LE MANQUE DU NOM D'IMPRIMEUR, DU NOM DE LA VILLE ET DE LA DATE
Ceci est un des signes les plus importants pour déterminer les incunables. Les marques d'imprimeur méritent qu'on s'y arrête ; souvent, ce simple élément, à défaut
de tout autre, sert à définir un livre*. Certaines de ces marques sont admirablement composées ; leur dessin et leur conception sont d'un goût admirable. Parmi les plus remarquables nous signalerons celles de :
Jehan Herouf, imprimeur à Paris, 1514-1525.
Boucard, imprimeur à Paris, 1496-1551.
Josse Bade, libraire-imprimeur à Paris, 1501-1555.
Berth. Rembolt, imprimeur à Paris, 1491-1518, ainsi que celles des Aide, des Estienne, des Colline, Vascosan, Wechel, etc., etc.
Les livres imprimés par Gutenberg, ou qui lui ont été attribués, ont fait l'objet d'un travail très documenté publié par le Bulletin de la Chambre des imprimeurs typographes. Nous le reproduisons en entier, les renseignements qu'il fournit devant intéresser nos lecteurs.
« Gutenberg ne s'étant jamais nommé dans ses productions typographiques, et la majeure partie de celles-ci n'étant pas datée, il est naturel que les bibliographes ne soient pas tous d'accord sur celles qu'il faudrait lui attribuer. Cependant, sauf la fameuse Bible de 36 lignes, aucun ouvrage considérable n'était le sujet de contestations sérieuses. Mais A. Bernard a essayé de renverser toutes les notions que l'on avait sur ce sujet. Il refuse à Gutenberg toutes les impressions exécutées avec ses caractères les plus anciens de tous, ceux de la Bible de 36 lignes; il lui dénie même
* Deux libraires érudits, M. L.-C. Sflvestre el M. Pau] DHnlain. ont publié dos documents du plus haut Intérêt mit les mai des imprimeurs et dr> libraires. (Cf. Chapitre dixièmi
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE CINQUIÈME. 165 le Catholicon de 1460 (Voir fig. 156). Selon lui, dès les premiers débuts de l'imprimerie à Mayence, trois ou quatre ateliers s'établirent dans cette ville. Chaque espèce de caractère est attribuée par lui à un imprimeur différent, et parmi ces typographes, il est tenté de placer le fameux Jean, le prétendu voleur de Coster.
« Le système de M. Bernard ne semble pas, du moins, avoir été appelé à faire fortune ; il ne repose sur aucune base solide, mais bien sur des conjectures qui ne sont pas même plausibles. Il est à regretter que A. Bernard ne se soit pas cru lié par la promesse faite par lui en ces termes dans l'avant-propos de son grand ouvrage : « Mon livre est purement historique. » Ce livre, dans lequel se trouvent des parties réellement fort estimables, y eût beaucoup gagné.
« Il est inutile de parler ici de plusieurs livres sans nom d'imprimeur et sans date que l'on attribuait à Gutenberg, à une époque où l'étude des incunables était elle-même encore au berceau. Il ne peut être question non plus des Confessionalia, dont on a tant parlé, ni du Catholicon, gravé sur bois, dont l'abbé Tri thème fait mention. De plusieurs petites impressions de Gutenberg, on ne connaît qu'un seul exemplaire, ou de simples fragments. Il en est sans doute aussi plusieurs de ce genre qui ont disparu complètement.
« Voici d'abord la liste des impressions que l'on peut attribuer à Gutenberg avec presque certitude :
« I. Plusieurs éditions du Donat, imprimées avec le caractère qui servit plus tard à la Bible de 56 lignes et qui peuvent remonter à l'année 1450. Quelques Bibliothèques en conservent des fragments. Il existe aussi
des Donats exécutés avec des caractères de la Bible de 42 lignes, que Gutenberg peut avoir imprimés.
