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III. Les croisés envoient six messagers à Venise

ii. Après, les barons tinrent un parlement à Soissons pour savoir quand ils voudraient partir, et de quel côté ils voudraient tourner. Cette fois ils ne purent tomber d'accord, parce qu'il leur sembla qu'ils n'avaient pas encore assez de gens croisés. En toute cette année (1200), il ne se passa pas deux mois qu'ils ne s'as-

9. — ! CHEF, fu croisiés. — - A seul donne ses nies : le mot niés y est écrit, ici comme ailleurs. nier s. — 3 A, Lieu; 13, Kayeus ; F, Kaan; G. Keu; aujourd'hui Cayeux-sur-Mer {Somme). — •i B. Houdain ;C.Hedin; E, Hesdài;DF, Haidin, Heidain. — 3 CDEF. maint autre ; B, preudome, au lieu de gent. — <S A, auenoisiens. — F abrège ce paragraphe en retranchant d'abord avec lui se croisa, puis e/ maint autre gent, etc.

io. — 1 Montfort-le-Rotrou (Sarthe}. — 2 La Jaille (Sarthei ; A. /.! Valle. — 3 A. Hantimeris. — * AE, Vileroi;B, Veleroi; CI). Valeroy, F. Vilerai; peut-être Villeray. commune de Condeau (Orne).— >S Geoffroi. petit-fils de Richard Ier. vicomte de Beaumont iSarthei. — l; B ajoute preudon.

1 1 . — i CnE. assanler,

V1LLE-HARDOTIN. II. — 2

tuit li conte et li baron 2 qui croisié estoient. Maint consoil i ot pris et doné -, mais la fins dou conseil ;i si fu tels que il envoieroient '' messages les meillors que il poroient trover, et donroient :' plain pooir à aus 6 de faire toutes choses ', autretant con li seignor.

12. De ces messages envoia Thiebauz li cuens de Champaigne et de Brie deus; et Baudoins li cuens de Flandres et de Hennaut, deus; et Loys li cuens de Blois ', deus. Li message le conte Thebaut furent Joffrois de Vile-Hardoin li mareschaus de Champaigne -, et Miles li Braibanz; et li message le conte Baudoin furent :; Coenes de Betune et Alars Maqueriaus; et li message le conte Loys furent Johans de Friaise et Gautiers de Gaudonvile.

i3. Sor ces six si mistrent lor afaire entièrement, en tel manière que il lor baillèrent ' bones Chartres pendanz -, que il tendraient ferm totes les convenances que cil six feraient par toz les porz de mer, en quelque leu que il alassent:!.

14. Ensi murent li six message con vos avez 01, et pristrent consoil entr'aus; et fu tels lor consaux entr'aus acordez ' que en Venise cuidoient trover plus grant plenté de vaisiax que à nul autre port. Et chevauchierent par lor jornées tant que il vindrent là la première semaine de quaresme '-.

[5. Li dux de Venise qui ot à nom Henris ' Dandole, et ère mult sages et mult prouz, si les honora mult, et il et les autres gens •; et

11. — 8 CDE ajoutent et tout cil. — '■> AF omettent./"» consoil. — I A. envolèrent. — :i C. donneront. — 6 AB omettent à au». — " ('.DE omettent toutes choses.

11'. — 1 BF ajoutent et de Chartain. — - A seul donne de Champaigne. — :* A. /itèrent.

i3. — ' ABE. bailleroient. — - Chartes munies de sceaux pendant au parchemin, ou lettres patentes. — :1 A. ee que cil six, en ajoutant de totes convenences que il /croient après (liassent : ( IDE, feraient par tans liens: j'ai suivi la leçon de B. Voici maintenant celle de G : Cil orent les lettres pendons de tous les barons jnc il tenroient quanque cil six /croient ; et leur donnèrent pooir de jurer en leur âmes.

ARRIVEE DKS MESSAGERS. 1 I

semblassent en parlement à Compiègne. Là furent tous les comtes et les barons qui étaient croisés. Il y eut maint conseil pris et donné; mais la fin du conseil fut telle qu'ils enverraient des messagers, les meilleurs qu'ils pourraient trouver, et leur donneraient plein pouvoir de faire toutes choses, aussi bien que les seigneurs.

12. De ces messagers, Thibaut le comte de Champagne et de Brie en envoya deux; Baudouin le comte de Flandre et de Hainaut, deux; et Louis le comte de Blois et de Chartres, deux. Les messagers du comte Thibaut furent Geoll'roi de Ville-Hardouin le maréchal de Champagne, et Milon le Brebant; et les messagers du comte Baudouin furent Conon de Béthune et Alard Maquereau ; et les messagers du comte Louis furent Jean de Friaise et Gautier de Gaudonville.

i3. Sur eux six ils mirent leur affaire entièrement, en telle manière qu'ils leur baillèrent bonnes chartes avec sceaux pendants, comme quoi ils tiendraient fermement toutes les conventions que les six feraient par tous les ports de mer, en quelque lieu qu'ils allassent.

14. Ainsi partirent les six messagers comme vous avez ouï; et ils tinrent conseil entre eux; et le parti à quoi ils s'arrêtèrent en commun fut qu'en Venise ils croyaient trouver plus grande quantité de vaisseaux qu'à nul autre port. Et ils chevauchèrent dans leurs journées tant qu'ils y vinrent la première semaine de carême (février

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