LES CITOYENS DE SAINTE-THERESE DE BLAINVILLE
Réponse de Mgr l'Archevêque
Monsieur LE Cure, Monsieur Le Maure,
En même temps que vous me souhait des citoyens de cette Paroisse, rendez admirablement tous les
ez, au nom du clergé et une si cordiale bienvenue, vous sentiments qui se Pressent dans mon Cœur. Lorsqu'il y a quelques instants, j'ai mis le pied sur Votre territoire, mon cœur s'est ému doucement, et les larmes me sont montées aux yeux.
ristique. Mes frères, que d
€ souvenirs ce seul mot de Congrès eucharistique n'éveille-t-;!
Il y a trois ans, nous met eucharistiques internationales: c'était le Congrès de Montréal dont on a pu dire, à l'étranger, qu'il étai à Jésus-Hostie depuis |’ d'amour et de foi.
i son représentant ; la protestation de foi de plus de 25,000 jeunes gens, affirmant leur Croyance et disant leur amour et leur attachement pour l’Eglise :
i Dame, l'enthousiasme universel, indescriptible de toutes nos populations, l'illumination de celles des pauvres comme rocession inoubliable du 11 sep-
de celles des riches : enfin la p
tembre, alors que nous voyions les rues de la ville transformées comme en autant d'alkées d'un temple immense; les acclamations au Dieu de l'Eucharistie jaillissant spontanément de trois ou quatre cent mille poitrines: tout cela est vivant dans mon cœur, et le souvenir en est impérissable ; j'ai connu là le meilleur instant de ma vie. Et lorsque enfin retentit la parole: le Congrès est fini, n'est-ce pas qu'il y avait des regrets dans notre âme, n'est-ce pas que nous désirions revivre ces jours, et nous comprenions que nous ne sommes pas faits pour les choses qui passent, nous sentions que nous avions une âme immortelle créée à l'image du Dieu éternel, dont les aspirations sont tout entières à des joies sans fin ?
Ce Congrès était fini, disions-nous. Eh bien! non, il n'était pas fini. Il devait se prolonger dans ces admirables résultats que nous constatons chaque jour. En effet, que s'est-il passé depuis les grandes manifestations de 1910? Des statistiques ont fait voir que la dévotion envers l'auguste Sacrement est allée toujours en croissant, et lorsqu'au printemps dernier ces résultats ont été donnés dans les assemblées des Evêques congressistes à Malte, l'étonnement a été grand. Autrefois, sans doute, la Messe était bien entendue plusieurs fois la semaine par de pieux fidèles, mais c'était une minorité assez restreinte: depuis, le nombre des assistants s'est accru considérablement. De son côté, la Communion est devenue de plus en plus fréquente; c'est chaque jour que l’on communie dans nos collèges et nos couvents, et cela non pas sous l'impulsion d'un règlement ou contraints par quelque autorité, mais bien spontanéraent, librement, par le seul amour de Jésus, pour trouver à la Table Sainte force dans le devoir. Les pères et les mères ont donné de nobles leçons à leurs enfants en venant s'asseoir avec eux au banquet de la Communion. Ils en reçoivent à leur tour de touchants exemples. Nos petits garçons sont devenus, pour ainsi parler, les affamés de l'Eucharistie; bien plus, : ils en sont les apôtres.
Le premier Vendredi du Mois, c'est le jour de l'exposition du Saint Sacrement, et je sais plusieurs paroisses où les adorations des pieux fidèles se succèdent sans ir terruption. La famille même tient à avoir tout le jour l'un de ses représentants pour monter la garde auprès du Roi des rois.
Mais c'est notre mission, à nous Prêtres, de faire croître cette dévotion, à nous prédicateurs, gardiens, et am2nts de
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l'Eucharistie. Cependant notre ministère ordinaire, zélé qu'il soit, a besoin d'être éclairé et soutenu. Ces
nous les trouvons dans les Congrès régionaux. Les Congrès
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onneurs auxquels il a droit comme Chef de la société. Mais, à défaut de ces Congrès internatio-
naux, nous pouvons avoir des Congrès particuliers et régionaux. C'est ce qu'on a fait déjà en France, en Belgique, en Italie, et partout:les résultats ont été immenses.
De nos jours, les hommes de lois, de nos sociétés se réunissent Pour étudier ensemble ce qu'il faudrait modifier aux constitutions du passé, afin d'assurer les moyens de prospérité matérielle et intellectuelle. De ces réunions sortent des lois nouvelles qui science, des arts et métiers. La bien que les individus. 11 n'est pas )j religion,
de finance, les membres
pas profiter ? Pourquoi ne
quand il s'agit de la piété, et de ce qu'il y a de plus excellent dans la piété: l'Eucharistie, la
| Pie X, alors qu'il n'était encore que adressait ces paroles à ses di
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ur envers l'auguste Mystère de nos autels et le triomphe de la vé
Dans les Congrès eucharistiques, d'être chrétien non seulement da mais au milieu du monde. Dans à affirme solennellement,
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encore comme citoyen, le gouvernement royal de Jésus-Christ. Dans nos Congrès Eucharistiques, des chrétiens sentent se réveiller dans leurs cœurs l'esprit de Jésus-Christ; le courage revient à ceux qui ont été pusillanimes et qui par leurs paroles, par leur inertie, ou même par leur opposition paralysaient l’action des plus zélés; on fait taire en soi tout sentiment purement humain pour se tenir étroitement unis ensemble par le lien de l'amour que forme l’Eucharistie, On se persuade enfin que si l’armée ennemie a dans la personne de Lucifer un chef redoutable, Jésus-Christ est bien plus puissant que lui et il ne manque jamais de nous communiquer la force divine qui seule assure la victoire; “car si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?”’
