‹ Congrès eucharistique régional de Sainte-Thérèse, diocèse de Montréal, 12-14 septembre 1913Chapitre 47 sur 51 · COUP D'ŒIL D'ENSEMBLE SUR LE CONGRES · texte numérisé non relu

COUP D'ŒIL D'ENSEMBLE SUR LE CONGRES

Tel qu'il nous apparaît dans ses grandes lignes, le premier Congrès eucharistique régional du Canada méritera toujours une place d'honneur dans la série des Congrès de ce genre, quelque soit par ailleurs le succès de ceux qui viendront après lui. Sans avoir atteint du premier coup la perfection, les organisateurs de ces fêtes eucharistiques peuvent en être fiers et à juste titre.

Et d'abord, sous le rapport des solennités religieuses, avec une population ne dépassant pas 3,800 habitants, il eût été difficile de faire mieux qu'à Sainte-Thérèse. L'église paroissiale, avec son allure de cathédrale, se prêtait admirablement à la pompe des cérémonies liturgiques. Par ailleurs, la profusion et la somptuosité des décorations, la messe pontificale en plein air sous un reposoir monumental(i), l'énorme affluence des pèlerins de l'Eucharistie, la piété vraiment édifiante et l'enthousiasme de près de 30,000 fidèles, accourus pour acclamer publiquement la royauté sociale du Christ eucharistique: tout cet ensemble nous rappelait, sans trop grand effort d'imagination, les souvenirs toujours vivants de notre grand

(1) Ce reposoir et les arcs de triomphe, qui ont si grandement contribué à rehausser l'éclat de ces fêtes eucharistiques, ont été exécutés d'après les plans de l'architecte bien connu, M. Alphonse Venne, de la Société Viau et Venne. Celui-ci mit gracieusement son talent au service des organisateurs du Congrès; qu'il veuille bien recevoir ici l'hommage de leur vive gratitude.

Congrès de 1910, dont on peut dire que celui de Sainte- Thérèse a été un écho fidèle.

Les séances d'étude, qui ont occupé toute la journée du samedi et groupé un nombre imposant de congressistes, n'ont pas constitué la partie la moins intéressante ni la moins pratique du Congrès. Malgré le point de vue plutôt nouveau et à peu près inexploré, sous lequel on étudia et discuta la question si opportune de l'éducation religieuse et morale des enfants, les rapporteurs ont présenté, en général, d'excellents travaux, fait les plus heureuses suggestions et donné des conseils très pratiques.

La semence a été jetée: puisse-t-elle l'avoir été dans une terre bonne, excellente même, où elle produira trente, soixante et même cent pour un! Un généreux élan a été donné; aux divers éducateurs maintenant: pères et mères de famille, instituteurs et institutrices, prêtres, de suivre cet élan, d'achever le travail commencé par l'emploi des œuvres et des méthodes recommandées. Sous l'impulsion du Vicaire de Jésus-Christ et de Nosseigneurs les évêques, voici que toutes les âmes chrétiennes ou désireuses de l'être commencent à s'orienter de plus en plus vers l'Eucharistie, à s'appuyer sur l'Eucharistie. Puisse tous les Educateurs, en particulier, comprendre que, pour être profonde et durable, la formation religieuse et morale de l'enfant doit se faire à l'ombre du Tabernacle, s'appuyer sur l'autel et s'alimenter à la Table Sainte. Là est le centre unique de vie, auquel toutes les œuvres chrétiennes doivent se rattacher pour y puiser la sève de vie divine qui en découle et qui les rendra prospères et fécondes en fruits de salut. Notre modeste compte rendu n'eut-il d'autre résultat que de contribuer, pour sa part, à faire resplendir aux yeux d'un plus grand nombre cette vérité de tout premier ordre, que nous serions amplement dédommagés de notre travail et de notre peine.

Nous sera-t-il permis, en terminant, de formuler un autre vœu ? C'est que le Congrès eucharistique i\c

Sainte-Thérèse soit le premier d'une série d'autres Congrès semblables, non seulement dans le diocèse de Montréal, mais aussi dans tous les diocèses du "Canada. Que Montréal soit à la tête du mouvement, nul ne s'en étonnera. Il s'agissait, en effet, pour ce diocèse, de réaliser à son avantage l'une des résolutions les plus importantes du Congrès de 1910. Mais, on l'a déjà fait observer, la portée de ce dernier Congrès était national. Espérons donc que les autres diocèses, du Canada auront aussi bientôt leurs congrès eucharistiques régionaux.

Nous savons que l'idée fait son chemin et que l'expérience faite à Sainte-Thérèse ne contribuera pas peu à favoriser le mouvement en ce sens. Pour ne parler que des morts, on nous permettra de rappeler ici le projet d'un congrès eucharistique diocésain que le regretté Monseigneur Archambeault, premier évêque de Joliette, se proposait de tenir dans sa ville épiscopale, après son retour du Congrès eucharistique de Vienne. La mort seule ne lui a point permis de réaliser ce projet, qui allait si bien avec sa piété et son zèle pour tout ce qui touche à la gloire de la Sainte Eucharistie.

Quant à l'organisation de ces sortes de congrès, rien n'oblige, pour en assurer le succès, à suivre la marche adoptée pour celui de Sainte-Thérèse. Là, vu les facilités de communication, il était relativement aisé de convoquer et de réunir dans un même congrès 25 à 30 paroisses disséminées sur un rayon assez étendu ; mais le même avantage ne se rencontre pas partout. Est-ce à dire que le succès d'un congrès en serait d'autant compromis ou au moins diminué ? Loin de là ; et nous n'hésitons pas à dire, avec les hommes d'expérience en la matière, que ce qu'il perdra en étendue, le congrès le gagnera en profondeur et en résultats pratiques. Nul doute que chacune des paroisses convoquées n'y prît une part plus large et plus active, si le nombre en était plus restreint et ne comptait, par exemple, que les paroisses d'un seul vicariat forain.

S'agit-il maintenant de la préparation immédiate du Congrès: elle est en réalité moins compliquée qu'elle ne le paraît tout d'abord. Quelques séances d'étude où sont présentés et discutés deux ou trois travaux ou rapports sur des sujets déterminés d'avance; puis, quelques manifestations religieuses un peu plus solennelles qu'à l'ordinaire; le tout organisé par différents comités composés de prêtres et de quelques laïques de bonne volonté; avec un peu d'entente et de l'entrain parmi les membres de ces divers comités, il n'en faut pas davantage pour assurer au congrès un plein succès. Nous en avons eu un exemple frappant à Sainte-Thérèse, où l'entente fut parfaite chez tous et le zèle inlassable.

Terminons par ces paroles prononcées récemment au Congrès de Malte, à propos du Congrès sacerdotal tenu à Montréal en Février 1913: " Merci à nos Frères du diocèse de Montréal de ces beaux exemples. Nos félicitations leur sont dues; mais ne nous contentons pas de les applaudir, imitons-les."

TABLE des MATIERES

Dédicace 3

Préface 5

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