« II. Les Lettres d'Indulgence, de 1454 et 1455, de 50 et 51 lignes. Dans l'une de ces compositions, celle de 51 lignes, on voit paraître la grosse gothique de la Bible de 56 lignes (Voir fïg. 126 et 127). Dans l'autre, de 50 lignes, se trouve le caractère de la Bible de 42 lignes (Voir fig. 128). Les caractères petits et cursifs, employés dans ces Lettres, ne reparaissent plus nulle part. Souvent l'on s'est demandé ce que ces caractères peuvent être devenus. Voici une conjecture des plus plausibles : La fabrication et la distribution des Lettres d'Indulgence devaient être sévèrement surveillées et contrôlées pour empêcher que l'argent à en provenir ne fût détourné du but pieux auquel il était destiné. Dès lors, qu'y aurait-il d'étonnant que ceux qui furent chargés de cette surveillance eussent exigé des imprimeurs des caractères spéciaux et la destruction, à faire sous leurs yeux, des petits caractères, lettres et poinçons, dès que le nombre commandé d'exemplaires eut été tiré?
« Si l'on acceptait cette supposition, elle expliquerait à la fois, et la disparition des petits caractères employés, et les éditions si différentes de ces L< d'Indulgence, exécutées presque simultanément.
« III. Appel de la chrétienté contre les Turcs (en allemand), in-4° de 6 ff., exécuté également avec les caractères de la Bible de 56 lignes. C'est une esj d'almanach pour l'année 1455 (qui doit avoir paru, par conséquent, vers la fin de 1454) en rimes allemandes, et le plus ancien livre imprimé en cette langue.
« On ne connaît qu'un seul exemplaire de ce livre!
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ermpctÔA(iuou( tciwûîinir"j jugltltù doues (ti nu&ccdicin bac patu (cccwniût .]n iiofc prîi et filn ci fpûs fancu àmat .
Fig. 126. — Lettre d'Indulgence de l'édition dite de 31 lignes imprimée à Mayence dans le courant de 1454.
Vn
muttfe paulîmœ
tferana plmîlûmt abtoUnianîs tt rttmffionta m uto îtaaturtuîtf
tfmma plmant moBbnm m xmm amtuto tfaeaturtuw
Fig. 127. — Caractères de la Bible de 36 lignes employés dans la Lettre d'Indulgence de l'année 1454, édition de 51 lignes.
ntafia gaulînua
Jfmma plmîfltmt abfolutîonta tt remiflioma m mta tteanirtuhr
ff mma plrnarir rtmîflionîa în moitîa articule toaturtum
Fig. 128. — Caractères de la Bible de 42 lignes employés dans la Lettre d'Indulgence de l'année 1455, édition de 30 lignes.
ari(tofti!i ftinon titenuantni rp nrmô «:- (ttxiUtmto rrcc0 ^ttauniifr DwnONeiiiAUi nontuwwnsv! xfttcao sf£
Fig. 12*». — Fac-similé réduit «U: limage de >;iint Christophe, avec 8ouscripti(»t datée de i US (miileaimo i rtio).
(Cabinrt des estampes de la Bibliothèque nationale.)
curieux; il est conservé à la Bibliothèque Royale de Munich.
« IV. La Bible latine, si connue, de 42 lignes en 2 volumes in-folio. Elle était imprimée en 1456, comme le prouve la souscription manuscrite de Henri Albech, dit Cremer, vicaire de l'église de Saint-Étienne de Mayence, qui se trouve dans l'exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale de Paris (V. au bas de la fig\ 149).
« V. Le Calendrier de 1457, imprimé avec le caractère de la Bible de 56 lignes. Le seul fragment connu se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris.
« VI. La Bible latine de 56 lignes, ordinairement reliée en 5 vol. in-folio, souvent, mais erronément attribuée à
™ V^- e- ^\ ?r^' lBUmaïalttflinne Uro:* m tnra pair
M. A. Firmin-Didot et Çonûnîbî bon* uolûtatîe.
d'autres bibliographes Fig. 130. — Caractères de la deuxième
pensent que cette bible mble de Mayence-
parut avant celle de 42 lignes. Mais ces deux éditions volumineuses n'auraient pu être achevées en si peu d'années, de 1450 à 1 456, et cela dans un atelier d'imprimerie nouvellement monté. Le savant M. J.-Ch. Brunet, dans sa dernière édition de son Manuel, admet comme très probable que cette bible a été imprimée à Mayence.