Si les Congrès Eucharistiques ont eu de si beaux effets dans les pays d'Europe où la foi n’est pas ce qu'elle est chez nous, quels ne seront pas les heureux fruits de nos Congrès! Aussi depuis 1910, il me tardait de réaliser le vœu émis par plusieurs congressistes d'avoir un Congrès régional. J'ai regardé dans le diocèse de Montréal, et c’est sur votre ville, sur vous, paroissiens de Sainte-Thérèse, que j'ai arrêté mon regard, et aujourd’hui que tous les yeux sont tournés vers vous, il n'y a partout qu'une seule voix pour dire que le lieu ne pouvait être mieux choisi, en raison de la facilité des communications, du personnel de son collège et de ses maisons d'éducation, à cause aussi de la foi connue de ses enfants; en un mot, Sainte-Thérèse était le lieu prédestiné où nous devions inaugurer ces fêtes grandioses des Congrès eucharistiques régionaux.
Au cours de ma visite pastorale, il y a quelques mois, les paroles que je vous adressais étaient celles mêmes que les Anges apportèrent aux bergers dans la campagne de Bethléem : “Æcce evangelizo vobis gaudium magnum: Voici que je vous annonce la nouvelle d’une grande joie’: vous aurez cette année même un Congrès eucharistique chez vous. Vos cœurs se sont émus d'allégresse, parce que vous étiez l'objet d'une faveur insigne. Aussitôt, vous vous êtes mis à l’œuvre sous la conduite de votre zélé pasteur; et l'autorité civile et religieuse se donnant cordialement la main, vous avez préparé au Dieu de l'Eucharistie des fêtes magnifiques. Déjà, ce qui a été fait nous jette dans l'admiration, il semblerait que vous avez voulu faire revivre les journées de septembre 1910, et ce n'est encore que le commencement.
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Aussi, laissez-moi vous dire la parole du prophète: ‘Et tu Bethleem, terra Juda, nequaquam minima es in Drincipibus Juda; exte enim exiet dux, qui regat populum me toi, petite ville de Sainte-Thé petite des villes du diocèse de la Vierge Marie, puisque c'est dans ton sein que vont commencer ces fêtes émouvantes en l'honneur de Jésus-Hostie. On ferait peut-être plus beau et plus riche dans d’autres paroisses, on n'y mettrait pas plus de foiet d'amour, etsur ce point, on voudra toujours vous imiter.
Que va-t-il donc se passer ? Demain et après-demain, nous allons tous ensemble vivre de Jésus-Christ, penser à lui, le prier, . l'aimer, le remercier de ses bienfaits, entrer plus avant dans la connaissance de l'Eucharistie. Nous prêcherons à vos enfants, nous vous entretiendrons, vous, pères et mères de famille, nous enseignerons les maîtres et les maîtresses. Les prêtres étudieront ensemble les moyens pratiques d’affermir l'amour en l’auguste Sacrement, tout spécialement dans l'âme des petits. Des résolutions et des vœux se dégageront de ces diverses assemblées; et à l'avenir, Sainte-Thérèse sera ce qu'elle doit être: une paroisse vraiment eucharistique.
Ce n’est pas tout de dire: J'aime Jésus-Christ. Il faut l'aimer comme il veut être aimé, il faut vivre selon sa volonté. Qui dit chrétien, dit disciple; qui dit disciple, dit amour passionné pour son Maître. Or nous sommes, il est vrai, unis à Jésus-Christ, parce qu'il s’est fait l’un des nôtres par l’Incarnation, parce que c'est lui qui nous a rachetés; nous lui par la foi, la prière, la confiance, mais cette union morale ne suffit de Dieu pour l’homme,
Et pour nous convier à l’ que Jésus multiplie les mi
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faut donc qu'elle soit avant tout eucharistique. Lorsque vous aurez bien compris ces choses, vous tiendrez à vivre de l'Eucharistie, vous comprendrez l'honneur de recevoir Dieu dans votre Cœur; vous ne voudrez pas passer une seule journée dans la se-
maine, sans vouloir recevoir le Dieu des Anges, le Paindesforts.
