHardralMtgM prince da Xetteniieh*. ^

Tienne, le 3 décembre 1814.

Le prince de Hardenberg â'eâl acquitlë de la commissiun liunoraible dont il était chargé. Il n*eiitre pas ici dans le détail des représenlationa qn*il a faitea k S. M. l'emparettr Almndn, car il suffit do dite qu'il n'a omis auenn des argamenu qui Tiennent à l'appui de la cause de rAutriche et de la Prusse, relattfeoient aui affaîies de la Ftologoe. Il finit par demander, pour la première, Craoone aTec la frontière de la Nida et le eerele de Zamose; pour la dernière^ Thom et la ligne de la Wartha, en ajoutant que, pourvu que l'empereur cddftt sur la question territoriale, la question politique s'arrangerait faeilementi moyennant des garanties réciproques.

Sa Majesté l'écouta avec beaucoup de bonté et de calme, et témoigna en général les dispositions les plus conciliantes, mais sans entrer en matière; eUe se réserve de lui faire connaître dans peu, plus particulièrement SCS intentioris el sa contre-proposition.

Ceci a effecliveinent eu lien par le canal du prmce Gzartorysky et du baron de Stein, et voici cornaient ils se sont expliqués de la part de leur auguàle maUre :

c Sa Majesté Impériale, disaient-ils, avait asses prouvé, par sa persévérance et rétendue des moyens militaires avec lesquels elle STait soutenu la grande lutte, combien sa Tolonté était pure et forte, de rétablirl'indépendance des Puissances de l'Europe; qu'elle aTait vu UTec satisfaction ses AUids reprendre possession de leurs andens Étals, et même augmenter leur puissance; qu'elle avait cru pouToir prétendre aussi k des STantages que ce n'étaitqu'en Pologne qu'ils pouTaient s'offrir, et que les vues qu'elle avait eues sur le rétablissement de ce pays sous son sceptre lui STaient paru faites pour tranquilliser plutôt ses voisins que pour leur donner des apprébensions; qu'il avait pensé qu'il fallait donner k la Poli^ne une frontière militaire pour la garantir d'une invasion, mais que, voyant que ceci donnait des inquiétudes, et que la ligne de Thorn jusqu'à Gracovie, et la conservation de ces deux jilaces étaient i r-anloes comme agressives, Sa Majesté était décidée à porlur de nouveaux bacnûces à ses Alliés, et à l'élruile union qu'elle désirait voir toujours sub-

1. Nous avons donné oelta pièce en traduction, p. 485; eona eioyaiis utile d'en polriieriei l'original, ^vImmis eet parvenu pbu tard.

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sUler et s'établir de plus en plus entre eux; mais qu'elle y attachait la

condition expresse, et sine qua non, que toutes les questions encore en discussion entre eux fussent terminées en même temps, et que, par conséquen', celles de la SaM' el de Mayincc entrassent dans la m'"'me n<^gociati<'ii et dans une transaction siumllanéL' avLC celle de la Poiu^'[it\ afin lie terminer de cette manière le plus lôl possible les ui^'ociaiions du Coiigrè , qui s'étaient prtlong<^es contre l'atlenie générale, cl de faire enfin jouir l'Europe drs uvaniagcs de la paix. Qu'à condition donc que ta Saxe soit remise dans toute &on intégrité lia Prusse, et la place de M ayence déclarée une forteresse de la Fédération germanique, Sa Majesté Impériale se désistait de la possession de Thom et de Graoovie, et eon-» senuit que ces deui villes soient censtittiées sons la garantie et protection des Puissances alliées, villes libres et indépendantes à l'instar des vilteshanséatîques, avec des rayons convenables de territoire, une forme de gouvernement municipal, toute liberté politique et un état de nea*> tr^lité, qui serait respecté et inviolable même dans de malheureux cas de guerre; — que Sa Majesté insistait sur la remise de toute la Saie è la Prusse, parce que celle-ci ne pourrait pas d'ailleurs obtenir ce que les Traités, la justice, le bien général et les grands efforts de cette Puissance, dans la mémorable guerre qui venait d'être ttjrinmée, exigeaient; parce que le démembrenieiii de la Saxe éiait (oniiaîre aux vrai* intérêts de ce pays, aux vœux prononcés des liabiiaiib et aux assurances qu'elle leur avait données ; — que la place de Mayence, également importante pour toute la Fédération, ne pouvait appartenir, coQime forteresse, qu'à T Allemagne entière, el être gardée comme telle; qu'elle ne devait pas être rendue défendante des moyens cîieonscrtts et de la politique d*ttn seul État.

