‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 90 sur 309 · UN SECOND ASSAUT SE PRÉPARE · texte numérisé non relu

UN SECOND ASSAUT SE PRÉPARE

(peu leur importât où), pourvu qu'ils partissent du pays et se missent en route. Et ce n'était pas merveille, car ils étaient en grand péril.

240. On y parla assez en avant et en arrière; mais le résultat du conseil fut tel : qu'ils rajusteraient leur affaire le lendemain, qui était samedi, et le dimanche toute la journée, et que le lundi (12 avril) ils iraient à l'assaut ; et qu'ils lieraient deux à deux les ne£s où étaient les échelles. Deux nefs s'attaqueraient ainsi à une tour, parce qu'ils avaient vu que ce jour-là il n'y avait eu qu'une nef pour attaquer une tour; et chaque nef à elle seule avait trop de mal ; car ceux de la tour étaient plus que ceux de l'échelle. Et pour cela ce fut une bonne pensée que deux échelles contre une tour feraient plus de mal qu'une. Ainsi qu'il fut dit, ainsi fut fait; et ils attendirent de la sorte le samedi et le dimanche.

LUI. Les croisés s^emparent d'une partie de la ville.

241. L'en^pereur Murzuphle était venu camper devant la ligne d'assaut sur une place avec toutes ses forces, et avait tendu ses tentes vermeilles. Ainsi resta l'affaire jusqu'au lundi matin; et alors s'armèrent ceux des nefs, des huissiers et des galères. Et ceux de la ville les redoutaient moins qu'ils ne firent d'abord; et ils étaient si réjouis que les murs et les tours étaient couverts de gens. Et alors l'assaut commença fier et merveilleux; et chaque vaisseau attaquait en face de lui. Le cri de la bataille fut si grand qu'il semblait que la terre s'abîmât.

242. L'assaut dura ainsi longtemps, jusqu'à ce que Notre-Seigneur leur fit lever un vent qu'on appelle Boire; et il poussa les nefs et les vaisseaux plus sur la rive qu'ils n'étaient auparavant. Et deux nefs qui étaient liées ensemble, dont l'une avait nom la Pèlerine et l'autre le Parvis, approchèrent tant de la tour, l'une d'un

241. — » CùE,demoura, — *CE^ arivé,^^ K^plus; F, et lors furent arme\ des nés et des galies et des huissier^, et cil de la vile le redoutent moût meins. — * CDE, n'avoit, — ^B, le kuet la noise; CDE, H kus de l'assaut ; F, H bruix et la noise. — • CD, terre et mers deust fondre F, deust assembler et fondre.

34a. — « CE, Bourre; D, Byse. — > CDEF, Parevis. — ' ACE, et aprochierent ; B ajoute tant; DE, si, — ♦ DEP, Pune par devant, et Pautre d'autre part.

et li venz les mena •) que Teschiele de la Pèlerine se joinst à la tor. Et maintenant uns Veniciens et uns chevaliers de France qui avoit nom Andrius d'Urboise *, entrèrent en la tor ; et autre genz comence à entrer après als^ et cil de la tor se desconfisent et s^en vont.

243. Quant ce virent li chevalier qui estoient esvissiers, si s'en issent à la terre et drecent eschieles à plain del mur^ et montent contremont le mur par force ; et conquistrent bien quatre des tors. Et il comencent à saillir des nés et des vissiers et des galies^ qui ainz ainz^ qui mielz mielz; et peçoient bien trois * des portes, et entrent enz; et comencent les chevas à traire des vissiers ; et li chevalier comencent à monter, et chevauchent droit à la héberge Tempereor Morchuflex. Et il avoit ses batailles rengies devant ses tentes ; et cum ils virent venir les chevaliers à cheval ', si se desconfisent ; et s'en va Tempereres fuiant par les rues al chastel ' de Bouchelion.

244. Lor veissiez Grifons abatre, et chevaus gaaignier et palefiroiz, et muls et mules, et autres avoirs. Là ot tant des morz et des navrez quHl n'en ère ne fins ne mesure ^ Granz partie des hais homes de Grèce * guenchirent vers la porte de Blacqueme. Et vespres iere jà bas; et furent cil de Tost lassé * de la bataille et de l'ocision. Et se^ comencent à asembler en unes places granz qui estoient dedenz Costantinople; et* pristrent conseil que il se herbergeroient près des murs et des tors que il avoient conquises ; que il ne cuidoient mie que il eussent la vile vaincue • en un mois, ne les forz yglises ne les forz palais, et le ' pueple qui ère dedenz. Ensi com il fu devisé •, si fu fait.

245. Ensi se herbergierent devant les murs et devant les tors près de lor vaissials. Li cuens Baudoins de Flandres et de Hennaut se her-

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