‹ Connaissances nécessaires à un bibliophile, accompagnées de notes critiques et de documents bibliographiques recueillis et publiés (volume 3)Chapitre 12 sur 20 · XXII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XXII AVERTISSEMENT

confrères en bibliopolisme de la France et de l'étranger, qui seront cités soit au cours, soit à la fin de notre travail, nous ont autorisés à reproduire, ont été pour nous d'un grand concours; et c'est avec plaisir que nous le constatons.

« Sans se rendre compte, écrivait M. Thomas Brunton*, que pour traiter convenablement une question avec le concours des ouvrages des autres, il faut un travail de perfectionnement qui donne la vérité par l'expérience comparative et en même temps la substance des œuvres consultées^ obtenant ainsi la concentration de l'utile au lieu des longueurs dont se composent les publications d'un intérêt général, on a souvent dit et répété que les livres se

nouvelles terres à défricher. La Bibliographie est la science qui consiste à connaître les livres, à les bien décrire et à les classer méthodiquetnenl : c'est la science d'un libraire instruit. On peut mettre la Bibliographie au niveau des autres sciences, et ne pas tout à fait ta confondre avec les aptitudes exigées pour bien tenir une boutique de libraire. La connaissance des livres abrège de moitié le chemin de la science, et c'est déjà être très avancé en érudition que de connaître exactement les ouvrages qui la donnent. Si c'est au savant, qui fait une élude particulière d'une classe, à donner au public le fruit de son travail, c'est au libraire bibliognoste, qui embrasse toutes les différentes classes, à [aider dans ses recherches, en lui procurant et surtout en lui enseignant les sources où, il peut puiser . Nous ajouterons que, sans contredit, le facteur le plus important de la vente des livres au public est le libraire intelligent qui sait en faire valoir tous les mérites auprès de sa clientèle.

* Esquisses inorales et littéraires. Réminiscence des études, définition de l'esprit, du goût, des sensations qui s'y rattachent et qui composent la vie intellectuelle, religieuse, morale et littéraire. Coup d œil rapide sur les sciences, par Thomas Brunton. Paris, 1874, 2H-4''

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font avec les livres et que rien nest plus facile que de copier. Mais, pour rendre utiles tous les matériaux rassemblés en rue d'une publication spéciale, avoir de la justesse dans Vesprit et ramener toutes ses pensées sur un même sujet, préciser toutes les opinions, quel est le fond et la forme que l'on doit adopter, il faut s'éclairer de toutes les divergences, de toutes les critiques, et ne publier que ce qui a un intérêt indiscutable pour créer un livre substantiel. Il ne s'agit plus seulement de copier, il faut du discernement, du goût, du travail et de l'expérience*. »

Dans son Recueuil de la Langue et Poésie françoises, Claude Fauchet écrivait : « // n'y a si pauvre autheur qui ne puisse quelquefois servir, au moins pour le tesmoignaige de son temps » . Nous pouvons y ajouter ce que Estienne Dolet disait en parlant de ses livres : « Ce sont eulx qui donneront tesmoignaige que je nay vescu en ce monde comme personne otieuse et inutile ».

En résumé^ si nos Connaissances nécessaires à un Bibliophile apportent^ elles aussi., en cette fin

* Huet prétendait, non sans raison, que tout ce qui a été écrit depuis [origine du monde poiarait tenir dans quelques volumes, lett détails de l'histoire exceptés, si chaque chose n'avait été dite qu'une fois. On a donc lieu de croire que s'il n'y avait dans les livres que des choses originales, nouvelles, et une fois dites, la vie ordinaire de l'homme serait assez longue pour les lire tous.

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