‹ Congrès eucharistique régional de Sainte-Thérèse, diocèse de Montréal 12-14 septembre 1913 [microforme] (volume 2)Chapitre 23 sur 63 · L.— DIRECTIONS PONTIFICALES · texte numérisé non relu

L.— DIRECTIONS PONTIFICALES

Vous dire, Messieurs, ce que Pie X a fait pour la communion fréquente, c'est retracer l'histoire même de son Pontificat. Toujours actif restaurateur de toutes choses dans le Christ, ce Pape n’a cessé de stimuler la dévotion à l'Eucharistie qui est à ses yeux le grand facteur de la restauration sociale.

Au début de son Pontificat, comme il avait ‘“‘souverainement à cœur de voir l'usage de la communion fréquente se répandre partout dans le peuple chrétien”, Pie X approuvait la prière pour la diffusion de la communion quotidienne et attachait à sa récitation de précieuses indulgences.

Six mois plus tard, la Congrégation du Concile émettait l'important décret “Sacra Tridentina Synodus”', dont le Souverain Pontife est le véritable auteur. Cè décret de haute portée doctrinale et morale éclaire et précise l'enseignement traditionnel de l’Eglise sur la communion et en ramène la pratique à celle des premiers siècles. Il détermine le droit qu'a

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tout fidèle de s'approcher quotidiennement de la Table sainte selon son désir, pourvu qu'il réalise les deux conditions suivantes: l'état de grâce et l'intention droite et pieuse, seules conditions nécessaires et suffisantes pour avoir droit à la communion. Droit à la communion et conditions requises: tels sont les deux points à jamais définis et sur lesquels il n’y a plus de discussion possible. Ce décret met fin par là même aux controverses malheureuses qui partageaient les théologiens et, partant, les confesseurs. A tout prêtre il impose le devoir grave de prêcher la communion quotidienne, ‘“‘d'exhorter fréquemment et avec beaucoup de zèle le peuple chrétien à un usage si pieux et si salutaire”. Loin de détourner les âmes de la communion quotidienne, confesseurs et supérieurs de Congrégations doivent les y entraîner suavement; car l'Eucharistie ne doit plus être considérée comme la récompense de la vertu: elle est avant tout un moyen de sanctification. Aussi le saint Concile de Trente l'appelle-t-il: “l’'Antidote qui nous délivre des fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels”. (Sess.XII, c.11.)

Le Souverain Pontife exprimait le même désir dans une lettre qu'il faisait adresser aux évêques, leur enjoignant de donner des Triduums eucharistiques. “Que les prêtres, disait cette lettre, travaillent de toutes leurs forces à attirer les fidèles à la Table Sainte.” Les évêques, à leur tour, sont tenus d'assurer l'exécution de ce Décret. Puis la Congrégation des Indulgences accorde à tous ceux qui ont l'habitude de communier chaque jour ou, du moins, cinq fois par semaine, la précieuse faculté de gagner toutes les indulgences sans faire la confession hebdomadaire autrefois requise.

Toujours dans le dessein de promouvoir la communion fréquente, venait de Rome, le 7 décembre 1906, un décret mitigeant le jeûne eucharistique. Il permet à tous les fidèles alités depuis un mois, qui n’ont pas d'espoir certain de prompte guérison et qui ont l'avis de leur confesseur, de communier deux fois la semaine, s’il y a un oratoire dans la maison ; à tout autre malade,de communier deux fois par mois, après avoir pris de la nourriture liquide, soit Ju lait, du bouillon, du café, etc., même en y mélangeant quelque substance solide comme par exemple, de la semoule, gruau, du pain grillé en miettes, pourvu que l’ensemble ne vienne pas à perdre la nature de nourriture liquide.

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Le Cardinal Vicaire de Rome érige, le 27 juillet 1906, la Ligue Sacerdotale, et en 1907, le Pape demande aux évêques de faire célébrer annuellement un Triduum de prières et de prédications dans l'intention expresse d'amener les fidèles à la Sainte Table. Enfin, sur la demande que l'on fait:‘“‘Faut-il admettre, non seulement les jeunes gens, mais aussi les enfants à la communion quotidienne et fréquente’’ ? la S.Congrégation répond: “La Communion fréquente est recommandée même aux enfants; on doit les y exhorter: toute Pratique contraire est réprouvée”. Et par le décret “Quam singulari” sur l'admission des enfants à la première communion, le Souverain Pontife abolit les vieilles habitudes jansénistes en vigueur dans certaines régions et remet en honneur les traditions conformes au Concile de Trente. Il prescrit la communion précoce: il déclare que les enfants sont tenus à la communion pascale dès qu'ils ont l'usage de la raison, c'est-à-dire vers sept ans. De là, l’obligation grave imposée aux Parents, aux instituteurs, aux curés de discerner l'âge de discrétion chez les enfants et de leur apprendre les vérités nécessaires pour la première communion. Et le décret termine en encourageant la communion quotidienne chez les enfants.

Pour favoriser la communion chez les prêtres et les malades, le Souverain Pontife vient d'accorder aux évêques la faculté de permettre à leurs prêtres de dire la messe dans leur famille en certaines circonstances.

Vous le voyez, Messieurs, Pie X ne cesse de prêcher la communion fréquente. Afin d'en assurer la pratique, il in: les évêques, les prêtres: il les presse de prendre les moyens les plus efficaces à la réalisation complète des décrets si importants: “Sacra Tridentina Synodus” et “Quam singulari”. I1 interroge même les laïcs. 11 voudrait imprégner tous les esprits de cette dévotion et entraîner dans ce mouvement vers Jésus- Hostie les individus et les peuples. C'est à bon droit que Pie X portera dans l’histoire, comme on l'a déjà dit, parmi tant d’autres titres, celui de Pape de l'Eucharistie.

A l'exemple de Sa Sainteté Pie X, ne cessons de prêcher la communion. Si l'on peut dire de Marie, tige sur laquelle devait éclore la Fleur d'Israël, brillante aurore qui annonçait le divin Soleil: “De Maria nunquam satis”, à combien plus forte raison faut-il appliquer à l'Eucharistie, prolongement de l'Incarnation et partant, centre du dogme catholique, le principe suivant : “De Eucharistia nunquam satis”.

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