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600. Dont apiela li empereres les prinches et les barons ki laiens
597. — ' C tjoute et batoit. — < C ajoute Dieu et tout son pooir, — & C t joute maugri les Lombart, — • C, que vaut chou ? li Lombart ne le parent amender, et laisierent tout entrer, — ' C, entra toute li os de Pempereour qui/u demouré, — • C, tantos oubliés.
398. —1 CDE, avoec Pempereis et avoec; F donne à oes, que le sens exige. ~ > C, toutyopoit
l'empereur entre dans SALONIQUE. 365
de Blans-Dras descendit de cheval, et mena l'empereur par le frein jusques à Téglise de Saint- Démètre. Et quand il vint à Pentrée de la porte^ il y eut si grande presse^ que quand on frappait chacun du bâton ou de la verge sur la tête^ ils juraient que tous y entreraient. A quoi bon ce discours ? Les Lombards ont tant fait quils ont amené double as et le tiers d^un dé en sus. Et de là au troisième jour^ nos gens^ qui étaient restés au Corthiac^ entrèrent en Salonique. Et quand ils vinrent à avoir leurs aises et leurs commodités^ ils eurent bientôt oublié les peines et les grands travaux quUls avaient eus.
5g8. Les Lombards disaient qu^ils demandaient la terre pour Timpératrice et pour l'enfant^ mais ils pensaient toute autre chose; car ils la voulaient garder pour le marquis Guillaume de Monferrat^ qu'ils avaient mandé par tant de messages^ qu^à peine n^enrageaient-ils pas de son retard. Et puisqu'ils agissaient si vilainement envers Pimpératrice et son fils, ce n'était pas merveille si Dieu voulait permettre qu'ils en eussent leur récompense.
599. Après que Pempereur eut demeuré trois jours en Salonique ou quatre, les Lombards lui mandaient chaque jour qu'il leur tînt ce qu'il leur avait promis par serment. Et ils lui mandèrent tant qu'ils renoncèrent à lui mander, et lui parlèrent. Et il leur répondit qu'il y était tout préparé ; et il dit au comte de rappeler tout ce qu'il demandait, et en la présence de tous. « Sire, fait le comte, je vous le rappelce lerai, puisqu'il vous plaît. Premièrement je vous requiers pour l'en- <c fant du marquis toute la terre qui est depuis Moton jusques à « Macré, et toutes les dépendances qui sont dedans, et qui doivent y « être. Sire, c'est là ce que je vous requiers pour la part de l'enfant. »
XX. Uimpératrice Marguerite, veuve de Boniûice, désavoue les Lombards;
son fils est couronné roi par Tempereur.
600. Alors l'empereur appela les princes et les barons qui étaient
e/. — s c, garder avœc, — * Bonifoce avait eu Guillaume d'une première femme; lejeune Démétrius était fils de sa seconde femme Marguerite de Hongrie. — * G, pour pot que, — • C, che ne serait ore mie molt grant merveille, 599. — » C ajoute par touche. — * CF, et li empereres.
estoient, cascun par son non : premièrement Parchevesque de Salenyke ki delès lui séoit, le conte Biertoul, et le segneur del C)rtre, et apriès, toz les autres barons * ; et lor demanda s'il s'assentoient à le demande ke li cuens faisoit sour lui. Et de toz cels ke je vous ai chi nommés * n'en i ot nul ki s'i assentesist ', fors Aubretins, ki sires ert d'Estives, et li chanceliers et Pieres Vens. Chil troi trahitour seulement furent deviers le conte.