Les deui émissaires russes ont fini par dire, qne Tempereur, après avoir cédé sur TArtide qu'on avait toujours indiqué comme le principal,— la ligne agressive qui semblait menaeer Isa Puissancea voisines, — s'attendait qu'on ne lui disputerait plus le reste, et qu'on se presserait maintenant d'accéder à ses vues, afin qu'on poisse tout terminer dans le plus court délai possible.

Le prince de Hardenberg désire maintenant de connaître les haales intentions de S. M. Impériale et Royale Apostolique. Loin de croire que les propositions qu'il vient d'énoncer épuitent ce que nous pouvions désirer el attendre, il ne peut cependant dissimuler qu'il reprîrde la renonciation de l'empereur aux points importants de Thorn et de Cracuvie, comme un objti essentiel et un acheminement k un arrangement satiifaisanl; qu'en dermere analyse, la j^uerre, même la bi uuilkirie, la froideur doivent être évitées à tout prix, comme le^ plua grands et les plosdangereuK de tous les maux. Il ne se permet pas de préjuger les décisions de S> H. l'empereur d'Autridiei mais pei^t-^tre pourrait-

APPfiNiUGS. 1943

QH întiiter sur un moy^il tenott, relativement «ux frontières «t »ur la

possession des deux Tillas» a'epgageant à ne pas les iortiSer. Ce qi|e rAotriche et la Prusse peuvent obtenir de l'ancienne Polo^mc au delb de ce que ces deux Puissances posfèJent, ou de ce que l'empereur Alexandre a toujours déclaré vouloir céder à la Prusse, n'a éiè porté en compte par aucun des deux Cabinets dans leurs tableaux, çf ne sera jamais bien considérable. Comme on ne peut pas atteindre au bql d'avoir une frontière militaire, telle que le serait la Yislule et le Narew, l'alTaire de la rolugtie se réduit, quani k i cssenliel, à écarter la ligne agressive, — à quoi nous avons réussi, — et à empêcher que l'eiistet^ce politique du nouveau royaume de Pologne ne Revienne nuisible à Ifi tranquillité de sea «>îsins et d^ l'Europe, qu'elle tourne plutôt k leur profit. Il faudrait donc demander, avant toute chose, k reropereur Alexandre, de quelle nature doivent être resistenea alla constitution di| nouveau rojaume de Pologne ; quelles lont les garanties qu'il vent donner aux Puissances voisines ; et quelles sont celles qu'il exige de leur part? Il ne semblerait profitable k bien des égards pour celtes-cî et pour s'assurer la tranquillité des anciens Polonais sous leur SceptrOi que des bases générales de constitution qui satisferaient ceux-ci, fussent ronvenur's et qu'elles entrassent dans la garantie réciproque.

Le prince de Hardenberg offre au nom de S, M. le roi de Prusse, tous les moyens compatibles avec le bien-être de la monarchie prussienne, pour faciliter un accommodement. Il croit ne pouvoir saisir une meilleure occasion pour b cxi liquer franchement sur la situation de la Prusse, et sur ce que celle-ci a droit de prétendre, ou est prèle à céder pour le bien commun .

