‹ Connaissances nécessaires a un bibliophileChapitre 95 sur 143 · VII. Histoire naturelle · texte numérisé non relu

VII. Histoire naturelle

Vni. Plans de villes et Cartes de géographie.

IX. Dessins et reproduction de peintures. X. Portraits,Frontispices, Vignettes,etc.

Chacune de ces divisions est classée par école et dans chaque école, par ordre alphabétique des noms d'artistes.

Quant à la classification des Manuscrits dans une bibliothèque, s'ils ne sont pas très nombreux, on doit d'abord les diviser par langues, ensuite classer les Manuscrits de chaque langue par ordre chronologique. Mais si le nombre s'en trouvait trop considérable, il nous semble, a dit Namur, qu'après les avoir divisés par langues, on pourrait pour chaque langue, les classer

par ordre de matières, suivant le sj'Stème bibliographique adopté ; puis les ranger pour chaque matière par ordre chronologique.

Ils sont ordinairement classés d'après l'ordre de parenté qu'ont entr'elles les différentes langues, par exemple :

1° En manuscrits orientaux, 2" — occidentaux,

a. — grecs,

/'. — romains,

c. — celtiques,

d, — écrits dans les langues

provenant du mélange

des dialectes celtiques

avec la langue romane.

Les traductions des Manuscrits doivent

Ctre placées à la suite de leur original.

DES CATALOGUES DE LIVRES

jTiEN de plus facile à faire qu'un mauvais cacalogue ; rien de moins facile que d'en faire un bon. Aussi les meilleurs sont-ils imparfaits, et quand les abbés Boudot et Sallier mirent au jour le premier volume de leur cata* . logue des imprimes de la Bibliothèque du Roi, l'abbè Saas publia une lettre sur les fautes, omissions, etc., de ce volume en annonçam dix autres lettres qui n'eussent pas encore suffi pour réparer les errata et les addenda.

Quand Guillaume de Bure et Van Praet eurent achevé le catalogue des livres les plus précieux du duc de La Vallière, l'abbè Rive se vanta de découvrir une ânerie (suivant son expression) dans chacun des articles de ce catalogue, qui en comprend S.ooo; quand Barbier donna au public tes deux premiers volumes de son admirable Dictionnaire, quand Brunet fïtimprimer le sien, les épluchcurs s'empressèrent d'y chercher et d'y trouver beaucoup à reprendre ; c'est surtout en bibliographie que La critique est aisce et l'art est difticite. '

Beaucoup de personnes, à l'exemple de l'abbé Rive, veulent souvent relever des erreurs, ce qui est facile; mais, en voulant faire preuve de trop de savoir, elles tombent elles-miïmes dans des méprises fort graves.

Un catologue bien fait nous apprend à connaître le mérite, la rareté et le prix des éditions; et les descriptions qu'on en

DBS CATAL00UB8 DE LIVKBS 89

donne servent à distinguer et à coUationner les exemplaires d'un ouvrage.

Au reste, qu'on dise tant que l'on voudra, que les catalogues de livres ne mènent pas à de grandes découvertes, je répondrai à ceux qui me font une pareille allégation (disait l'abbé Rive, dans son style peu parlementaire), qu'ils ne sont que des esprits bornés, et qu'en conséquence leurs travaux doivent l'être.*

* Il n*y a qu'à renvoyer ces esprits bornés à répître dcdicatoire, que Maittaire a mise à la tête du i*' tome du Catal. Biblioth. Harleianœ, etc. (Londini, apud Thomam Osborne, M.DCC.XLIII.,

in-8», 5 vol., p. 2) Intelligunt, dit-il, periti et

accurati Scriptores, quantum horum cognitio (levions utcunque momenti esse videatur) conférât ad veritatem in quœstionibus aliquando literariis inveS' tigandam et confirmandam : quantique idcirco tiftersitf omni accuratione uti in construendis iis Catalogis ; quorum flde unica rei controversiœ veri» tas constat.

Voilà comme pense sur les catalogues un vrai savant. C'est parce qu'il sent parfaitement tous les avantages qu'on peut en tirer, qu'il est pénétré de leur importance et de leur nécessité. Il les regarde comme des procès-verbaux littéraires, qui servent à décider une infinité de questions qui s'élèvent sur la Bibliologie, et il exhorte ceux qui les dressent à ne rien négliger pour les rendre le plus rigoureusement exacts.

CONNillSSAHCEÎ k£cESSAIHE£ A UN BlBUOpmUE

Alitant un catalogue bien fait, rédigé avec soin, est intéressant et est regardé comme un ouvrage utile, autant un caïak^e (]uî n'est qu'une sèche nomenclature âe titres, sans renseignements capables d'augmenter son utilité et le plaisir avec lequel on pourrait le consulter, est dépourvu d'intérêt.

