‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 105 sur 309 · BONIFACE CONSENT A UNE TRÊVE · texte numérisé non relu

BONIFACE CONSENT A UNE TRÊVE

dressement si Tempereur lui eût fait aucun tort. Et le marquis se disculpa fort, et dit qu'à cause du tort que Tempereur lui avait fait il avait agi de la sorte.

286. Geoffroi le maréchal de Giampagne travailla tant, avec Taide de Dieu et des barons qui étaient du conseil du marquis, de qui il était fort aimé, que le marquis lui assura qu'il s'en remettrait au doge de Venise, et au comte Louis de Blois et de Chartres, et à Conon de Béthune, et à Geoffroi de Ville-Hardouin le maréchal, qui savaient liien leurs conventions à eux deux. Ainsi fut faite la trêve de ceux de Tannée et de ceux de la cité.

287. Et sachez que Geoffroi le maréchal et Manassès de Tlsle, au retour, furent bien volontiers vus de ceux de Parmée et de la cité, qui voulaient fort la paix des deux parts. Et autant en furent joyeux les Francs, autant en furent tristes les Grecs ; car ils eussent voulu bien volontiers la guerre et la brouille. Ainsi fut levé le siège d' Andrinople ; et le marquis s'en retourna en arrière au Dimot avec toutes ses gens, là où l'impératrice sa femme était.

UCIV. Message des croisés à Baudouin. Mort de plusieurs chevaliers*

288. Les messagers s'en revinrent à Constantinople, et racontèrent les nouvelles de la façon qu'ils avaient agi. Le doge de Venise et le comte Louis de Blois et tous les autres eurent bien grande joie de ce qu'il s'en était remis à eux de la paix. Alors ils prirent de bons messagers, et écrivirent une lettre, et envoyèrent à l'empereur Baudouin ; et lui mandèrent que le marquis s'en était remis à eux, et qu'il s'y était bien obligé ; et lui devait encore mieux s'en remettre à eux. Ils le priaient donc qu'il le fît (car ils ne souffriraient la guerre pour aucun motif), et qu'il s'obligeât à ce qu'ils décideraient, ainsi que le marquis l'avait fait.

289. Pendant que cela se passait, l'empereur Baudouin avait fait ses affaires à Salonique ; il en partit donc et la laissa avec une garni-

TOjés. — ' A omet mult. — » A ne répète pas en furent, — ♦ A omet/u. — * B omet à tote sa gent, a88. — » A, <fc. — » A, f/ Pavaient. — » A omet de Blois, — * A, rt cristrent les letres; B, escrirent leur lettres. — * CDEF, 5*< mesist» — • CD, en nule manière, — ' B, à tenir leur acort.

laissa chevetaine Reignier de Monz,qui ère mult preuz et vaillanz. Et les noveles li furent venues que 11 marchis avoit pris le Dimot, et que il ère dedenz, et que il * avoit grant partie de la terre entor conquise *, et assise sa gent dedens Andrenople. Mult fu iriez Tempereres Baudoins quant la novéle li fu venue ^ etmults^enhastique iliroit dessegier Andrenople, et feroit tôt le mal qu^il porroit al marchis. Ha Diex ! quels domages dut estre par celé discorde ; que se Diex nU eust mis conseil, destruite fust la crestientez.

290. Ensis'en repaira Tempereres Baudoins par ses jomées. Et une mésaventure lor fû avenue devant * Salenique mult granz ; que d'enfermeté furent acolchié * mult de sa gent. Assez en remanoit par les chastials où Tempereres passoit, qui ne pooient mais venir ; et assez en aportoit-on en littieres * qui à grant mesaise venoient *; et mult en ot de mors à la Serre. Lors fu morz m^istre Johans de Noion à la Serre, qui ère chanceliers Tempereor Baudoin ; et mult fu* bons clers* et mult sages, et mult avoit conforté Tost par la parole de Dieu, quUl sa voit mult bien dire. Et sachiez que mult en furent li prodome de Tost desconforté.

29 1 . Ne tarda gaires après que il lor avint une mult granz mésaventure * ; que morz fu Pierres d^ Amiens, qui mult ère riches et halz hom, et bons chevaliers et proz ; et s'en fist mult grant duel li cuens Hues de Saint-Pol, cui cosins germains il ère; et mult en pesa* à toz cels de Tost. Lors fu après Girars de Manchicort morz *, qui ère* mult proisiez chevaliers; et Giles d'Aunoi, et mult de bone gent *. En celé voie demourerent* quarante chevalier, dont Toz fu mult afeblie.

Page 1