On se platt à parler des sgrandissements que la Prusse aurait en vuci I blftmer surtout le plan d*y incorporer la Saxe ; on insiste sur la conservation au moins d'une partie considérable de ce pays 11 son anden souverain ; on voudrait é|ablir par là un Ëtat intermédiaire entre l'Autriche et la Prusse; on se récrie que priver la maison de Saxe de tout le royaume de ce nom, c'est suivre le principe de Napoléon et une marche révolutionnaire. Examinons la chose telle qu'elle est, dépouillons-là des grandes phrases hasardées, et nous porterons bientôt un jugement plus juste et plus conforme à la vérité.

D'abord je le demande : si !a Prusse s'agrandissait considérablement au delh de l'état dans leqnpl elle se trouvait en 1805, pourrait-on y trouver la nidindf e injuslin , lundis que la Russie auj^mente sa puissance, que la Hollande est si richement dotée parla Bel-iique, que l'Autriche môme, d'après le tableau communiqué par elle, où l'un n'a pas porté en ligne de compte ni ce qu'elle réclame, et pourrait encore obtenir du duché de Yartfovif, j^i le ^risg^u, — receuvre toujours, en ajoutât ce <|ue 1§ {iDvièrf 4e?rf lai céder et l^ Bri^g^u» noQ-^ulgment bien pins qij'el'lj»

Dlgitlzed by Googlc

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ne possédait h cette époque, mais une force intrinsèque et un arrondissenient qu'elle n'a jamais eus, surtout si on réfléchit au poids accessoire qu'elle acquiert en Italie par la Toscane et Modène, qu'on peut envibugcr avec raison comme des acquisUions indirectes ; tandis que la Bavière est portée au delà de nn million d'habitants de plus, en comparaison de son état de 1803 , que Wurtemberg» Bade, Darmstadt, le Hanom et tant d'autres, enfin, sont considérablement agrandis en comparaison de leur état de cette année, qui équivaut tout à fait à celui de 1805 ; et quêtons obtiennent une situation sûre et conforme k leurs vœux t

Un coup d'œil sur la carte prouve évidemment que môme Tacquisîtion de la Saxe entière ne donne pas h la Prusse les avanlages qui sont assurés à toutes les autres Puissances. Ses États resteront toujours étendus sur une ligne immnnse, depuis le Niémen jusqu'à la Meuse, COU] '-'s en deux pays, unis seulement par un til allongé, luttant contre la ditticulié de se prêter une prompte assistance, exposés d'un coté à la jalousie et aux attaques de l;i France, de l'autre à la prépondérance de la Russie. Et au lieu d'écouter ce que le salut de l'Europe et ses véritables intérêts exigent, que la Prusse doit avoir le degré de force oéeeasait e pour contribuer au but général, on s'abandonnerait à des appréhensions aussi injustes que peu fondées contre une Puissance qui a ai bien mérité la reconnaissance de toute l'Europe, contre une Puissance dont les sacrifices et les efforts ont si éminemment contribué à reconquérir la liberté politique, et à procurer aux autres Étals ces avantages dont on vient de parler, à replacer les Bourbons sur le trône de leurs pères. Au lien de cela, on attacherait plus de prix qu'^ re<^ considérations à placer un État intermédiaire entre l'Autriche el la Prusse, pour établir une frontière qui, loin d'être nécessaire à la défense de l'Autriche, deviendrait offensive et dangereuse pour la Prusse , on s'opiniâtrerait à vouloir réserver au rui de Saxe une partie de son p:iys, ce qui serait absolument contraire au vœu national, nuisible pour les Saxons et la Prusse, nuisible même pour le roi et sa famille, qu'on veut obliger et protéger, nuisible enfin pour la capitale de la Saxe, et pour tous ceux qui feraient partie de cette Saxe en Saxe, qui ne serait qu'un foyer de mécontentement, d*intrigues et d'entraves It toute bonne administration. Je puis en appeler bardiment aux Saions eux-mêmes k cet égard. S*il était possible de lever les voix, elles se déclareraient presque unanimement contre le démembrement.

