TROISIEME RAPPORT
Education eucharistique des Enfants après le diplôme d'Instruction religieuse
C'est M. l'abbé L. Lafontaine P. S. S., curé d'Oka qui est chargé de présenter le dernier rapport, sur V Education eucharistique des enfants après le diplôme d'instruction religieuse, c'est-à-dire à partir de 11 ans environ.
Monsieur le Rapporteur rappelle d'abord aux mères que. loin de se désintéresser de l'éducation et de l'instruction de leurs enfants, en s'en déchargeant sur les instituteurs et institutrices, c'est un devoir pour elles de s'en occuper activement. L'éducation est, en effet, une œuvre si délicate et si ardue, qu'elle suppose de la part de l'éducateur assez d'empire sur l'enfant, pour dresser et assouplir sa volonté h la pratique du bien. Or, nul mieux que la mère, par l'amour qu'elle peut inspirer à son enfant, n'exercera sur lui une influence plus dé-
M. le Chanoine L. A. Jasmin
Curé de Ste-Thérèsc.
cisive et plus durable. Un enfant, par amour pour sa mère sera prêt à tous les sacrifices; le souvenir seul de sa mère sera plus tard assez puissant pour le ramener des plus profonds égarements.
Les paroles de sa pieuse mère resteront toujours gravées dans sa mémoire et dans son cœur ; même après de longues années, elles feront encore sur lui plus d'impression que les plus éloquents sermons et les exhortations le plus pathétiques.
Il faut donc qu'une mère chrétienne sache exploiter, dans l'éducation de ses enfants, cette puissance de l'amour filial, pour leur inspirer l'amour de Dieu, de la vertu, et l'horreur pour le mal.
Qu'elle ne soit pas non plus trop empressée à retirer ses enfants de l'école ou du collège. Non seulement ceux-ci auront tout à y gagner quant à leur avenir temporel, mais ils en sortiront surtout mieux armés pour les combats de la vie chrétienne, menacée aujourd'hui plus que jamais.
Elle ne manquera pas d'orienter leur piété vers l'Eucharistie. Il faut que le jeune homme, la jeune fille se fassent de bonne heure un tempérament chrétien assez fortement trempé pour résister aux influences malsaines d'un monde corrompu et corrupteur, aux entraînements des passions. Or, l'Eucharistie seule est un antidote assez puissant pour obtenir ces résultats. Dans la communion, Jésus-Christ lui-même viendra compléter l'éducation du cœur de l'enfant, en lui apportant lumière et force. La foi, l'espérance, la charité et toutes les autres vertus chrétiennes trouveront là leur meilleur appui et leur aliment.
Mais pour réussir parfaitement dans le travail de l'éducation, comme pour remplir fidèlement tous ses autres devoirs et pratiquer les vertus de son état, la mère devra prêcher d'exemple à ses enfants et les conduire elle-même et souvent à la Table Sainte. Elle saura même au besoin et discrètement faire disparaître dans la mesure du possible ce qui pourrait être un obstacle à une habitude si salutaire, le lever tardif par exemple, occasionné par des veillées trop prolongées. Bref, si elle veut réussir à donner à ses enfants une véritable éducation religieuse et eucharistique, elle doit commencer d'abord par avoir elle-même l'intelligence et l'amour de l'Eucharistie, par s'en nourrir fréquemment et par en vivre.