‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 136 sur 309 · ARRIVÉE DE HENRI FRÈRE DE BAUDOUIN · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DE HENRI FRÈRE DE BAUDOUIN

nous parlerons de Henri, le frère de Pempereur Baudouin de Constantinople, qui avait laissé T Andremite qu'il avait conquise, et avait passé le Bras à la cité d'Avie, et s'en venait vers Andrinople pour secourir Pempereur Baudouin son frère. Et avec lui avaient passé les Hermins du pays, qui Pavaient aidé contre les Grecs, bien vingt mille avec leurs femmes et leurs enfants ; car ils n'osaient rester au pays.

38 1 . Alors lui vint la nouvelle, par des Grecs qui s'étaient échappés de la déconfiture, que son frère l'empereur Baudouin était perdu, et le comte Louis et les autres barons. Et puis vint une nouvelle de ceux de Rodestoc qui étaient échappés ; et il^ lui mandaient qu'il se hâtât de venir au plus tôt à eux. Et parce qu'il se voulut hâter pour venir plus tôt, il laissa les Hermins, qui étaient gens de pied, et avaient leurs chars et leurs femmes et leurs enfants; et parce qu'ils ne pouvaient venir si vite, et qu'il pensa qu'ils viendraient bien sûrement et qu'ils n'auraient pas de dommage, il se logea dans un village qui était appelé Cortacople.

382. En ce jour même y vint Anseau de Courcelles, le neveu de Geoifroi le maréchal, à qui il avait envoyé dans la contrée de Macré et de Traïnople et de la Baie, devers une terre qu'il lui était octroyé d'avoir; et les gens qui étaient partis de Finepople, abandonnant Renier de Trit, étaient ensemble avec lui. En cette compagnie, il y avait bien cent chevaliers de très-bonnes gens, et cinq cents sergents à cheval, qui tous s'en allaient à Andrinople pour secourir l'empereur Baudouin.

383. Or il leur vint la nouvelle tout comme aux autres gens, que l'empereur était déconfit avec sa troupe ; et ils tournèrent tout comme pour venir à Rodestoc, et ils vinrent pour loger à Cortacople, un village où Henri, le frère de l'empereur Baudouin, était logé. Et quand ceux-ci les virent venir, ils coururent aux armes; car ils pensèrent que c'étaient des Grecs, et les autres en pensèrent autant d'eux. Et tant avança la chose qu'ils s entre-reconnurent ; et ils se virent bien

383. — * Les mots i vint sont suppléés d'après le manuscrit G. — > BD, que, — * A^ et de Pabbeie de Veroitne; B, et devers la Baie d'une; CDE, et de la Baie devers une; F, de Verriers, — *A^ et Renier.

383. — • F seul donne venir à. —^ C ajoute qui venaient. — =» C, e/ aprochierent si Pun Vautre,

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tre^ et furent plus seur^ et hebergierent la nuit el casai trosque à Tendemaîn.

384. Et Tandemain murent et chevauchierent droit vers Rodestoc^ et vinrent le soir en la vile; et troverent le duc dé Venise et Joffroi le mareschal, et les autres qui de la desconfiture erent eschapé, qui mult volentiers les virent ; et i ot mainte lerme plorée de pitié de lor amis. Ha ! Diex, quex damages fu que ceste assemblée de ceste force qui estoit iqui ne fu avec les autres à Andrenople, quant l'empereres Baudoinsi fu ! quar * il n'i aussent riens perdu. Mais ne plot à Dieu *.

385. Ensi sejomerent Tendemain et Pautre jor après ^ et atomerent lor afeire. Et fu receuz Henris li frères Tempereor Baudoin en la seigneurie come l^aus de Tempire, en leu de son firere. Et lors avînt une mésaventure des Hermines qui venoient après Henri le frère Tempereor Baudoin; que les gens del païs s'assemblèrent, si desconfirent les Hermines; et furent pris et mort et perdu tuit '.

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