Le roi de Prusse oifre un bel établissement au roi de Saxe en Allemagne, qui n'entraînera aucun de ces inconvénients, et dont la valeur et la population seront les mêmes qu'on pourrait assigner à ce prince en Saxe, e'est-k-dire d\ peu près 350 000 Ames, moyennant les pays de Munster et Paderborn avec quelques parcelles avoisinantes des pays

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de sa religion. U pourrait conserver, sa vie durant, le titie de roi; sea successeurs prendraient celui de grande-dueB.De toutes les possessions des ducs de Saxe, celle-ci serait toujours la plus considérable. L'augmenter encore serait impossible, sans diminuer le lot de la Prusse, qui cependant propose des avantages importants aux autres maisons saxonnes pour les dédonini iLM i lip leurs droits éventuels de succession. Le roi de Saxe a déclaré hautement, en protestant contre l'acquisition de la Saxe par la Prusse, qu'il n'accepterait aucun autre établissement. Supposons qu'il ne cliangeàt pas d"avis, le roi est prêt à faire administrer les pays susmentionnés pour le compte des successeurs de Vtédérie-Auguste. Le droit de la guerre et de conquête a mis la Saxe à la disposition des Alliés. Le souverain, après s'être opiniâtré à rester jua^ qu*k la dernière extrémité Tallié de Bonaparte, a été foit prisonnier dans une ville prise d'assaut. Qu'aurait-îl fatt^ si la victoire était restée à nos ennemis, si Bonaparte avait dicté la paixt Anrail-il refusé une bonne partie de la monarchie prussienne, qui aurait été le prix de sa persévérance dans la cause de Toppresseur de TEurope, dont il a toujours suivi aveuglément les volontés ? Ce n'est pas le moment ici d'entrer dans la discussion de cet objet. Elle n'est pas difficile ; mais il est bien étrange qu'on veuille représenter l'incorporation de la Saxe h la Prusse, qui fera un établissement à l'ancien souverain, comme une mesure dans le système de Bonaparte^ comme une mesure injuste et révolutionnaire.

L'histoire nous fournit des exemples fréquents de changements pareils. Le roi de Saxe lui-même descend d'un trône qui n'a été assigné à ses ancêtres qu'en en dépouillant Tancien possesseur, à la suite d*une guerre malheureuse ; l'auguste maison de Lorraine céda son patrimoine et fut placée en Italie. Combien de fois le royaume de Naples n'a-t-il pas passé d'une dynastie è l'autre? Je me borne à ces exemples ; il y en a tant d'autres ! En considérant ce que je viens de dire, on ne peut pas blAmer la Prusse d'insister forlement et constamment sur la possession de la Saxe tout entière: die ne peut pas faire autrement sans blesser tout ce qu'elle se doit, sans sortir de la lutte terrible dans laquelle elle a été engagée, avec un existence misérable et beaucoup plus faible qu'elle no l'a jamais étf^ dans un état auquel il serait impardonnable à tout Prussien de souscrire. La Prusse doit insister sur le consentement déjà donné par r.\ulriche et l'Ant-'loterro, et sur leur assistance; car elle ne sépare pas sa cause de celle de ces Puissances, et ce seraient elles qui seraient injustes et qui aviseraient mal au bien de l'Kurope, si elles pouvaient vouloir affaiblir leur .Mlié, comme il le serait par ranangemeul iauiif qu'on propose, et établir un germe de soupçon et de discorde qu'on veut détruire partout avec raison. Mais pour éloigner tout ombrage de la part de l'Autriche, la Prusse