Peu de personnes se rendent compte de ce que vaut un catalogue intéressant « quel plaisir éprouve un véritable bîblioptdle en l'étudiant.

Un catalogue ! Est-ce la peine de parler d'un catalogue ? Pourquoi pas, si ce catalogue se recommande à l'attention de tous les gens de goût par la beauté et la rareté des livres qui le composent ; s'il intéresse tous les bibliophiles, depuis ceux qui n'ont des livres que pour en parer les armoires d'un cabinet, jusqu'à ceux qui ressentent un plaisir délicat, une volupté secrète à lire un ouvrage excellent dans un exemplaire d'une condition parfaite, pur de tout défaut et rappelant par sa reliure ou par ses armoiries, si c'est un vieux livre, les con-

DES CATALOGUES DE LIVRES gi

temporains de sa première publication, le grand Condé ou Madame de Sévigné, qui l'ont touché de leurs mains peut-être ! si enfin la bibliothèque qui va être vendue et dispersée appartenait à des possesseurs d'un discernement sûr, à des hommes dont le nom honorable se lie à l'histoire de la bibliographie tout entière ? s'écriait Silvestre de Sacy dans un mémorable article à propos de la vente de la bibliothèque de J. J. De Bure/

Un catalogue est pour ainsi dire le nec plus ultra d'un libraire et d'un bibliographe, c'est le travail le plus difficile, le plus épineux de tous ceux dont ils peuvent se charger, parce qu'il exige l'usage de toutes les connaissances qu'ils ont acquises, et que c'est la pierre de touche à laquelle on reconnaît le degré de leurs talents ; le temps et un travail opiniâtre peuvent seuls conduire au point d'instruction nécessaire pour s'en tirer avec honneur.

Toute bibliothèque, toute collection,

* Journal des Débats, 25 février i853.

i NÉCESSAIRES A

disait Du Mersan, sans un bon catalogue n'est qu'un magasin inutile, un a.mis de richesses dont on ne peut pas faire usage et qui dès lors sont sans valeur.

Depuis quelques années, les catalogues se rédigent avec plus d'étendue qu'autrefois ; on y ajoute des notes bibliographiques qui renferment souvent des particularités peu connues ; on décrit avec soin les éditions rares ; on examine attentivement les livres qu'on enregistre.,.. Lorsque les no:es du catalogue esaltent la rareté ou le mérite extraordinaire d'un livre, il faut parfois ne point y ajouter une foi entière. Il y a des exemples d'éditions indiquées comme inconnues, et qui étaient déjà signalées par des bibliographes; il arrive aussi de temps en temps que les désignations de beaux exemplaires ne se trouvent pas rigoureusement exactes. M. Renouard en cite un exemple : un livre ancien porté au catalogue La Serna Santander comme très bel exemplaire se trouva taché, rapiécé, trop rogné. Cet amateur distingué a pu dire avec raison : « Ce que le rédacteur

DES CATALOGUES DE LIVRES 93

d'un catalogue de livres à vendre ajoute à l'indication des titres, pour faire ressortir le mérite des ouvrages sur celui des éditions, n'est pas toujours favorablement accueilli par l'acheteur éventuel ; il semble que chacune de ces notes soit une attaque dirigée contre la bourse du bibliophile. Chacun voudrait savoir que tel objet est à vendre, mais à condition, pour ainsi dire, que tout autre le sût le moins possible. C'est ce qui fait qu'ordinairement les connaisseurs ne manquent jamais d'une certaine indulgence pour les mauvais catalogues de bons livres ^ dans lesquels les titres, les noms sont estropiés et à peine reconnaissables. »

Lorsqu'un bibliophile se décide à faire imprimer le catalogue des livres qu'il a réunis, lorsqu'il joint à cet inventaire des notes instructives, des renseignements curieux, il rend à la science de véritables services, il se procure en même temps un plaisir des plus vifs. Après la satisfaction de former une collection choisie, y a-t-il jouissance plus délicieuse que celle de pouvoir

94 CONNUISSUfCIS NÉCeSEAIItEB A

en parler ? S'agit-il d'un ouvrage prècieœt» i convoité, vous dites : Je l'ai ; vous raconter avec bonheur comment il est venu en vo» mains, vous ènumérez les qualités qu'il présente. Il n'est guère de passe-temps plus agréable. Il faut pourtant l'avouer, les catalogues du genre de ceux que nous signalons sont fort rares. C'est par centaities qu'on pourrait nommer les catalogues pu« * bliés à l'occasion d'une vente; ceux qui ont été mis au jour par des propriéuires qui n'avaient point en vue la dispersion immédiate de leur cabinet, ne composent qu'un tout petit groupe. Quel est l'ami des livres qui ne connaît le Catalogue d'un amateur dressé par M. Renouard, et celui de M. Leber. Heureux celui qui possède la Bibliotheca Grmvilliana , relevé de ce que renferme une collection d'élite qui, grâce à un legs prévoyant, est entrée tout entière au Musée britannique, et qui, riche en volumes d'une rareté unique, avait coûté, dit-on, un million et demi.

