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LA PAROLE

la lanofiie sur le palais. Le froUemcnt de l'air contre les parois du larynx ou de la bouche produit les lettres c, v, s,j, r et x. Ces lettres sont sifflantes, comme on les a appelées. Aussi leur émission peut-elle se prolonger autant que dure l'expiration.

Ces détails expliquent que l'altération naturelle ou la difformité des parties qui composent la bouche ou le nez, rendent la prononciation défectueuse.

Les lettres, ou sons articulés, tant voyelles que consonnes, se combinent pour former des mots, et les mots, en se réunissant, composent des phrases.

Les mots diffèrent chez les divers peuples, et de hà, comme nous l'avons dit, la différence des langues.

Parmi les causes qui influent sur la formation du langage chez les ditTérents peuples, il faut surtout noter le climat. Les voyelles dominent dans les idiomes orientaux; dans les langues du Nord les consonnes ont la prééminence. Le langage est doux et harmonieux chez les peuples du sud; il est dur et d'une prononciation difficile chez les habitants des régions septentrionales.

Nous parlons habituellement à voix haute, et c'est alors que le son produit par les cordes vocales devient articulé, en passant par le pharynx, le nez et les lèvres. Le mécanisme est tout autre quand nous parlons à voix basse. Alors nous supprimons les vibrations des cordes vocales dans le larynx, et tout le travail de la phonation se fait dans la partie supérieure du tuyau vocal, c'est-à-dire dans la bouche. Un léger hlet d'air c{ui ne fait point vibrer les rubans vocaux, un souffle aphone, suffit pour parler à voix basse.

Le même effet, c'est-à-dire une aphonie, se produit si une ouverture a été pratiquée à la trachée-artère, soit par une blessure, soit par l'opération chirurgicale de la trachéotomie, pratiquée à un enfant atteint du croup, avec menace de suffocation. Dans ces deux cas, l'air venant de la poitrine s'échappe par la plaie de la trachée; il ne peut donc faire vibrer les rubans vocaux, et il n'y a production d'aucun son. Le jeune malade peut seulement, avec la faible quantité d'air qui parvient alors dans la partie supérieure du tuyau vocal, articuler quelques sons à voix basse. Il y a aphonie, c'est-à-dire suppression de la voix, mais non abolition de l'effet du tuyau vocal supérieur qui produit la parole à voix basse.

Quelques individus, bateleurs, prestidigitateurs, etc., ont appris, par l'adresse et l'exercice, à faire entendre des sons articulés, à parler à haute voix, tout en conservant la bouche fermée, ou en tenant, en apparence, les lèvres parfaitement immobiles, la bouche étant ouverte. La voix ainsi produite a un timbre particulier qui fait quelle semble venir de très-loin.

On appelle ventrUoquie cette sorte de mystification vocale, qu'il n'est point difficile d'exi)liquer physiologiquement. Tout consiste, en effet, à produire l'articulation dans les parties profondes de la bouche, peut-être même dans l'intérieur de la cavité du larynx. C'est en graduant avec adresse la sortie de l'air (ce que les chanteurs appellent Hier le son^, en variant le timbre de la voix, sans jamais laisser paraître aucun mouvement des lèvres, et même en tenant la bouche entièrement fermée, que les ventriloques imitent la voix d'une femme, d'un enfant, d'un animal, font croire que la voix sort de la cheminée, de la cave, ou qu'elle descend du ciel.

Au siècle dernier, la ventriloquie intriguait beaucoup le vulgaire et les savants. L'Académie des sciences de Paris chargea une commission d'étudier ce phénomène chez un individu qui était fort habile dans cet exercice et qui ne faisait aucun mystère de son art. On reconnut ainsi que c'était en filant le son, soit ; ar l'empire delà volonté, en ralentissant l'eiretdes muscles expirateurs, soit en abaissant l'épiglotte, au moyen de la base de la langue, que le ventriloque produisait ses effets.

Cette manière de parler en retenant les sons dans la gorge, qui exige une suspension de la respiration, ou un ralentissement très-prolongé, est extrêmement fatigante, et ne peut être longtemps supportée sans danger.

Aujourd'hui les ventriloques excitent moins de curiosité. Leur truc étant dévoilé, ils n'ont plus la prétention d'étonner les savants, mais seulement d'amuser le public, et ils y réussissent. Tout est donc pour le mieux.

Chant. — La voix modulée en sons qui parcourent les divers degrés de la gamme, ou l'échelle des tons, constitue la voix de chant, ou le chant.

On distingue dans la voix de chant deux séries de tons, qu'on appelle registres. Le premier registre comprend les notes graves ou de moyenne élévation, et l'autre les notes très-aiguës. Le premier registre est donné par la voix de jjoitrine; chez la plupart

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