preodra l*obtigalioB de iie (mb fortifier Dresde, tnmmé le dISàir en a été témoigné. Elle té plus leîn. Afin de donner une meUIénre firontiêre à rAntriche dn côté de la haute Yietulé» et pour Adliter à cette Puissance les concessions qu'elle ferait à la Riissié à Tégard de la Pologne, ponr maintenir Tunion si éminemment nécessaire, elle s*offre à lui céder une partie de la haute Silësie prussienne, et nommément les cercles de Ratibor et la plus grande partie de ceux de Pless et de Leobschûtâ, ati montant de 143000 habitants, contre l'écliange d'un petit district de la principauté de Neisse et de celui de iïo!7cnplot?', de 33 000 habilan's h peu pr^3; de sorte que l'Autriche, sans cuin] [i r l'arrondissement et la frontière plus régulière, y ga^'nerait 1 10 000 iiabitanls. La carte ci -jointe explique plus clairement la proposition el les avantages.

Quant à Mayence, la Prusse ne peut qu'accéder complètement à l'opinion que l'empereur Alexandre a manifestée à son égard. La Bavière sera si richement partagée, même en cédant TlnuTiertel» le HattsrQck- Tiertel, Salibourg et Berebtesgade à l'Autriche, et en renonçant, s'il le faut, aux restitutions qu'on pourrait exiger de Bade, que tout le monde nous accusera d'une trop grande partialité pour cette Puissance. Si le roi lui laisse le berceau de ses ancêtres, Aushach et Bairautb, cee promees affidées qui demandent k grands cris de reotrer sous le sceptre de la maison de Brandebourg; n*est>ce pas un nouveau sacrifice bien pénible que la Prusse porte à l'arrangement de toutes les parties? Ne disputons pas si Mayence appartient à la défense du nord ou du sud de l'Allemagne. Disons plutftt que cette place importante appartient à l'une et h l' être. Le roi n'en réclame pas la propriété; qu'elle soit donnée à Darrastadt qui t'avoisinc, et qu'elle serve comme forteresse de la Fédération, de boulevard à toute entreprise contre rindépeii lance de celle-ci ; <}u'elle soit confiée à la garde de trouj)es de la Fédération, el principalement de truiipus autricliicnnes el prus^iciines, que la même disposition ^^uii laiie à i'égard de Luxembourg. La iiavière pourra participer h la garnison et à la défense des deux places, mais ce n*est pas k elle seule qu'il convient de la confier, ni pour Tune, ni pour l'autre. La Prusse, forle du sentiment de son impartialité dans cette affaire, connaissant celui de la grande majorité de rAUemagne el ses vrais intérêts, n'y consentira Jamais.

Le tableau ci-joint montre comment on pourrait s'arranger sur les questions susmentionnées. On y ajoute une carte. On verra que ta Prusse n'obtiendrait que 9 603230 habitants, sans compter l'augmentation qu'elle pourrait encore recevoir sur le duché de Varsovie, qui, dans le cas le plus favorable, sera toujours peu considérable. Les petits princes qui seraipnf sous son influence, mais dont il n'est rien moins que décidé qu'il- entreraient sous sa dominatinn , compteraient 627 400 âmes. Il est évident que la Prusse pense muios que toute autre Puis-

aanee à fouloir g'tgrandir. Elle désire de ne pu avoir des limiiee, se pent, avee la France, parce qu'elle sera comparatî?ement faible sur le Rhin; elle vent être en état de tendre la main hux Pays-Bas; elle

doit avant tout avoir un corps d'État, concentré sur un point au moins qui puisse courir au secours des parties éloignées de ses possessions qui seraient menacées sur le Rhin on sur le Niémen. PentM^n lui en faire le moindre reproche? Dans le plan projeté, on a tout omis ce nui concerne les arrangements avec Wurtemberg et Bade. Un a cru devoir abandonner ces objets h l'Autriche. On a compté seulement que les médiatisés, qui appartenaient jusqu'ici à Bade, lui seraient ôtés.

Du reste on a eu égard aux vœux de plusieurs petits Ëtats, et k la protection dont lia jouissent.

Signé : le prince de Hardenberg.

TABLEAU PBDSaUN.

Les Douvellp? propositions établiraienl les possessions de difiérent» États de la manière suivante:

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