‹ Connaissances nécessaires à un bibliophile, accompagnées de notes critiques et de documents bibliographiques recueillis et publiésChapitre 11 sur 58 · ALCESTE · texte numérisé non relu

ALCESTE

Quoyîvousauezle front de trouuercela beau? ORONTE.

Vous enfles de la Complaifartce, Nais -vous en deuie\ moins anair-, Et ne voui pas mettre en dépenfe.

Pour ne me donner que l'Eïpoir.

PH1LINTE.

-AL î qu'en termes galans, ces chofes-liibnt mifesî

ALCESTEÔ^.

Morbleu, vil Complailant, vous louez des Sottifes!

B ij

Fig. 39. — Exemple de signature (xvn» siècle) lire du volume:

Le Misanlrope, comédie par I.B.P. De Molière.

A Paris, chez Iean Ribov, M DC.LXV1I.

est pliée, chaque format prend son nom du nombre de feuillets, c'est-à-dire, on nomme une feuille in-folio parce qu'elle offre deux feuillets ou quatre côtés; la feuille in-4, quatre feuillets ou huit côtés ; la feuille in-8, huit feuillets ou seize côtés, etc.; nous répéterons qu'une feuille donne le double de pages du format cité.

« Les formats doivent, le plus souvent, leur nom aux marques de fabrique qu'ils portaient en filigrane. Les anciens papetiers s'en servirent aussi pour distinguer les formats différents*.

« Certaines de ces désignations ont subsisté :

i Par exemple, la couronne portait une couronne imprimée dans la pâte du papier; l'écu, l'écu de France surmonté d'une couronne avec des fleurs de lis; le jésus avait comme marque les initiales du Christ : IHS ; le soleil, un astre rayonnant; le grand-monde, une mappemonde; l'aigle, un grand aigle; le raisin, une grappe de raisin; etc.

« Le format carré, dont le nom s'explique de luimême, était autrefois le plus usité pour l'impression, vu sans doute le périmètre restreint de la platine des anciennes presses.

« L'interdiction de vendre les papiers et les parchemins n'ayant pas les dimensions prescrites date de 1548.

« L'in-plano comprend 2 pages ou 1 feuillet, il est destiné à ne pas être plié.

« L'in-folio, qui est la feuille pliée sur elle-même, comprend 4 pages ou 2 feuillets.

« L'in-4 est la feuille pliée deux fois sur elle-même,

* Cf. Emile Leclerc. Nouveau Manuel complet de Typographie. Préface de Paul Bluysen. Paris, Mulo, 1897, in-18.

elle comprend 8 pages ou 4 feuillets; réunion de 2 infolio.

« L'in-6 comprend 12 pages ou 6 feuillets, réunion de 5 in-folio.

« L'in-8 est la feuille pliée trois fois sur elle-même, 16 pages ou 8 feuillets, réunion de 4 in-folio.

« L'in-12, 24 pages ou 12 feuillets, réunion de 6 infolio.

« L*in-16, feuille pliée quatre fois sur elle-même, 52 pages ou 16 feuillets, réunion de 8 in-folio.

« L'in-18, 36 pages ou 18 feuillets, réunion de 9 infolio.

« Pour les formats comportant un plus grand nombre de pages, on en trouvera la liste aux impositions multiples.

« L'in-plano n'est guère employé que pour les affiches, les placards, les textes destinés à accompagner les planches, les tables chronologiques, les tableaux synoptiques, les imprimés administratifs et autres ouvrages du même genre, certains travaux de ville.

« L'in-folio est réservé pour les impressions de luxe, pour les ouvrages de recherches, que l'on consulte parfois mais dont on ne se sert pas habituellement.

« L'in-4, très usité autrefois, s'emploie pour les dictionnaires, mémoires, rapports, ouvrages scientifiques et ceux contenant des tableaux ou des opérations exigeant une grande justification.

« L'in-8 joint l'élégance à la beauté, L'usage en est fort commode et il figure agréablement dans une bibliothèque. C'est le format préféré des lecteurs en général

et des bibliophiles en particulier. Il convient à toutes sortes d'ouvrages; il tient le milieu pour les dimensions et pour les caractères entre tous les autres formats : c'est le type le plus répandu.

« L'in-12 est généralement adopté pour les classiques, les romans et autres ouvrages usuels, qui en rendent l'emploi assez commun. Quoique format dit bâtard, il est assez agréable d'aspect ; il tient le milieu entre l'in-8 etl'in-16.

« L'in-16 s'emploie pour les livres d'instruction et de récréation.

« L'in-18, d'usage fréquent, est surtout le format des romans.

« La double couronne en in-16 remplace le jésus en in-18, la grandeur du volume est la même et l'impression des quarts, demis et trois quarts se fait sans perte de papier.

« Le format des premiers livres imprimés est l'in-folio.

« Le premier in-4 connu est le Vocabularium ex quo... imprimé en 1467, par Henry et Nicolas Bechtermûntze, et réimprimé in-folio deux ans plus tard dans la même ville par le second de ces typographes ; car c'est à tort qu'on a regardé comme in-4 le Cicero de Officiis édité en 1465, à Mayence, par Fust.

« L'in-8 daterait de 1470.... Néanmoins, l'invention de ce format est généralement attribuée à Aide Manuce, qui s'en servit pour la première fois, en 1500, pour une édition des Œuvres de Virgile. Cette innovation était des plus intéressantes, aussi fut-elle accueillie avec empressement par le public; car elle permettait de faire des livres qui, tout en renfermant autant de matières

qu'un in-folio ou un in-4, coûtaient bien moins cher et, précieux avantage, pouvaient être emportés avec soi, tandis que les formats en usage n'étaient guère maniables et demandaient l'appui d'un pupitre. Le sénat de Venise récompensa Aide Manuce en lui octroyant le privilège d'employer ce format pendant dix années (13 novembre 1502), privilège qui n'empêcha pas d'ailleurs des imitateurs de s'en emparer.

« L'in-12 paraît avoir été créé dès 1470 pour les livres de piété. Il était très en vogue en France à cette époque.

« L'in-16 et l'in-24 furent mis a la mode par les Elzevier au xvnc siècle.

« Le plus ancien in-52 est YOfftcium B. Maria Virginis exécuté à Venise, en I 173, par Nicolas Jenson.

« Si l'on en croit Baillet, au xvie siècle, les livres de petit format étaient plutôt regardés avec mépris par les savants. »

Comme conclusion à tout ce qui précède, nous allons citer et reproduire quelques-unes des impositions les plus usitées *.

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