‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 87 sur 309 · I CE, le merkedi · texte numérisé non relu

I CE, le merkedi

l38 CONQUÊTE DE CONSTANTINOPLE.

parties les nés d'entre * les galies et les vissiers. Et fu granz mervoille à regarder; et bien tesmoigne li livres que bien duroit demie liue françoise li assals, si cum il ère ordenez.

207. Et le vendredi matin*, se * traistrent les nés et les galies et li autre vaissel • vers la vile, si con ordené erent *; et commence li assals mult fors et mult durs. En mains leus descendirent à terre et alerent trosque as murs; et en mains leus refurent les eschieles des nés si aprochies *, que cil des tors et des murs et cil des eschieles • s'entreferoient des glaives, de main tenant^. Ensi dura cil assals, mult durs et mult fors et mult fiers, trosque vers hore de none en plus de cent leus,

238. Mais par noz * péchiez, furent li pèlerin resorti de Pasaut; et cil qui estoient descendu à terre des galies et des vissiers, furent remis enz * à force. Et bien sachiez que plus pardirent cil de Tost cel jor que li Grieu, et mult en * furent li Grieu resbaudi. Tels i ot qui se traistrent arrière de Tasaut, et les vassials en quoi ils estoient; et tels i ot qui remestrent à ancre si près de la vile, que il getoient à perrieres et à mangonials * li un as autres *.

239. Lors pristrent à la vesprée un parlement cil de l'ost et li dux de Venise *, et assemblèrent en une yglise d'autre part* (de celé part où il avoient esté logié). Là ot maint conseil doné et pris; et furent mult esmaié cil de Tost por ce que il lor fu le jor mescheû. Asisez i ot de cels qui loérent que on alast d'autre part de la vile, de celé part où ele n'ere mie si ' bordée. Et li Venicien, qui plus savoient de la mer, distrent que se il i aloient, li coranz de Paigue * les enmenroit contreval le Braz ; si ne porroient lor vaissiaus arester. Et sachiez que il avoit de cels qui volsissent que li coranz * enmenast les vaissials contreval le Braz, ou li venz (à cels ne chausist ù), mais • qu'il partissent

' a36. — > A seul, d'entre; BCDE, entre; ce qui signifierait que les nefe furent réparties entre les galères et les huissiers, au lieu d'en être séparées ; F s'accorde avec  pour le sens, furent départies les nés et.

337. — « B, e/ lejoesdi matin; C, et lendemain matin par un devenres. — « A, «*. — » CDEF, et li huissier. — * A, ère; B, etc. estoient. — * C, en mains lieus des murs refurent les eschieles drechies si. — • C, cil des murs et des galies; D, chil des tours et des nés. — ' C ajoute et d'es-

UN PREMIER ASSAUT EST REPOUSSÉ. I Sg

furent tous arrangés côte à côte; et les nefs furent retirées d'entre les galères et les huissiers. Et c'était une grande merveille à regarder; et le livre vous témoigne bien que l'assaut, comme il était préparé, tenait bien une demi-lieue de France.

237. Le vendredi matin (9 avril), les nefs et les galères et les autres vaisseaux s'approchèrent de la ville, dans l'ordre où ils étaient; et l'assaut commença bien fort et bien rude. En maints lieux ils descendirent à terre et allèrent jusqu'aux murs; ^t en maints lieux les échelles des nefs furent si approchées, que ceux des tours et des murs et ceux des échelles s'entre-frappaient de leurs lances, de main à main. Ainsi dura cet assaut, bien rude et bien fort et bien fier, jusque vers l'heure de none, en plus de cent endroits.

238. Mais pour nos péchés, les pèlerins furent repoussés de l'assaut; et ceux qui étaient descendus à terre des galères et des huissiers, y furent rejetés de force. Et sachez bien qu'en ce jour ceux de l'armée perdirent plus que les Grecs, et les Grecs en furent bien réjouis. Tels y eut qui se retirèrent en arrière de l'assaut, avec les vaisseaux où ils étaient; et tels y eut qui demeurèrent à l'ancre si près de la ville, qu'ils tiraient à coups de pierriers et de mangoneaux les uns contre les autres.

239. Alors ceux de l'armée et le doge de Venise tinrent le soir un parlement, et s'assemblèrent en une église de l'autre côté (du côté où ils avaient été logés). Là il y eut maint conseil donné et reçu; et ceux de Tarmée étaient bien troublés du méchef qu'ils avaient eu ce jour-là. Et il y en eut assez qui conseillèrent qu'on allât de l'autre côté de la ville, du côté où elle n'était pas si fortifiée. Et les Vénitiens, qui connaissaient mieux la mer, dirent que s'ils y allaient, le courant de l'eau les emmènerait en aval du Bras; et ils ne pourraient arrêter leurs vaisseaux. Et sachez qu'il y en avait qui eussent bien voulu que le courant emmenât les vaisseaux en aval du Bras, ou bien le vent

pées, et omet de main tenant ; F, cil det tors et des murx s^entre/eroient des glaives main à main . a38. — • C, pour lor. — * A, entre, — » A omet mult e«. — * B ajoute et ans arbalestes. — * B ajoute maintes foi\.

'339. — • AB seuls donnent et H dux de Venise, — « CDEF omettent d'autre part, — » ABF omettent si. — ^ A seul donne de Paigue, — ^ A ajoute les, ~ • A, «e cassist ne mais; C, et ne lor cansisi à niés.

de la terre et alassent en voie \ Et il n'ere mie mervoille, que mult erent en grant penil.

240. Assez i ot parlé et avant et ariere; mais la somme del conseil si fu tels : que ils ratomeroient ^ lorafaire Pendemain^ qui semadis ere^ et le diemenche tote jor, et le lunedi iroient à Tasaut; et lieroient * les nés où les eschieles estoient^ deus et deus. Ensi assauroient deus nés à une tor, porce qu'il orent veu que à cel jor n'avoit assailli que une nés à une tor^ si estoit trop grevée chascune par soi; que dl de la tor estoient plus que cil de Teschiele *. Et por ce si fu bons porpensemenz * que plus greveroient ' deus eschieles à une tor que une. Ensi com il fu devisé^ si fu fait; et ensi attendirent le semadi et dimenche.

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