Dimanche, si le temps le permet, nous pontifierons nous-méme à la messe en plein air, et dans l'après-midi nous porterons sur notre poitrine le Dieu de majesté. Je demande à Jésus, en votre nom, la température idéale qu'il nous a accordée au Congrès eucharistique de Montréal. Oh! alors ce sera beau! Nos frères séparés nous envieront notre foi. Chez eux, tout est froid, tout est morne, parce que l'Eucharistie leur manque. Le Congrès de 1910 a amené nombre de conversions à la vraie foi; que ce petit congrès ait un même fruit de lumière et de salut.
Pour ce qui est de nous-mêmes, mes Frères, le Congrès aura les mêmes résultats. Jésus quittera son tabernacle et passera devant vos demeures pour y semer ses grâces et ses bénédictions; il passera sous ces beaux arcs de triomphe, il contemplera le pavoisement des rues, et son cœur en sera réjoui. Non, ces décorations ne sont pas un hommage aux visiteurs, mais leur raison d'être est toute entière en cette petite Hostie de nos tabernacles. Il faudrait dire cette grande Hostie, puisqu'elle contient l'univers, puisqu'elle renferme Celui que les cieux ne peuvent embrasser.
Sur son passage, nous lui demanderons de faire pour nos familles ce qu’il faisait en Judée où il passait en faisant du bien: ‘Venez à moi, vous tous qui souffrez et qui êtes chargés, et je vous soulagerai.” Nous lui demanderons de regarder favorablement ceux qui souffrent, de guérir nos malades, de consoler les infirmes et les délaissés, de mettre la foi dans nos familles,de faire régner la paix dans nos foyers; ce sera des heures de bonheur et de secrètes émotions. Ce ne sera pas seulement l’hommage de quelques citoyens, un culte de foi dans l'intérieur de nos temples, ce sera un culte national, une protestation de notre croyance et de notre amour, à nous Canadiens-Français. Nous adorerons pour notre pays, nous remercierons pour notre Pays, nous offrirons nos réparations au nom de notre pays, et nous solliciterons pour notre pays les prospérités religieuses et matérielles.
Que ce Congrès ait son prolongement dans notre vie, spécialement par une plus grande assiduité à venir prendre notre
pain quotidien: le Dieu de l’Hostie n'est-il pas notre ami et notre consolateur ? Venez, mes Frères, venez souvent le prier et l'adorer; qu'il ait ici, comme cela existe ailleurs, à chaque heure du jour, ses représentants et ses adorateurs. Et ainsi la paroisse transformée par l'Eucharistie, toute dévouée à son culte, verra fleurir toutes les belles vertus chrétiennes; des vocations plus nombreuses sortiront de son sein. Il nous faut des prêtres, il nous faut des missionnaires, des âmes dévouées à l'enfance, au soin des malades: eh bien! Jésus fera entendre son appel au cœur de ses enfants. Vous aurez toujours la bénédiction du ciel pour compagne, la joie pour gardienne de vos foyers, l’union fraternelle pour amie. Oh! qu'il en soit ainsi! Et quand les sacrements et les signes sensibles auront disparu pour nous, Jésus déchirera le voile qui nous le cache présentement ; et alors nous l'aimerons sans crainte de le perdre, et une communion sans fin de ravissement et de délices succédera à la communion sous les espèces sacrées. Ainsi soit-il.
L'allocution de Sa Grandeur fut immédiatement suivie du
salut solennel et de la bénédiction du Très Saint Sacrement.
A la sortie de l'église, les hauts dignitaires ecclésiastiques et religieux montèrent dans les automobiles mis à leur disposition et prirent part à la procession aux flambeaux dont le long défilé parcourut les rues de la ville brillamment illuminées. En face du Séminaire, on présenta les armes à Mgr l’Archevêque, et la foule se dispersa en silence. La première journée du Congrès finissait.
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LA FETE DES ENFANTS Samedi, 13 Septembre
Comme le Congrès devait s'occuper surtout de l’importante question de l'Education eucharistique des enfants, on avait eu l'excellente idée d'organiser spécialement pour eux deux cérémonies religieuses: la Messe dite des Enfants, à 7.20 h. du matin, et l'exercice de l'Adoration à 4.30 h. de l'après-midi. C'était répondre au désir du Cœur.de Jésus conviant spécialement les petits enfants pour les bénir et surtout se donner à eux au banquet de la Communion. C'était aussi assurer au Congrès la meilleure garantie de succès, par l'offrande à Dieu de ces jeunes cœurs, offrande agréable entre toutes à ses yeux.
Malgré l'heure matinale, malgré le mauvais temps qui devait se prolonger jusque dans l'après-midi, l'église se remplit bientôt de la troupe enfantine. Plusieurs paroisses voisines avaient même envoyé leur contingent.
Durant la messe, des chants appre : %« à la circonstance furent exécutés avec un rare talent pa : . élèves du pensionnat de la Congrégation Notre-Dame.
L'allocution préparatoire à la communion fut donnée par le Rév. Père LAULT, S. S. S., Secrétaire du Congrès.
Allocution préparatoire a la Ste-Communion + “Laissez venir à moi les petits enfants.” Marc. X, 14.