60 1 . Dont dist li empereres au conte : « Sire cuens, or m'entendes a un pau, s'il vous plaist. Jou ne voel mie ke vous ne autres puissiés « à droit dire ke je vous faille de covenences. Voirs fu ke je vous oi « covent ke toute le terre que vous avés ichi recordée, ke jou le vous « otriai, se li emperreis s'i acordoit. Et jou encore le vous reconnois « bien, et le vous tenrai se elle l'otroie *. Et bien voel ke toz li mons « sace c'onkes mais à nul segnor ne fu faite tels demande, ke il a doinst se tierre par forche ne s'ounour *. Et bien sai ke chils ki tel « requeste me fait n'est mie molt desirans de m'onnour acroistre, <c ne de mon preu mètre avant; et poi m'aime plus que Blac u Comc< main. »
602 . Adont apiela li empereres Cuenon de Biethune, et 11 dist ke il alast à l'emperreis , et li demandast se c'iert par li ke li cuens des Blans-Drasli faisoit tel demande. Lorala Cuenes de Biethune à l'emperreis, et li demanda s'ele le looit * ; et elle dist k'ele s'en conselleroit, et lor en responderoit demain. Et Cu&ies li otria, et revint arrière à l'empereour, et li dist chou ke il avoit trouvé. Li empereres ala à l'emperreis*, et li dist : « Dame', ne soiiés mie contre mon droit; car c< dont feriés-vous desloiauté viers moi et viers vous. Et de moi ne « vous cremés onkes; car jà (si m'aït Diex !) en viers vous ne ferai vice lonnie,'^se vous avant ne le faites enviers moi.
603. — « Sire, dist li dame, se jou m'osoie fier en vous, jou vous a diroie bien por coi jou obéissoie à eus. Il m'avoient si durement ce levé le pié ke jou n'osoie parler encontre els*. Il avoient fait saire-
60c. — * C ajoute qui latent estaient. — * C^de tous ckiaut ki laiens estaient, — ' C, ^ ceste chose se vausist asentir, 601. — » C, s'hèle sU acorde. — * C, donnast la soie hounour par forche.
Al>PEL A LA VEUVE DE BONlFACE. i6j
Ik, chacun par son nom : premièrement Tarchevêque de Salonique qui était assis près de lui^ le comte Bertoud^ et le seigneur du Cytre, etaprès^ tous les autres barons; et il leur demanda s'ils approuvaient la demande que le comte faisait contre lui. Et de tous ceux que je vousai nommés il n'y en eut aucun qui Tapprouvât, hors Aubertin, qui était sire d'Estives, et le chancelier et Pierre Vent. Ces trois traîtres seulement furent du côté du comte.
60 1 . Alors l'empereur dit au comte : « Sire comte, or écoutez-moi <( un peu, s'il vous plaît. Je ne veux pas que vous ni autre puissiez (c dire à bon droit que je vous fausse ma promesse. Il est vrai que je <c vous ai promis que toute la terre que vous avez ici rappelée^ je vous <c Toctroierais, si l'impératrice en était d'accord. Et je le reconnais « bien encore,- et je tiendrai parole si elle en est d'accord. Et je veux « que tout le monde sache que jamais à nul seigneur ne fut faite pa- <c reille demande, qu'il abandonnât sa terre de force et son honneur, ce Et je sais bien que celui qui me fait pareille requête n'est pas très <c désireux d'accroître mon honneur, ni d'avancer mon profit ; et qu'il <c ne m'aime guère plus que ne font les Blaques et les Comains. »
602. Alors l'empereur appela Conon de Béthune, et lui dit qu'il allât à l'impératrice, et lui demandât si c'était de par elle que le comte de Blans-Dras lui faisait pareille demande. Conon de Béthune alla aussitôt à l'impératrice, et lui demanda si elle l'approuvait; et elle dit qu'elle en prendrait conseil, et leur en répondrait le lendemain. Et Conon de Béthune y consentit, et revint à l'empereur, et lui dit ce qu'il avait trouvé. L'empereur alla à l'impératrice, et lui dit : <c Madame, ne (( soyez pas contre mon droit; car alors vous feriez chose déloyale <c envers moi et envers vous. Et ne craignez jamais rien de moi ; car ce jamais ( Dieu me soit en aide ! ) je ne ferai de vilenie envers vous c< si vous n'en faites avant envers moi.
603. ,— a Sire, dit la dame, si je m'osais fier en vous, je vous dirais ce bien pourquoi je leur obéissais. Ils avaient si durement levé le pied ce contre moi que je n'osais parler contre eux. Ils avaient fait serment
602. — * c, 5e ce estait de par li et se looit la requeste que H cuens avait /ait à Vempereour, — > C» ti empereres meismes ala parler à la dame, — > C ajoute pour Dieu*