‹ Connaissances nécessaires a un bibliophileChapitre 24 sur 143 · ET ENCOLLER LES · texte numérisé non relu

ET ENCOLLER LES

LimËS

SEchapitre, nomenclature technobien plus aride que ' ceux qui l'ont précédé, n'en intéressera pas moins tous les amis des livres.

On peut diviser les taches qui salissent les livres en deux catégories :

Les taches grasses, produites par l'attoth chement des doigts, le suif, l'huile, la graisse, l'encre dTmpression, etc.

Les taches maigres, produitts par l'ean, la ponsùère, Hmmiditè, rencre, etc.

Ces deux cat^ories peaveu être snbdinsées en qoat» classes :

Tkches de raif, de itéiiiaa, de

griiite.

TachM produitti pu fcttoo-

cbement de* doign, lluiile,

l'encre d'imprimerie.

Ttchea de rouille, de boue, d«

cire i cecheter.

Tachef d'encre usuelle, d'hu-

miditf, de poueeiire.

Une grande précaution doit £tre prise pour dérelier les volumes que 1*011 veut laver ou nettoyer, afin que, une fois le lavage terminé, on ait entre les mains an exemplùre que le relieur puisse bien relier sans Être obligé de doubler le fond de chaque cahier.

Dans les volumes cousus sur nerfs, comme pour les autres volumes, on doit faire entièrement le sacrifice de la reliure de l'ouvrage que l'on veut nettoyer.Le plus modeste cartonnage vaut le meilleur remboltage.

MOYENS DE DÉTACHÉE ET DE LAVES LES LIVRES iSç

Après avoir enlevé les plats et le dos de la reliure on coupe avec attention chaque nerf du dos, Tun après l'autre, en ajrant soin de ne couper que les fils et le nerf et de ne pas atteindre le papier. Un emplâtre de colle de pâte, que Ton met sur le dos du volume ainsi dépareillé de ses nerfs et que Ton laisse ainsi cinq minutes, aide à l'enlèvement de la colle forte et par suite au débrochage du livre.

Laver un livre page par page, sans le dérelier, est impossible. On n'obtient alors qu'un affreux bouquin, tout boursouflé ; le remède est pire que le mal.

Il arrive quelquefois qu'une page seule est tachée ; il existe alors un moyen facile, pour quiconque le connaît, de retirer cette page de façon à ne pas courir le risque de couper ses voisines. C'est à M. Âlkan aîné que nous devons communication de ce petit secret; nous lui en adressons ici nos remerdments et ceux des bibliophiles à qui ce procédé pourra être utile. Le voici: On mouille un Hl que l'on fait glisser dans Tintérieur du volume sur le

finiillet qu'on veut faire sortir, et On l'en détache avec la plus grande fkciliti.

Tadmdt i»if, dtitéaiw, d» grgitta Pour enlever les taches de suif, de stéarine, de grùsse, on opfere conime nous l'indiquons à-dessous :

Faire chauffer, au moyen d'an Sa à repasser, la partie de la feuille qui est tachée, et appliquer du papier brouillard sur cette partie, à diverses reprises, jusqu'à ce qu'il s'imprègne de graisse. Ensuite on passera légèrement (sur les deux câtés de la feuille) et, bien entendu , toujours aux endroits uchés, un pinceau trempé dans l'essence de térébenthine (que l'on a eu soin de choisir bien blanche et bien fraîche), chauffée au bain-marie josqu'i rébullition. Pour rendre U blancheur au papier, laquelle a été altérée par cette opération, on appUque, partout où il y avait uche, un linge doux, imbibé d'esprit-de-vin rectifié et, comme l'essence, chauffé au bain-marie.

MOYENS DB oéTACHBR ET DE LAVES LES LIVRES l6x

Taches produites par l'attouchement des doigts

Les taches produites par rattouchement des doigts, par l'huile, par l'encre d'imprimerie, offrent plus de difficultés pour les faire disparaître.

