CERTIFICAT D'INSTRUCTION RELIGIEUSE
M. le Rapporteur. — Il s'agit maintenant d'enseigner à l'enfant la lettre du catéchisme, le faisant réciter de façon intelligente, lui faisant rendre compte des termes et les expliquant au besoin. J'avoue que notre catéchisme actuel est un peu difficile, mais bien fait. L'enfant doit arriver peu à peu à expliquer la lettre qu'il récite de mémoire, et, à mon avis, on ne devrait délivrer de diplôme d'instruction religieuse qu'aux enfants capables de fournir cette explication intelligente du catéchisme.
Monseigneur. — Les Pères du Concile de Québec se sont occupés de substituer un autre catéchisme à celui que nous avons actuellement. On y travaille. Pie X a fait un catéchisme, obligatoire à Rome d'abord, puis dans toute l'Italie. Peut-être deviendra-t-il, avec certaines modifications pour les divers pays, le catéchisme unique. En attendant, il faut se servir du catéchisme approuvé par l'Evêque et s'efforcer de le bien comprendre pour le bien expliquer aux enfants.
M. le Rapporteur. — Dans quel esprit le maître et la maîtresse doivent-ils faire le catéchisme ? Autre est une leçon de catéchisme, autre une leçon de grammaire. Le maître chrétien doit exercer près de l'enfant un véritable apostolat. Il enseigne à la suite et à la place des parents. A quoi les parents s'appliquent-ils? à former des chrétiens. Le maître chrétien, enseigne pour préparer l'enfant à la prédication du prêtre qui va continuer le catéchisme. A quoi le prêtre va-t-il s'appliquer ? "A former dans les âmes l'image de Jésus-Christ", répond Léon XIII. Et c'est précisément à cela que doit viser l'enseignement du catéchisme. Que le maître ou la maîtresse soit donc un père, ou une mère qui enseigne la vérité pour la faire pratiquer, un prêtre qui fait le catéchisme pour sauver des âmes!
Autre question. N'est-ce pas un défaut sérieux que de passer toute une année, improprement appelée de communion solennelle, à doubler et même tripler l'enseignement du catéchisme pour réussir à faire donner le diplôme d'instruction religieuse vers la dixième année ?
Un Cure fait observer que ce procédé s'impose parfois, vu que certains enfants sont retirés des écoles à cet âge, par leurs parents.
M. le Rapporteur estime qu'il faut faire tout son possible auprès des parents pour les déterminer à laisser leurs enfants à l'école; qu'en tout cas, le programme normal, la marche régulière des classes ne doivent pas être sacrifiés pour deux ou trois enfants.