Gustave Brunet,à qui nous empruntons les diuùls ci-dessus, a doimé, dans son Diction-

DIS CATALOOUBS DB LIVME8 gS

naire de Bibliologie Catholique, de nombreux et curieux renseignements sur un grand nombre de catalogues intéressants. C'est dans les catalogues de livres, dit-il, que le bibliographe trouve les ressources les plus importantes et les matériaux qu'il met en œuvre, avec circonspection toutefois, car rien ne supplée à l'avantage d'avoir autant que possible, sous les yeux, les ouvrages dont on parle. Après tout, comme il n'est donné à personne de tout voir, des inventaires bien faits et surtout lorsqu'ils sont accompagnés de notes, sont très utiles, pourvu que les notes soient exactes, et ne soient pas, ainsi qu'il arrive trop souvent, dictées par un but de spéculation.

Il faut reconnaître d'ailleurs que la tâche d'un catalogographe scrupuleux est hérissée de difficultés toujours renaissantes et qu'elle exige un savoir encyclopédique.

D'abord se présentent les noms d'auteurs transformés , métamorphosés. Quelques écrivains se sont travestis à la grecque; ainsi Schwarzed, Reuchlin, Holtzman, Hausschein et Trepassi sont devenus Me-

lonchton , Capnîo , Xylander , Œcolampadc et Métastase. Un maître d'école de Saint-Dié, au pied des Vosges, Waldseemuller, le premier qui ait donné !e nom d'Amérique au monde nouveau qu'avait découvert Colomb, s'est changé en Hylucomylus. N'est-on pas en danger de tomber en des méprises bien naturelles si l'on ignore que Giovanni Vitiorio de Rossi, 1 Johannes Vîctorius de Rubeis et JannS Nicius Eiythrœus, ne forment qu'un seul et même individu. Parfois on iatinise un nom propre ; Bevilacqua se mue en Abstetntus , Torquemada en Turrecremata, Smidt en Vulcanius , Léger Duchesne en Leodegarius à Quercu ou Qjierceunus, Van der Bycken en Torrentîus. Tantôt c'est une désinence plus harmonieuse qui viendra faire Dousa de Van den Does, Audeonus de Owen , et Volusenus de Wilson.

Quelques bibliophiles de l'ancienne école, tels qu'Antonio et Fabricius, avaient eu l'idée de ranger les auteurs d'après leurs surnoms; on ne sait pas toujours

DSS CATALOOUBS DB UVmiS 97

quel est le surnom d'un homme célèbre » on ignore complètement celui d'un écrivain obscur, aussi cette méthode, source intarissable d'embarras, est-elle à jamais et justement proscrite. D'ailleurs elle présentait dès l'abord une difficulté sérieuse ; Jean, par exemple, devenant aussitôt John, Giovianni, Ivan, Juan, Joao, Hans, Johannes, Gilles et iEgidius, devaient-ils être unis ou séparés ?

Nous ne dirons rien des noms orientaux; à leur égard tous les savants en Europe s'accordent pour les écrire chacun à sa guise. Mahomet ou Mohanmied s'orthographie de vingt-^inq façons diflfèrentes.

Parlerons-nous des écrivains qui ont jeté sur leur nom le voile assez peu transparent parfois d'un mystère qui empêchera longtemps le bibliographe de goûter les douceurs du sommeil. Les uns ont recours à l'anagranmie : un bouquin qui roule ^ur l'alchimie cache le nom de son auteur sous ces mots : Divi lescbi genus amo; un de nos amis réussit à trouver là-dessous, mais

ç8 coHmiiitncKi f&cEf,SM non sans peine, Michael Sendivogius, et il cm la douleur d'apprendre qu'il avait découvert ce qu'un autre Œdipe avait deviné avant lui*.

Le catalogue d'une bibliothèque riche ei volumineuse, surtout celui à l'usage d'une grande cité, doit offrir tous les ouvrages qu'elle renferme et qui peuvent servir à l'instruction de diverses classes, à l'étude de toutes les professions, i l'exercice de tous les arts. Il doit non-seulement apprendre aux lecteurs les remarques littéraires, les singularités bibliographiques, les anecdotes sur la vie des auteurs, les observations sur la rareté, le succès ou la condananation de leurs écrits ; mais il dok servir encore de guide pour tous les objets de recherches et entrer dans les détails de tous les objets des travaux de l'esprit humain.

