‹ Connaissances nécessaires a un bibliophileChapitre 29 sur 143 · MOYENS DE DETACHER ET DE LAVEE LES LITRES · texte numérisé non relu

MOYENS DE DETACHER ET DE LAVEE LES LITRES

petites parties, puis on laisse bouillir le tout jusqu'à ce qu'il soit diminué de moitié ; et, pendant qu'il bout, on y met deux deniers de sel ammoniac pulvérisé.

Pour préparer maintenant le mordant, on prend, de la composition sèche que nous avons indiquée, la quantité que l'on juge suffisante ; on verse dessus à peu près le double de la colle ou autant qu'il en faut pour couvrir la quantité employée.

On agite fortement le mélange dans un vase dont la capacité est plus que suffisante pour le contenir, et on le laisse reposer encore quarante-huit heures.

Pendant cet espace de temps, on remarque dans le vase une espèce de fermentation, qui se renouvelle quelquefois à trois ou quatre reprises et augmente le volume de la matière; c'est pourquoi il faut avoir la précaution de prendre le vase d'une capacité suffisante.

La fermentation terminée, il se forme un sédiment et il surnage une matière jaune, liquide, qui semble être de l'huile. On détache cette matière et on l'enlève avec

une cnillèr, afin de rendre moins liquide le veste do mélange qoi est le mordant destiné àtecevoirl'or.

Le liquide sipart se garde dans un vase Uen fermi; cm s'en sen pour donner on rendre an mordant la baUtt de couler snr la plume, comme le demande l'opération.

Lorsqu'il s'agit de fiûre des traits subtils, le inordant doit avoir la fluidité de l'encre ordinaire; lorsqu'au contraire on a de ^andes lettres à fuie, il est bon do le rendre plus épus; mais, dans tout cas, il est nécessaire que le mélange coule avec &cilité, et cela s'obtient en ajoutant une seule goutte de âel.

On comprend facilement qu'au moment où Ton se sctt de ce mordant il est nécessaire de l'agiter avec une spamle, avant d'y tremper la plume ou le pinceau, avec lequel on veut faire l'opération sur le papier ou le parchemin où il laisse des traits lisses et clairs qui sèchent lentement.

n ne faut pas attendre le dessèchement complet pour y appliquer l'or, parce qu'il ne s'attacherait pas aux ezuémités des

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traits ; mais il faut cependant que ces derniers ne soient pas trop frais, ce qui pourrait défigurer le travail.

Le moment le plus convenable pour l'application de l'or est quand on voit le mordant commencer à perdre la clarté de sa fraîcheur ; on jette alors sur les traits un peu de fleur de lys et on y applique la feuille d'or qu'on presse avec un coussinet bien doux.

Il est nécessaire d'appliquer une seconde feuille sur la première, pour remplacer les vides que celle-ci aurait pu laisser.

Enfin, lorsque le mordant est parfaitement sec, il brunit, et on obtient un travail solide et beau, qui n'est pas inférieur à l'ancien s'il ne le surpasse pas.

On prépare un autre mordant avec bien plus de facilité mais il est moins parfait.

On prend une quantité convenable de blancs d'œuf et on ajoute par œuf trois deniers de sel ammoniac et autant de sucre cristallisé en poudre.

On laisse ce mélange pendant quelque temps dans un vase de verre.

Le blanc d'œuf perd m consisuace namielle, et alon il est £udle de le passer par on morceaa de toile, et aprts par une fêoiUe de papier.

On ajoatt k cela encore une petite dose de coDé de pmsson et on lui donne da corps par les ingré^ents secs indiqués d-dessoi.

L*nne et l'autre compositioQ servent à &iie des dorures âezibles sur le patner et sur le parcbemiu.

Qpand le parchemio est d'une mauvaise qualité, comme l'est ordinairement celui que l'on prépare maintenant, il faut avoir la précaution d'employer plus de colle dans le mordant et de laisser le parcheoiin séjourner vingt-quatre heures dans une dissolution aqueuse d'alun; après que» on l'étend sur une uble pour le sécher, ayant grand soin de ne pas l'endommager en aucune manière.

Quand il est parfaitement sec, on met dessus une feuille de papier, sur laquelle, et non pas sur le parchemin, on passe, en appuyant fortement avec un polïssoir d'agate ou d'ivoire bien lisse.

UOTBNS DE D^TACHBK BT DB LAVER LIS UVRBt I9I

RESTAURATION DES PIQURES DB VERS, DES DÉCHIRURES ET DES CASSURES DANS LE PARCHEMIN ET DANS LE PAPIER.

Jusqu'ici on a fait, on refait les lettres dorées ou arabesques sur les livres de papier ou de parchemin; il s'agit de restaurer également les parties g&tées ou rongées par l'humidité ou d'une manière quelconque.

Pour cela on cherche, dans une quantité de morceaux de parchen^n, celui dont l'épaisseur, la couleur, etc., approchent le plus de celui qu'on veut réparer.

Ce morceau doit toujours être plus grand que la partie qu'il s'agit de resuurer.

