‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 214 sur 309 · RÉPONSE DES LOMBARDS · texte numérisé non relu

RÉPONSE DES LOMBARDS

« mais nous ne sommes pas encore amenés à ce point, s'il plaît à « Dieu^ que nous voulions ^itôt perdre ce que nous avons conquis. « Que demande ici l'empereur ? Nous avons été ici longtemps, et nous a avons combattu souvent contre nos ennemis. Par Dieu, sire Conon, « si quelqu'un voulait nous enlever la terre, après les si grandes fati- « gués que vous savez que nous y avons eues, cela devrait bien fort « nous peser. Que l'empereur sache bien qu'il ne mettra pas le pied « céans, et qu'il n'aura sur nous seigneurie ni commandement. »

579. Et quand G>non de Béthune ouït cette réponse, il en fut bien courroucé; et il ne répondit pas sa pensée, selon le grand orgueil qu'il entendait. Et si Conon de Béthune en fut triste, Nicolas de Mailly et Pierre de Douai ne le furent pas moins. Et ils voient bien que si par sens ou par adresse ou en payant tribut, ils n'entrent en la cité, il leur faudra tous forcément mourir de faim et de froid et de misère, parce que les fleuves sont grands, et les pluies et les neiges et les gelées. Et pour cela ils consentent à leur dire tout ce qui leur plaît.

580. Alors ils ofirirent doubles droits au nom de l'empereur, et leur exposèrent trois espèces de paix. Mais quelque offre qu'on leur fît de par l'empereur ils n'y répondirent jamais, et ils s'y refusèrent toujours plus et plus. Alors messire Conon leur reparla en arrière, et les pria que pour Dieu ils se consultassent; et que pour Dieu ils ne fissent rien par quoi la souveraineté de Constantinople dût être abaissée.

58 1 . « Nous vous offrirons trois arrangements, et nous verrons « lequel vous prendrez. Or élisez entre vous deux hommes sages et « prud'hommes, et de bonne renommée; et nous, d'autre part, nous ce en élirons aussi deux. Et que ces quatre s'enquièrent de toutes les véc( rites, et quand ils s'en seront enquis, qu'ils donnent à chacun son <c droit, et que chaque partie se tienne à ce qu'ils en diront. Et si vous a ne voulez pas faire tout cela, nous nous en remettrons au dire de la « cour de Rome, ou de celle de France, ou de la cour de l'empereur « de Rome, ou à la charte même. Et l'arrangement sera ainsi fait fi entre nous, et nous demeurerons bons amis.

58o. — » CEF, encore.

58i. — • C.pourés prendre des trois. — ' C^ doisent, — » C, melons» — * F omet ou sor celi de France^ etc. — & CD. amiu

354 HISTOIRE DE l'eMPEREUR HENRI.

582. a Por Diu, segnor, or vous hastés de tost respondre ; car li a empereres est là hors el G)rthiac, ù il û'a mie quankes il vodroit. (c Et bien saciés^ se Dex me saut ! ke molt est grans hontes à vostre « œs quant li empereres * est là hors hierbregiés par vostre defaille- « ment. Et s'il de mesaises moroit par aucune mésaventure, sire « quens, li pechiés en seroit vostres, et si en sériés au mains retés de <c trahison. Ne por destreche ke vous saciés en lui*, ne le destraigniés « onkes de plait ; mais por Diu estraigniés vostre consel • entre vous, « et laites si ke li hounours de Tempereour i soit sauve *, et ke vous « n*i soies pîerdant. »

583. Adont estrainst li cuens son consel entre lui et ses Lombars. Là fu Aubretins, et li cuens de Travas Reniers ^, et Pieres Vens ; et si i rot autres Lombars ke jou mie ne vous sai nommer. Chist parlèrent ensamble et disent : a Segnor, il est ensi ke nous avommes « là fors Tempereour . Véés ent chi tout le consel : gardés ke nous ne face ciemes nulle pais, se nous n^avons toute nostre demande entirement; « et à chou nos tenommes *. » Et il s^acordent tout à cest consel , si s'en départent.

584. Et lors furent rapielé no message, et li cuens meismes lor respondi che k'il a voit trouvé à son consel. « Segnour, fait li cuens ', « nostre consaus nous aporte ke nous volons avoir toute le tierre de c( Duras deschi à * le Maigre, et toute le terre Largut et quankes il « i apent, et toute Tisle de Grèce. Si volons avoir Chorinthe, et ke (c Michalis et tout si baron nos facent houmage ; si volons avoir le <c Verre et le Ferme, et toute le terre juskes à Phinepople. Se li emcc pereres le nous otrie ensi, bien le volommes* chaiens recuellir, « et autrement non *. »

58a. — • C, hontes quant //. — » C, n^ pour cho\e dont vous vous doutés de lui. — » C, cœr. — « DE omettent sauve,

583. — > CE omettent // cuens; F, Reniers li chanceliers de Trapous, — * C tjoute tot^ours; F, del tout.

584. — ' CEF ajoutent à monsignorQuenondeBietune,—*C^ et tout jusques à. — » H, volons; CE, volommes; même différence (j( 585 et 587) pour avons et avommes, —*C,ne autrement ^i entrera il jà^ si m'ait Dieus. Les partgraphes 575 à 584 sont ainsi résumés dans G : U mes-

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