‹ Congrès eucharistique régional de Sainte-Thérèse, diocèse de Montréal 12-14 septembre 1913 [microforme] (volume 2)Chapitre 48 sur 63 · PRESERVER LES VOCATIONS · texte numérisé non relu

PRESERVER LES VOCATIONS

Préparez les vocations et préservez-les, Mais de quoi faut-il les préserver ? Préservez-les du vice, de la mollesse, de l'esprit du monde et de l'indifférence religieuse: du vice, en exerçant une continuelle surveillance en classe et en récréation, en conjurant le mal Partout où il se rencontre; de la mollesse, en exi. geant l'exactitude dans les devoirs, l'application dans leur accomplissement, la fidélité à vaincre leur humeur: de l'esprit du monde, en prêchant d'exemple et de parole contre les modes et les maximes du monde; de l'indifférence religieuse, en ne souffrant jamais que l'on fasse une Prière, un signe de croix

avec négligence, en parlant toujours avec le plus grand respect de Dieu et des choses saintes.

Ce sont les âmes énergiques qui sont la seule vraie ressource : pour l'Eglise. Ce sont de ces âmes qu'il faut former chez nos enfants. C'est contre tout ce qui amollit l'enfant qu'il faut

Quand je dis que je suis curé à Ste-Anne des Plaines, il m'arrive souvent d'entendre faire la réflexion suivante: C'est une Paroisse qui a donné beaucoup de prêtres et de religieux. C'est

Quelques faits nous mettront en état de juger de sa manière de conduire sa paroisse. 11 avait fait prêcher un jour une grande retraite. Il fit demander, par le Père Missionnaire, aux femmes et aux filles de la paroisse de déposer aux pieds de la Sainte Vierge toutes les roses et fleurs qui ornaient leurs chapeaux. Le curé n'avait pas seulement l'intention de former une couronne à la Sainte Vierge, mais il voulait encore ramener ses paroissiennes à la modestie et à la simplicité chrétienne. Toutes se

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nombreuses.

Un autre trait aussi typique. Les enfants se préparaient à la Première Communion. Le Curé Demers voulait que ces enfants fussent bien préparés. Il avait prêché contre le vol et

quelques vols dans les jardins ou ailleurs, il devait restituer ou du moins se présenter devant le propriétaire pour demander ce qu'il avait pris. Une petite fille, qui est devenue plus tard religieuse de la Providence et qui est maintenant Provinciale, avait eu le malheur de voler des cerises dans les jardins, et c'est elle qui me racontait cela dernièrement: Son curé l'obligea d'aller demander la remise de ces fruits volés. Les autres

Tout cela nous paraît exagéré; mais il faut bien admettre que les enfants étaient meilleurs, et que les vocations étaient plus nombreuses. Dans tous les Cas, les maîtres et maîtresses ont le devoir de préserver leurs enfants de la mollesse et de la sensualité. Ils doivent combattre l'usage de la cigarette et des boissons enivrantes, les modes indécentes. Une maîtresse qui suivrait ces modes serait loin de remplir son devoir.

En toute justice pour la mémoire du curé Demers, je dois ajouter qu'il ne se contentait pas de prêcher contre les modes du jour. Ilavait véritablement le zèle des âmes et des vocations sacerdotales. Pour cela, il instruisait ses enfants. Je me rappelle bien qu'il nous faisait assister au catéchisme durant les mois d'été pendant les quatre années qui suivaient notre Première Communion. I1 faisait l'appel tous les dimanches, et nous faisait une bonne heure de catéchisme, de une à deux heures. Il prêchait continuellement la confession et la communion fréquentes. I] entretenait la piété, la véritable piété parmi ses paroissiens. Il s'élevait énergiquement contre tous les désordres. Ilinstruisait son peuple. Il travaillait à l'œuvre des vocations. Je puis bien vous rappeler un souvenir tout personnel: J'étais pauvre et orphelin de père et de mère. Je vivais avec un de mes frères qui était marié, mais qui n'avait pas d’enfants. Il insista auprès de lui pendant un an pour le faire con-

sentir à me placer au Séminaire de Ste-Thérèse. 11 sut donner des raisons capables de Convraincre: « Le bon Dieu, disait.il

phelin est devenu prêtre. J'en remercie le bon Dieu, et après Lui, ce bon et saint prêtre à qui je dois ma vocation.

Nous tous, prêtres, religieux, maîtres laïques, nous devons retenir ceci: que les saintes vocations ne germent et ne se développent que dans les âmes fortement trempées, car quand vient le moment pour le jeune homme ou la jeune fille de prendre une décision, de faire le choix d'un état de vie, quels obs-

cet orgueil de l'esprit qu'il n’a Pas su détruire, cet amour du

au bon Dieu, de faire les vœux de la religion, de soumettre sa volonté à celle de ses supérieurs, de mortifier sa chair par la pratique de la chasteté et de renoncer aux richesses et aux ma-

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