STRUCTURE DU CŒUR
Cependant, comme il faut un point de départ pour se reconnaître, nous choisirons le moment où le sang est apporté de toutes les parties du corps, tant inférieures que supérieures, par les deux gros troncs veineux connus sous le nom de veine cave inférieure et de veine cave supérieure, qui le déversent dans l'oreillette droite du cœur.
Pour comprendre ce qui va suivre, il faut connaître la structure du cœur.
Disons tout de suite que le cœur est une cavité divisée en deux loges, chamb;cs ou compartiments, et que cette division se répète de chaque côté ; de telle sorte qu'il existe réellement un Cfcur droit et un concr gauche.
Le cœur droit et le cœur gauche sont partagés chacun en deux cavités, superposées l'une à l'autre. L'une des cavités s'appelle ï oreillette, Vaulre le ventricule. L'oreillette droite et le ventricule droit communiquent ensemble par une large ouverture, masquée par une valvule ou soupape, qui s'appelle la valvule triciispide; mais le cœur droit et le ventricule droit n'ont entre eux aucune communication. Notez bien ce fait, lecteur, car il est indispensable pour comprendre l'itinéraire du sang à travers les quatre loges ou compartiments du cœur.
La figure 46 représente le cœur vu à l'extérieur, avec les troncs artériel et veineux qui partent de cet organe ou qui aboutissent à l'oreillette et au ventricule droit et gauche.
La figure 47 donne le dessin du cœur vu à l'intérieur. On reconnaît la division de cette cavité en quatre loges, accolées et superposées, à savoir les deux oreillettes et les deux ventricules.
Connaissant la disposition de l'intérieur du cœur, on comprendra la marche que suit le sang pour accomplir son grand cercle dans le corps tout entier.
Nous prenons, avons-nous dit, pourpoint de départ de la circulation, le moment où le sang arrive des parties supérieures et inférieures du corps, par les deux gros troncs veineux qui portent le nom de veine cave inférieure et veine cave supérieure (K, fig. 46 et 47).
Le sang pénètre, par ces deux veines, dans l'oreillette droite du cœur et la remplit. Quand l'oreillette droite (C, fig. 47) est suffisamment distendue par le sang, elle se contracte, presse le liquide qui la remplit, et le chasse dans le ventricule droit
lA, fig. 471. Il faut pour cela que la. valvule tricuspkie (E, fig. 47) s'ouvre, pour laisser passer le sang, et se referme après son passage. C'est ce qui arrive.
Pressé de toutes parts, le sang pourrait, il est vrai, rentrer dans les deux veines caves, c'est-à-dire rebrousser chemin ; mais une petite valvule, appelée valvule crEustaclie, ou cV Eustachi^ se redresse, et met obstacle à ce retour. Elle n'y met pas cependant entièrement obstacle, car il y a, à chaque contraction du ventricule droit du cœur, un petit reflux du sang dans la veine cave,
ou, si l'on veut, une suspension momentanée de l'arrivée du sang dans le ventricule, ce qui produit une espèce d'ondulation dans les deux veines caves et les grosses veines les plus voisines.
Ce reflux, qui coïncide avec les battements du cœur, est très- manifeste à la veine jugulaire, chez les personnes qui ont le système veineux bien développé. C'est ce qu'on appelle le pouls veineux.
Le ventricule droit du cœur ayant reçu l'ondée de sang que l'oreillette droite lui a envoyée, se
A. Ventricule droit. — B. Ventricule gauche. — C. 4,1 ix
Oreillettedroite. —D. Oreillettegauche. —E. Artère COniraCle, CieS qUC Sa Ca-
aorte (crosse de l'aorte) -F. Artère pulmonaire. - ^,^^ ^gj remplie, et prCSSe G. Troncbrachio-cephalique. — H. Artères carotides "^ ' •
droite et gauche. —I, I. Artères sous-clavières. — de tOUS CÔtés le Saug, qui, K. Veine cave supérieure. — L. Veine pulmonaire.
par cette pression, surmonte l'effort des trois valvules [valvules sigmoïdes] qui tendent à le retenir à l'intérieur. En même temps, la valvule tricuspide, tjui avait été soulevée par le sang à son entrée dans le ventricule, s'applique sur l'orifice auriculo-ventriculaire, et le ferme à peu près complètement. Dès lors la grosse artère qui part du ventricule droit du cœur, c'est-à-dire V artère 'pulmonaire[¥,i\^.kÇ>)^ est la seule voie qui s'ouvre à la progression du sang. C'est
Fig. 46. Cœur vu à re.xlérieur.