COMMENT SK FAIT L ÉLECTION
« l'un de ces deux hauts hommes, l'autre en aura une telle envie qu'il .< emmènera toutes ses gens. Et ainsi peut se perdre la terre; car celle « de Jérusalem faillit aussi être perdue quand ils élurent Godefroi de « Bouillon, alors que la terre fut conquise. Et le comte de Saint-Gilles « en eut si grande envie qu'il pourchassa les autres barons et tous » ceux qu'il put, afin qu'ils partissent de l'armée. Et il s'en alla bien « des gens; car il en resta si peu que si Dieu ne les eût soutenus, la « terre eût été perdue. Et pour cela nous devons prendre garde qu'au- » tant ne nous en advienne.
258. « Travaillons plutôt à les retenir tous deux. Que celui à qui « Dieu donnera d'être élu par eux empereur s'arrange pour que l'au- » tre en soit content; et qu'il donne à l'autre toute la terre de l'autre a 'côté du Bras vers la Turquie, et l'île de Grèce; et celui-ci en sera « son homme. Ainsi les pourrons-nous retenir tous deux. » Ainsi qu'il fut dit, ainsi fut fait; et tous deux l'octroyèrent bien débonnairement. Et vint le jour du parlement, où le parlement s'assembla; et on élut les douze, six d'une part et six de l'autre; et ils jurèrent sur reliques qu'ils éliraient, pour le bien et de bonne foi, celui dont on aurait plus grand besoin et qui serait plus propre à gouverner l'empire.
■ibq. Ainsi furent élus les douze, et un jour fut pris pour l'élection ; et au jour qui fut pris , ils s'assemblèrent en un riche palais où le doge de Venise était logé, un des plus beaux du monde. Là il y eut une si grande assemblée de gens que c'était grande merveille; car chacun voulait voir qui serait élu. On appela les douze qui devaient faire l'élection, et on les mit en une bien riche chapelle, qui était dedans le palais; et on ferma la porte par dehors, en sorte que nul ne resta avec eux; et les barons et les chevaliers restèrent en un grand palais dehors.
260. Et le conseil dura jusqu'à ce qu'ils furent d'accord; et ils donnèrent charge de parler, de l'agrément de tous les autres, à Névelon l'évêque de Soissons, qui était un des douze. Et ils vinrent dehors
ccdée par Baudouin, parce qu'e le appartenait à Bonifacc, à qui Alexis l'avait donnée avant d'arriver à Constantinople.
239. — 1 A omet de Veslection, etc. — 2 c.ke ce fu fine merveille. — 3 B omet chasams voloit, etc. — 4 F seul donne si. — 5 A omet et ferma on, etc.