Les titres des livres doivent être pris avec la dernière exactitude en ayant soin d'évi-

* G. Bruaet. Quelques mots au sujet des diffieultiï que présente la catalogographie iBulUtin dv fiJ*Ho/Ai7*), Paru, i85i>.

DVS CATALOOUBS DB LIVXBft ^

ter autant qae possible, les fautes qui se glissent si facilement dans les chiffires qui indiquent les années, et dont la moindre inexactitude est de grande conséquence.

A la suite des titres on doit donner une explication bibliographique et la descrip* tion de ces mêmes livres.

La première sert à instruire de leur singularité et de la qualité de leur rareté plus ou moins considérable, avec la manière de distinguer les éditions primitives ou originales, d'après celles qui auront été ou mutilées ou contrefaites, sur la même date et sous le même format.

La seconde n'est simplement qu'une description particulière, mais exacte, du composé des volumes, laquelle, toutefois, n'a lieu que quand l'ouvrage en vaut la peine. Elle indique le nombre des feuillets ou des pages, et en spécifie exactement les premiers et les derniers, qui, faisant pour l'ordinaire et presque toujours une partie séparée, pour ainsi dire, du volume, sont fort sujets i manquer dans la plupart des exemplaires et rendent pour lor$. un livre

s NfCESïltRES A UN BWUOPHILB

imparfait, sans que l'on puisse s'en apercevoir.

La perte de ces derniers feuillets peut donner lieu à quantité d'éditions primilives, caractérisées de ce titre : Edilio vcias, absque loeo et anno, puisque les dates des années ont coutume de se trouver dans ces parties de feuillets séparés et hors de rang, qui, venant à manquer dans les exemplaires qui se rencontrent, défigurent rédirion *, et la rendent (sinon &Bsse),

* On entend par le moi édition, dit Nimur, l'impression et la publication d'un manuscrit; et la totaliié des exemplaires que l'on tire avec les même* planche* *e nomme }>r«int'^re édition. Lorsque tous les eiemplairca d'une première Wition sont fpuisja, on les rtimprime, soii avec des changements, soit sans changements. Cette réimpresaion se nomme seconde édition. On peut multiplier les éditions i l'infini, anit à raison du débit rapide, aoit à raison de la perfection dont on croit l'euvragc susceptible. On appelle édition prirtcept, celle qui paraît la première d'un ouvrage. Il 7 ■ aussi des éditions clandestines qu'on nomme coutre/tutioru ou contrefaçons. Ces éditions sont celles qui se font dans le secret et sans le conten» tement Ab l'auteur, du libraire ou imprimeur, seuls autorités k publier cet ouvrage. Ces réimpressions sont souvent la cause de la dépréciation d'un livre; car il est certain qu'une nouvelle édi-

DBS CATALOOUIS DK UTUS ICI

du moins d'une annonce vague et incertaine.

n est aisé de voir un exemple de ce que nous avançons, dans les exemplaires mutilés des deux éditions dififérentes du Poli-phili Hypncratamachia, imprimé à Venise^ par les Aides, en 1499 et en 1545, que Ton ne peut alors distinguer, et que Ton a vouluj^ pendant longtemps, faire passer pour une édition de Trévise, de Tannée 1467, ayant été annoncée et caractérisée telle dans plusieurs catalogues qui ont paru successivement au xvm* siècle.

Eu égard aux dififérentes recherches, il est nécessaire d'établir dififérents ordres

tion des œuvres d^un auteur, lorsqu*eUe est mieux exécutée ou plus ample que celles qui l'ont pré* cédée, doit faire tort à l'ancienne et produire une baisse dans son prix, quand même elle ne lui serait pas .supérieure.

Le mot éditeur appartient à celui qui publie, fait imprimer et dirige lUmpression d'un ouvrage dont il n'est point l'auteur. Pour être un bon édi" teuTy il faut réunir à beaucoup de goût des connaissances très étendues; bien choisir un ouvrage, le présenter dans son jour, le plus favorable, le perfectionner, l'enrichir de bonnes réflexions et de savants commentaires, s'il y en a besoin, etc.

VaUOTHJUt ^^^

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lOZ CO!(KjlISS<tNCE& NÉCESUIKES A IIM BIB1.IOmiU(

dans la classification des livres;

ordre quelconque, l'ordre alphabétique

exemple, peut convenir à une partie, sans

pouvoir s'effectuer pour une autre.

H sera donc nécessaire :

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