Plusieurs auteurs ont indiqué différents procédés dont nous nous sommes servi et avec lesquels nous avons complètement réussi. Mais nous ne devons pas laisser ignorer que, dans les premiers temps, nous n'avons pas obtenu de résultats satisfaisants, et que ce n'est qu'à force de pratique et de patience que les procédés suivants nous ont entièrement réussi.

Voici ce que dit Achard au sujet de taches produites par l'attouchement des doigts:

« On peut recouvrir la feuille tachée, aux endroits crasseux, d'une couche de savon blanc en gelée, et on la laisse dans cet état pendant quelques heures. Il est rare que, en la frottant ensuite avec un blaireau très doux ou avec une éponge trempée dans l'eau chaude, toute la crasse ne soit

pas entraînée, surtout quand le papier est lisse et sans ècorchore.

€ Si le sftvon en gelée ne suffit pasion le remplace par te savon noir; m»îs on le laissera peu de temps sur le noir d'impre»don. On peut enfin recourir au chlonuc et chaux (appliqué en bouillie) ou aux Bolntions alcalines affaiblies. En tous cas^ après ces tentatives (qui amènent toujours un grand résultat), on trempera l'estampe (ou le feuillet) dans l'eau acidulée, puis on la laissera quelques heures dans un bain d'eau pure. »

Pour les taches d'huile, outre le procédé de Achard, ci-dessus, et qui peut leur être également appliqué, on procède de la manière suivante:

Savon une livre.

Argile neuf onces.

Chaui vive deux oncea.

Mêler le tout avec de l'eau, de façon à former une bouillie, ni trop liquide ni trop épaisse, et l'appliquer sur la tache; un

MOYENS DE DÉTACHER ET DE LAVER LES UVRBS l63

quart d'heure après, tremper la feuille dans un bain d'eau chaude, l'y laisser une demiheure, la retirer et la faire sécher.

Taches d'encre d'imprimerie

Dans l'enlèvement des taches produites parle maculage ou par l'encre d'imprimerie, — l'emploi de la gomme pour dissimuler l'accident du maculage n'a d'autre résultat que de rendre l'impression illisible.

Au contraire, l'emploi d'un petit morceau de pain frais, avec lequel on frotte légèrement sur l'endroit sali, après avoir eu soin de changer le pain au fur et à mesure qu'il se salit, donne de bons résultats. C'est encore un secret que nous devons à l'obligeance de M. Alkan.

Jusqu'à ce que l'on puisse enlever complètement ces taches, procédé que nous nous empresserions d'indiquer dans nos « Miscellanies Bibliographiques » , on peut dire qu'un ouvrage maculé n'a aucune valeur, et nous conseillons aux bibliophiles de n'en faire acquisition à aucun prix. Si bon marché qu'il puisse être.

164 COIiNAIIIAIfCM irfcmAIKKI A

un livre dans un tel état est toajoun trop cher.

Va éditeur parisien, àla findesoncaliF logue, dans un sage 1 ains aux HbliophiUs sur le maculage des livrai, leur a réitère la recommandation que nous leur avions fidte dis la première èditioa des Coimaùsanea nkessaires, c*es^i•dire d'attendre deux ans au moins avant de Ëtïre relier les livres nouveaux, ou dans le cas contraire, exiger du relieur qu'il les interfolie de papier serpent.*

TACHES MAIGRES Tachet de rouille

Par taches de rouille nous entendons parler des taches produites par le jaunissement du papier fabriqué à la mécanique.

On peut appeler ces taches, taches de rouille, puisqu'elles sont dues, non à une altération de la matière ot^anique, mais k du peroxyde de fer. Ces taches persistent

* Ui(1m relieur*) y mettent du papier lerpenl, ■fin que le texte ne soit pai gâté par Is maculage, (LBRrf, La Reliure, page i5i.;

MOYENS DE DETACHER ET DE LAVER LES UYRES t6b

en présence des liqueurs alcalines, tandis que les liqueurs acides les dissolvent rapidement. Nous ne nous occuperons pas de la formation des taches rondes qui se trouvent au milieu des taches jaunes ; ce phénomène de cristallisation rentre trop dans le domaine de la science, que nous ne voulons qu'effleurer ici.