« VII. Summa quse vocatur Catholicon, édita a fratre Johanne de Janua ordinis fr. prœdicatorum. Moguntise, 1460, in-folio (Voir fig. 156).
« En dépit des assertions contraires de A. Bernard, la majeure partie des bibliographes continueront à attribuer cette édition à Gutenberg. La souscription seule, si remarquable, de ce livre, ne permet guère de l'accorder qu'au digne inventeur de la typographie, n 22
Les trois impressions qui suivent sont exécutées avec les mômes caractères :
« VIII. Une Lettre d'Indulgence de 1461. Elle fut accordée par le pape Pie II, pour la réparation de l'église de Nuhusen (Neuhausen). Un fragment unique faisait partie de la bibliothèque du comte Razomowski, à Moscou. On ne sait ce qu'il est devenu, mais il est probablement resté en Russie.
« IX. Thomas de Aquino. Summa de articulis fidei, in-4° de 12 feuillets de 5G lignes.
« X. Matfiœi de Cracovia. Tractatus racionis et conscienciœ, in-4°, de 22 ff. de 50 lignes. Un exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale de Paris offre une souscription manuscrite très intéressante, dans laquelle il est question de Henri Keffer de Mayence. Celui-ci était ouvrier de Gutenberg, à qui il était demeuré fidèle après sa séparation de Fust, et qui, après la mort de son maître, alla s'établir comme typographe à Nuremberg.
« En 1465, l'électeur de Mayence, Adolphe II de Nassau, accorda à Gutenberg, par un diplôme qui nous a été heureusement conservé, le titre de gentilhomme de sa cour, avec tous les avantages attachés à cet emploi. Gutenberg dut alors suivre ce prince, qui résidait habituellement à Elfeld, petite ville située sur le Rhin, à quelques lieues en aval de Mayence. Ne voulant pas se séparer de son imprimerie, acquise aux frais du docteur Homery, syndic de Mayence, et probablement hypothéquée à celui-ci, il obtint la permission de la transporter à Elfeld. Gutenberg, déjà fort avancé en ne pratiqua plus alors lui-même; il en était d'ailleurs
tû torccetn imm ïorasf B ma ptfo cû toctfûraE futri fis t fais fit t fuit ïplt cûïodi lira? f futim* fîifef fiitc^ ttsiïtf Êierit tfttîopl'fq'pfcbrû îoitftfdf fitîiïe écsoT fuîOfee eêtf (uîffc ïplrcû tacdccm^C fauTttttftftîoffute fcB'srâuf fuICIêt ftico rû îort9 tro f fuèotfôf fuistftf fa rit ipiï tû îotti jfotff fiuîm? rit» i facitis ctit ut fagot Infiitttô mo fn nuîSïpfoîs tpt pnflïptito ipftQtOttï ptlto pfeb ïpHcr fiffolocKi fefftâlfefiubtoitu taJBuo pwipîa ttiûf a fibo paffio ptitû ut îort9 fiitUE utîorc&9
Fig. 131.
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Fig. ISS.
pocepnti iptâta ipftbat itgmraltgtt© Itgtttt ttplf of legroatus Itgecew luttent Prctita pfta ïjpffôpfiâ m tegttïîwltgffftalegiuenplr otlcgîffemua itgulttts legturat ifutûa ut Itgâltgas Itgat 3plf ut legaraus fe gatîslegant ifonutmua râotêptpûtitû Itgara Itgae légat ^Ktûl^ara9ltgaaali^ntîDttMoipîcûtûlt
Fig. 133.
gtcê legetes Itqzm iplr tu Itgtmmts kgteme fegttmt JDcttfto pffo eu Itgtrim legme legmt uplr tû ltgtam9 legcïit&l^anr J-toecito plurqmpfeocumltgîto
Fig. 134.