‹ Congrès eucharistique régional de Sainte-Thérèse, diocèse de Montréal 12-14 septembre 1913 [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 63 · MESDAMES · texte numérisé non relu

MESDAMES

Il est certain que l'exemple est et restera toujours la prédication la plus efficace; c'est ici une conclusion pratique qui s'impose: vous communierez pour donner l'exemple à vos enfants.

Je remercie, Mesdames, en votre nom, Messieurs les Rapporteurs des excellents conseils qu'ils vous ont donnés; l’influence dont vous disposez, au sein de la famille, pour la culture des vocations est grande. En comprenez-vous l'importance ? Exercez-vous votre autorité, par le moyen de l'Eucharistie, pour cultiver des vocations ? Il importe de bien s'examiner sur ce point.

Je m'en voudrais vraiment d'ajouter quelques remarques aux rapports. Seulement, puisqu'il nous reste quelques instants avant le salut solennel du Saint Sacrement, et puisque nous sommes en Congrès eucharistique, je me permettra, Mesdames, un mot de reconnaissance envers le Souverain Pontife Pie X.

C'est grâce à lui si nous jouissons de tous ces conseils relatifs à l'éducation de l'enfance; ce Congrès même repose, en grande partie, sur le Décret de Pie X relatif à la communion des enfants et à son application pratique.

F Ce Décret régénérateur est profond, sûr; il nous replace avec précision dans les fondements inébranlables de l'Eglise. Le Pape a compris la responsabilité des parents relativement à l'éducation eucharistique des enfants, consistant en une certaine somme de connaissances sur la religion et les sacrements et, en particulier, l’Eucharistie. C'est aux parents qu'incombe, en premier chef, de déterminer si l'enfant est apte ou non à recevoir la Communion ; donc, il faut que les parents s'occupent davantage de leurs enfants.

Notre Très Saint Père ne fait que rappeler un devoir aux pères et mères. Il était temps que l'Eglise revint à cette doctrine saine et rationnelle. Sinon, que voit-on ? Il nous arrive, dans nos grandes villes eu :, de voir venir les enfants à l'école sachant à peine faire .< signe de la croix, n'ayant de la

religion que des notions confuses, et cela parmi les enfants de ‘haute naissance. Les parents se disent: il y a des maîtres pour enseigner, ce n'est pas notre œuvre. Ne pourrions-nous pas espérer des parents une compréhension plus exacte de leurs devoirs? En supposant que les maîtres et maîtresses fassentleur possible, il arrive, vu l'influence des milieux et des intelligences, que les vérités de la foi ne sont Pas assez comprises et gravées dans la mémoire. Or, il arrive qu'à dix-huit, vingt ans, on croit tout ce que l'on dit sur la religion, et ainsi naissent les erreurs. C'est un grand mal ayant sa source dans la négligence des parents.

£ncore une fois, il faut remercier l'Eglise de Dieu deses Décrets sauveurs. Chargez-vous vous-mêmes de donner l'instruction religieuse à vos enfants. Comme vous le rappelait Monsieur le Curé de Terrebonne, les mères ont un tact particulier pour faire comprendre à leurs enfants les vérités qu'elles veulent leur faire retenir.

Laissez-moi vous dire le Pourquoi de cette négligence déplorable dans nos foyers: c'est que, le plus souvent, les parents seraient les premiers à devoir s'instruire. Vous l'avez sans doute entendu dire: l’un des plus grands malheurs de notre époque, c'est l'ignorance religieuse. Nous ignorons les mystères de notre sainte religion, nous ignorons sa morale et son histoire. Rien d'étonnant alors qu'on accepte les préjugés les plus ridicules contre l'Eglise.

Autre recommandation: ayez l'amour de vos enfants. Oui, l'amour de vos enfants! Vous étonnerais-je, si je vous disais qu'il y a des mères qui n’aiment pas leurs enfants; celles-ci ne font attention, bien souvent, qu'aux qualités et aux dons extérieurs. Erreur, scandale! Quand donc comprendrez-vous vos devoirs sacrés ?

La culture eucharistique est bien propre à vous montrer que vos enfants sont plus qu'une matière, mais qu’il y a en eux un principe supérieur; vous connaîtrez que le corps de votre enfant est un temple, un sanctuaire, qu'il renferme une âme où habite la divinité. Cette âme est enveloppée de mystère: tirez de là tout le respect que vous devez à vos enfants.

J'ajoute que cette culture eucharistique vous permettra de trouver un autre principe: celui de vénérer, dans vos enfants, la beauté de la grâce sanctifiante. Jésus s'est emparé de l'âme de vos enfants; il l’a marquée de son caractère. Et alors, quand

vous agissez sur de petits enfants, ce ne sont pas seulement des fils, mais des chrétiens, mais des ciboires précieux que vous possédez.

Le moyen le plus puissant qui nous est offert, c'est l'Eucharistie; accoutumez-vous à diriger de ce côté l'affection de vos

attendent.

C'est au foyer familial que se transmet le plus sacré des héritages, je veux dire: l'affection. Voyez l'arbre qui respire par ses feuilles innombrables et se nourrit par ses racines. Torturé par le vent, gémissant sous l'effort de la tempête, il brave l'un et l’autre parce qu'il est fort; mais enlevez-lui ce sol, il meurt vaincu par lui-même. Ainsi le jeune homme rattaché par toutes les fibres de son âme au milieu qui l’a vu naître est fort contre la séduction, contre l'entratnement:; mais Ôtez-lui cet appui de la famille, il est perdu. Donc, cultivez en vosenfants l'amour qu'ilsvous doivent, et ainsi vous vous endormirez du dernier sommeil au sein de l'affection et des regrets de vos enfants.

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