L'emploi de l'eau de javelle étendue de deux fois son volume d'eau fait disparaître ces taches.

Cette opération, si simple qu'elle paraisse être, présente assez de difficultés dans son exécution pour que nous cro3rions devoir en parler plus longuement.

Tout d'abord on doit se procurer une presse et une bassine dont nous allons donner les descriptions.

La presse la plus commune — en bois — est celle qui remplit le mieux le but. La bassine doit avoir de 0,80 à i mètre de long ; en tous cas, la largeur de la presse, entre les deux montants, doit être au moins égale à la plus petite largeur de la bassine, — de façon que l'on puisse placer sous

■66 coHNAiMANCn h£c(1S4iiiu a presse les feuilles contenues dans cette bassine sans avoir besoin de les déplacer. Cette bassine doit avoir, dans un des quatre angles inférieurs, une ouverture, ou mieux, un goulot qui se ferme par un bouchon. Après avoir laissé tremper les feuilles pendant une demi-heure environ dans l'eau de javelle (étendue, comme nous l'avons dit plus haut, de deux fois son volume d'eau), on met la bassine sous la presse, et au moyen de billots, — dans le cas où les feuilles ne forment pas une hauteur assez grande pour que le plateau de la presse puisse les atteindre sans abîmer la bassine, — on forme une élévation entre les feuilles et le plateau de la presse, puis on met sous presse. Par le moyen de l'ouvenure pratiquée à la bassine, on écoule le liquide dans un vase quelconque. Une fois le pressage opéré de façon que les feuilles ne contiennent que !e moins de liquide possible, on les met dans une autre bassine remplie d'eau ; et, au bout d'une heure, on les remet sous presse comme il est indiqué ci-dessus. Cette seconde opé-

MOYENS DK oéTACHER KT DE LAYER LES UVEES 167

ration doit se faire de deux à trois fois ; elle est nécessaire pour que le papier conserve le moins possible l'odeur de l'eau de javelle.

Après ces diverses opérations de lavage et au sortir de la presse, les feuilles doivent être étendues à l'ombre et dans un endroit sec. Ordinairement, le nombre des feuilles à étendre -ensemble, c'est-à-dire l'une sur l'autre, dépend de la force du papier ; c'est à l'opérateur de s'en rendre compte. On se sert, pour l'étendage de ces feuilles, de cordes en crin* disposées à une certaine hauteur et sur lesquelles on place les feuilles à califourchon au moyen d'une planche fixée verticalement au bout d'un manche quelconque, assez long pour que l'on puisse placer les feuilles sur les cordes sans aucune difficulté et sans crainte de déchirer le papier.

Une fois les feuilles séchées, et si l'on veut faire un bel exemplaire du livre que

* Quelques personnes emploient les cordes faites avec de la filasse de chanvre. Ces cordes ont rinconvénient de se pourrir très vite et, ce qui est pire, de tacher les feuilles que l'on y place. '

l'on lave, on doit lui Êûie subir une autce opënaou 2u moyeu de l'encollage. Nous indiquons plus loin quelques procédés d'cocoUage k dund et à froid.

Taduidt h<mt

Les taches de boue cèdent à une gelie de savon étalée élément sur les endroits tachés. Une demi-heure après, on trempe la feuille dans l'eau pure, et, au moyen d'un blaireau bien doux, on détache le savon, qui, en partant, entrdue la boue avec lui.

Taches de cire à cacha»

Les taches de cire à cacheter cèdent i l'emploi des procédés indiqués plus haut pour les taches de suif, de stéarine et de graisse.

T'ocftcf cancre usuelle

Un grand sombre de procédés sont connus pour l'enlèvement des taches d'encre. Kous n'indiquerons que les deux qui nous ont paru offrir le moins de difficultés dans l'exécution.

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