‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 99 sur 309 · COMTE BAUDOUIN DE FLANDRE ET DE HAINAUT · texte numérisé non relu

COMTE BAUDOUIN DE FLANDRE ET DE HAINAUT

26 1 . Un cri de joie s'éleva dans le palais; et ils remportent du palais; et le marquis Boniface de Montferrat le porte en avant d^un côté jusque dans l'église^ et lui rend tout l'honneur qu^il peut. Ainsi fut élu empereur le comte Baudouin de Flandre et de Hainaut^ et le jour de son couronnement fut fixé à trois semaines après Pâques (16 mai 1 204). Or vous pouvez savoir qu'il y eut maint riche habillenient fait pour le couronnement; et ils avaient bien de quoi.

LVin. Bonifece épouse la veuve d'Isaac, et obtient, après le couronnement

de Baudouin, le royaume de Salonique.

262. Avant le terme du couronnement, le marquis Boniface de Montferrat épousa l'impératrice qui avait été femme de l'empereur Isaac, et qui était sœur du roi de Hongrie. Et dans cet intervalle aussi mourut un des hauts barons de Tarmée, qui avait nom Eudes le Champenois de Champlitte; et il fut bien plaint et pleuré de Guillaume son frère et de ses autres amis. Et il fut enterré à Téglise des Apôtres, en grand honneur.

263. Le terme du couronnement approcha, et l'empereur Baudouin fu| couronné en grande joie et grand honneur à l'église de Sainte-Sophie, en l'an de Tlncamation de Jésus-Christ mil deux cent quatre. De la joie ni de la fête il ne faut point parler, car les barons

361. — I C, etc., Uenens, ^ * A, del mostierj B, ou mostier; CE, ov palais; F, ou mostier Sainte Soufie. ^*C,iliot bien raison pour coi; DEF, iliot bien de coi, a63. — * Marguerite. — * A omtt des plus, a63. — 1 A seul donne Vempereres Baudoins.

l56 CONQUÊTE DE CONSTANTINOPLE.

et li chevalier cum il plus porent; et li marchis Bonifaces de Monferrat, et li cuens Loeys de Blois et de Chartain * Tonorercnt cum lor seignor. Après la grant joie del corotiement^ en fu menez à grant fèste et à grant procession el riche palais de Bochelyon^ que onques plus riches ne fu veuz '. Et quant la feste fu passée, si paria li empereres * de ses afaires.

264. Bonifaces li marchis de Monferrat li requist ses convenances : que il li rendist, si con il li devoit doner, la terre * d'oltre le Bras devers la Turquie, et Tisle de Grèce *. Et Pempereres li conut bien que il li devoit faire, et que * il le li feroit mult volentiers. Et quant ce vit li marchis de Monferrat que Pempereres li voloit atendre ses convenances si debonairement, si le requist que, en eschange de celé terre, li donast le roialme de Salonique, porce qu^il ère devers le roi de Hungrie, cui seror il avoit à famé.

265. Assez en fu parlé en maintes manières ; mais totes voies fu la chose menée à tant que li empereres li * otroia, et cil en fist hômage. Et fu mult granz joie par tôt Post *, porce que li marchis ère uns des plus proissiez chevaliers dou monde, et des plus amez des chevaliers * ; que nus plus laidement ne lor donoit. Ensi fu remés en la terre li marchis de Monferrat con vos avez oï *.

266. Li empereres Morchuflés n'ere mie eslongniez encor de Costantinoble quatre * jomées; et si en avoit amenée avec lui Tempereris qui ère famé Pemperor Alexi, qui devant s'en ère fuis, et sa file. Et cil empereres Alexis ert à une cité que on apele Messinople, à tote * la soe gent, et tenoit encore grant partie de la terre. Et lors se départirent li hait home de Grèce, et granz partie ai passa qltr^j le Praz par devers la Turquie; et chascuns saisi de la terre endroit soi tant^bn il

363. — > A omet de Blois et de Chartain, — ' C omet que onques^ etc. — « A omet li empereres.

264. — 1 A, que il li attendist, etc.; B, li requist de ses convenances que il li rendist, si con il avoit consent, la terre; CDE, li requist ses convenences que il li rendist le terre ; G, requist à tempe' reour ses convenances de la terre que il li devoit donner, — * A, Crète; B, Crist; DE, et Grèce ;

BONIFACE ROI DE SALONIQUE. iSj

et les chevaliers en firent le plus qu'ils purent; et le marquis Boniface de Montferrat, et le comte Louis de Blois et de Qiartres Thonorèrent comme leur seigneur. Après la grande joie du couronnement^ il fut emmené en grande fête et en grande procession au riche palais de Bouchelion^ le plus riche qui se vit jamais. Et quand la fête fut passée^ alors Tempereur parla de ses affaires.

264. Boniface le marquis de Montferrat lui requit ses conventions : quMl lui rendît^ ainsi qu'il devait les lui donner^ la terre d'outre le Bras devers la Turquie, et l'fle de Grèce. Et l'empereur reconnut bien qu'il le devait faire, et dit qu'il le ferait bien volontiers. Et quand le marquis de Montferrat vit que l'empereur lui voulait tenir ses conventions si débonnairement, il le requit de lui donner, en échange de cette terre, le royaume de Salonique, parce qu'il était devers le roi de Hongrie, dont il avait la sœur pour femme.

265. Il en fut assez parlé en maintes manières ; mais toutefois la chose fut menée à ce que l'empereur le lui octroya, et celui-ci en fitjioinmage^ Et la joie fiit bien granHë par toute Tannée, parce que le marquis était un des chevaliers les plus prisés du monde, et des plus aimés par les chevaliers ; car nul ne leur donnait plus largement. Le marquis de Montferrat resta en la terre ainsi que vous avez ouï.

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