Autres Questions
Au cours de la précédente discussion, quelqu'un avait signalé une augmentation de 10,000 communions dans une paroisse du district sur l’année précédente. Un CONGRESSISTE désirerait savoir si, dans cette statistique, il y a plus de communions d'hommes et de jeunes gens qu'autrefois.
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| Monsieur le Chanoine JASMIN.— Je crois pouvoir répondre affirmativement, mais je dois ajouter que, sur semaine, les | communions d'hommes ne sont en général guère plus fréquentes. Il est certain que les dimanches et fêtes, les hommes viennent en plus grand nombre. Plusieurs, vu leur condition sociale, pourraient faire la communion quotidienne et ne la font pas.
Vient-on davantage au premier vendredi ou au premier dimanche du mois ? demande un autre CONGRESSISTE.
Il y a certainement beaucoup plus d'hommes qu'autrefois, répond M. le Chanoine JASMIN, grâce surtout à nos Ligues du Sacré-Cœur. Autrefois, ceux qui communiaient à Pâques, à Noël, aux Quarante-Heures et le jour des Morts, communient maintenant tous les mois.
MONSEIGNEUR.— On pourrait obtenir encore davantage. 11 faut convaincre les hommes qu'il ne convient pas de laisser la 1. Table Sainte aux petits enfants seuls.
f | Le grand obstacle, ajoute un CURE, c'est cette mentalité de
E à nos fidèles qu'ils ne sauraient communier sans se confesser Ï auparavant.
Il s’agit donc, dit MONSsEIGNEUR, de les instruire et de dérai ciner ce préjugé janséniste: pas de communion sans confession ! l Est-il opportun, demande QUELQU'UN, de distribuer la communion pendant la messe ? [1 me semble que cela a l'inconvénient de prolonger la messe outre mesure pour bon nombre de s personnes que leurs occupations réclament au foyer. Il ne faudrait pas établir comme une règle fixe de ne jamais distribuer lacommunion pendant la messe, répond Monsei- | GNEUR. Les fidèles qui se présentent ont droit de communier à Î la messe. Si la chose est possible, qu'on fasse distribuer la communion par un autre prêtre, ou bien qu'on la distribue avant, pendant et après la messe.
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Mais le temps s'écoule rapidement. Avant de lever la séance, Monseigneur invite le Révérend Père PLANTIER, S. J., l’un des grands apôtres, en France, des œuvres sociales, à dire quelques mots à l'assemblée. Celui-ci s'exécute de bonne grâce et nous raconte quelques traits glanés dans son long apostolat.
“J'admire, dit le Révérend Père, tout ce que nous venons d'entendre. Je constate avec satisfaction que votre foi s'est
S. G: Monseigneur Georges Gauthier.
Auxiliaire de Montréal.
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conservée bien vivace au sein de vos populations canadiennes. Les bénédictions du ciel reposent certainement sur vous... J'ai vu le prêtre dans des pays bien misérables. Je me rappelle un bon saint curé qui avait été placé dans un pays de damnés. Tout éploré, il m'écrivait, à quelque temps de là: “Ici, non seulement je ne fais pas de bien, mais je perds mon âme,’ et il ajoutait que sa prière de chaque jour était celle-ci: “Seigneur, mon seul soutien, je n'ai que vous pour ami, j'ai quitté ma patrie pour vous faire connaître et aimer, et voilà que l'insuccès seul a répondu à mes efforts; faites au moins que je souffre pour vous et le salut de mon troupeau.” Dieu l'exauça et voici comment. Ce saint prêtre s'avisa un jour de se poster à la sortie des enfants du collège; il leur demanda de vouloir le suivre et les conduisit à la chapelle où il les fit prier, pour les grands frères, les aînés. Ces quelques petits enfants du début racontèrent à leurs mamans qu'on avait prié pour les grands frères, et les mamans étaient contentes. Bientôt ce n'était plus dix, mais vingt, mais trente qui se rendaient à la chapelle oùilles faisait prier, pour les grands frères. Le bon prêtre comprit alors la portée immédiate de ces visites au Saint Sacrement pour les membres de la fami!'e; les relations se rent plus affectueuses; il prit contact avec ses paroissiens et les transforma peu à peu.
A l'occasion des fêtes de Jeanne d'Arc, j'eus le bonheur de rencontrer ce prêtre; il me supplia d'aller voir sa paroisse, Or la transformation était complète. Il y a dix ans, à peine que!ques femmes venaient à la messe le Dimanche. Aujourd'hui, c'est plus de 160 hommes à moustaches qui y assistent ; et beaucoup de communions; et les petits enfants d'autrefois étaient de grands beaux jeunes gens. De plus, ce prêtre tient chapelle avec une vingtaine d'enfants de chœur.
Je sais une paroisse, dans le diocèse de Rodez, qui est vraiment le type de la paroisse eucharistique. Tous les paroissiens font la communion quotidienne. Un missionnaire est passé par là et,transmettant son impression à l’un de ses confrères, il disait: ‘Je ne pense pas que dans cette paroisse, il se commette un seul péché mortel par an”. Il en était tout saisi et regardait cela comme une merveille. Eh bien! cette paroisse, je l'ai vue, j'ai compris les résultats que peut opérer l’Eucharistie pour purifier, fortifier et surnaturaliser tous les esprits. Je l'ai vue de mes yeux, cette contrée privilégiée ; les
familles y sont prospères, la paix est la gardienne des foyers, et tout le monde est d'accord. Le curé, c'est comme un père au milieu de ses enfants. Heureusement que ce bon curé est un saint homme, sans quoi il ferait fortune.
Maïntenant, permettez-moi un petit mot, Messieurs, sur la raison de mon séjour ici. Je suis venu pour une campagne sociale; je ne suis qu'un semeur d'idées sur les œuvres sociales, religieuses et morales, sur un terrain pratique. Pour réaliser ses desseins, l'Eglise établit sagement des organisations. Imitons-la et pour la même fin, sachant bien que plus il yen aura, plus forte sera la barrière à l’immoralité. Etablissons partout de ces corps d'élite, dont le curé soit le capitaine sage et prudent.”
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MONSEIGNEUR remercie le Révérend Père et invite tous les prêtres à suivre le cours de sociologie que le Père donnera à l'Université Laval, les mardis de 10 à 11 heures. Terminons notre petite séance, ajoute Sa Grandeur; il reste encore beaucoup à faire. Que notre zèle soit ingénieux pour attirer äfla Table Sainte le plus de fidèles possible et le plus souvent possible. Intéressons-nous surtout aux enfants, la génération*®de demain, et faisons-en autant d’apôtres de l'Eucharistie. Et Sa Grandeur lève la séance, après les prières d'usage.
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