L'un et l'autre se coupent en sens opposé avec un fer tranchant et d'une forme convenable.

Après cela, il faut avoir une colle d'amidon mêlée avec une de colle de poisson et de chaux de coque d'œuf pulvérisée, pour

19s COMUAlHMtCB* nfCMUlMU A UN Hiuoriuu

donner au mélange la conùstance d'un onguent tendre.

On étend de cette p&te le^moins possible sur les denx morceaux, le vieux et le neuf, et sur-le-champ on applique l'un sur l'autre.

On m« ensiûte la partie raccommodée entre deux morceaux de toile fine, et on la porte soos une presse, où on la laisse jusqu'i ce que les jointures aient un peu séché; après quoi on les presse avec un couteau d'ivoire, afin que les deux morceaux se pénètrent mutuellement.

Quand la partie réparée est presque complètement sèche, on la place entre deux feuilles de papier, sur lesquelles on passe, en tirant les jointures et en rasant, une baguette d'ivoire pour rendre la surface aussi unie et aussi pbne que possible.

Si l'on fait tout ceci avec l'attention et l'adresse que cette opération demande, on ne reconnaîtra plus la partie que l'on a soi-même restaurée.

On répare encore avec la même facilité, mais de deux manii^res difi^érentes.

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les livres et les estampes de papier : Tune consiste à unir et à ajuster les marges ; l'autre se fait par la superposition, comme on a enseigné de le faire pour le parchemin et les membranes.

Cette seconde manière, qui est moins élégante, s'emploie seulement lorsque le papier est trop déchiré et trop faible pour permettre l'insertion.

La première est toujours préférée lorsque le papier est assez ferme, car cette manière est bien plus élégante et moins visible.

Pour effectuer la réparation avec le moyen indiqué ci-dessus, qui est le meilleur mais le plus difficile, on choisit Sabord un morceau de papier semblable à celui de la page que Von veut réparer y et quant à l'épaisseur, et quant au grain et à la couleur; et, si la couleur n'est pas semblable, on parvient facilement à la rendre telle en trempant le papier dans une préparation convenable.

On coupe de ce papier un morceau de la grandeur et de la forme justes de la partie à raccommoder.

Ceci, quelque difficile qu'il semble, se bit aisément en mettant le papier choià sor la paitie endommagée et ayant senlemeot s(nn de le placer sor la direction de ses rides on de ses raies.

Après cela, on ait avec on tire-marge on nne plume trempée dans t'ean de gomme le contour de la partie endonnn*gée, quelque iiT^ulière qu'elle soit.

Od met de suite ce papier chmd, ainsi dessiné ou trempé, avec le contour nécessaire, sur une table et, en tirant soigneusement dans tous les sens les extrémités des morceaux, on en sépare tout ce qui se trouve de superflu k l'enrour.

Le morceau reste, de cette manière, nonseulement de la forme et de la grandeur voulues, mais encore entouré de filaments ou de poils, qui aident singulièrement à le coller sur le papier, à raccommoder et h. bien joindre les deux papiers.

Pour coller le morceau nouveau sur le vieux, on s'y prend absolument de la façon déjà indiquée pour les véltns.

Il est inutile d'observer que la réparation

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des livres imprimés est, à cet égard, la même que celle des manuscrits; parce que ces livres sont ou de papier ou de parchemin.

PROCÉDÉ POUR RENOUVELER UNE ESTAMPE ET LA TRANSPORTER d'uNE FEUILLE SUR UNE AUTRE.

Quoique l'encre d'imprimerie soit inattaquable aux oxygènes, on peut l'enlever du papier au point de porter une taille-douce d'une feuille sur une autre, comme on transpone également les peintures à l'huile d'une toile sur l'autre.

Ce procédé pouvant faire partie des réparations, puisqu'il arrive quelquefois que l'on veuille suppléer une partie d'estampe défectueuse, je vais llndiquer en peu de mots.

Ce procédé, pour transporter les peintures à l'huile, consiste à coller une feuille

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en toile, avec la gélatine sur la face de la peinture, et à mouiller de suite, avec de l'esprit de térébenthine, l'envers de la mime pnnture pour en amollir l'empreinte. Lorsque l'on sent que l'empreime s'est diuchée de la toile, on enlève doDCement un bord, et en continuant on lasipare entièrement de la peinture.

On applique de suite, sur l'empreinte fraîche et tendue encore, la nouvelle toile qu'on a préparée d'avance; elle s'y attache légèrement, et on k laisse pendant quelque temps sans y toucher.

Qjiand l'empreinte a repris de la fermeté, on mouille avec de l'eau chaude, la toile ou le papier collé sur la peinture, dont il se détache sans l'endommager en rien.

Voici la manière de renouveler une feuille d'estampe ou d'en transporter l'empreinte, qui du reste se trouve en sens contraire, à moins que l'on répète l'opération, ce que l'encre ne supporterait pas.

On prépare d'abord une lessive avec léS parties d'eau, 48 parties de cendre pure de sarment ou de cbène, 10 parties de

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