CE, mande; F, mant. — - CF. rende
6i3. — ! CE, ont ataint. — 2 C, au chastelain dire. — 3 C, entrèrent eus.
jà n'i meteroient le pié. Et lors li disent li trahitour ke li cuens estoit en prison. Tout ensi fu li trahisons ordenée 4.
614. Dont montèrent amont en le tour li troi trahitour, et disent à nos messages, ki defors le castiel les atendoient ', ke il alassent à Cristople; et s'on lor rendoit Cristople, on leur renderoit le Serre-, mais autrement il nï meteroient les pies '-. Et nostre message disent ke il iroient ''. Dont vinrent à le Gyge; si prisent là un message ke il enrôlèrent à Fempereour, et li mandèrent tout Fafaire, comment li troi trahitour ierent el castiel demoure.
61 5. Quant li empereres oïces nouvieles. mervelles li anuiierent '. Dont dist à le emperreis k'ele fust tout à seur, car il les iroit- revider, et ke jànerenboiseroient:; : « Dame4, et vous meismesvenrés avoec5; « et s'il ne vous lassent ens, il me samble ke il mesprenderont trop. — « Sire'1, jou ferai vo commandement-, si vous pri, pour Diu ! ke vous « m'aidiés de mon droit-, et se che non" jou sai bien8 ke il feront « toz lor pooirs de moi honnir. » Et li cuens, ki ces paroles ot, en est molt joians en son cuer; car bien se cuide toutes voies délivrer, et faire tant ke li castiel li remaignent.
616. Et quant li empereres voit ke il ne puet les castiaus avoir par messages, molt li desplaist '. Dont dist ke il meismes ira pour savoir ke chou est, et menra avoec lui le roine, pour savoir si on le laira en son castiel entrer. Et tant i menra gent, ke se on ne l'i laist entrer volentiersa,ke il i enterra, che dist, par forche : « Sire, dist li cuens, or « ne vous caut. Jà mar por chou vous mouverés, ne me dame ausi; « car jou irai se vous volés, et saurai porcoi il ont chou fait. Et s'il « vous plaisoit ke jou reusseme tierre et me pardonnissiés vostre ire3, « je vous renderoie les castiaus sans faille ; car jou i menrai Pieron « Vent, par cui jou les bé bien à ravoir.
617. « Dame, or ne vous esmaiés mie, fait li cuens, ke vous ne « raiiés vos castiaus. Laissiés m"i aler, et entre vous et monsegneur i
6i3. — $ C ajoute comme vous oès.
61+. — ' CEF omettent ki defors le castiel les atendoient. — 2 C. autrement non. — 3 C ajoute molt volenticrs.
6i5. — 1 C. en fu dolans et courouchie's. — - C ajoute par tans. — 3 C. les roiseroient. — * C
LA SERRE FERMÉE PAR TRAHISON. 3y5
que nos gens n'y mettraient pas le pied. Et alors les traîtres lui dirent que le comte était en prison. Ainsi fut la trahison arrangée.
614. Les trois traîtres montèrent donc en haut de la tour, et dirent à nos messagers, qui les attendaient en dehors du château, qu'ils allassent à Christople ; et si on leur rendait Christople , on leur rendrait la Serre; mais autrement ils n'y mettraient pas les pieds. Et nos messagers dirent qu'ils iraient. Ils vinrent alors à la Gige, et prirent là un messager qu'ils envoyèrent à l'empereur, et lui mandèrent toute l'affaire, et comment les trois traîtres étaient demeurés au château.
61 5. Quand l'empereur ouït ces nouvelles, elles l'ennuyèrent merveilleusement. Il dit alors à l'impératrice qu'elle fût bien tranquille, car il les irait voir, et qu'ils ne l'attraperaient pas : « Dame, et vous- « même viendrez avec moi; et s'ils ne vous laissent entrer, il me « semble qu'ils se fourvoieront fort. — Sire, je ferai votre commande- « ment; et je vous prie, pour Dieu! que vous m'aidiez dans mon « droit; sinon je sais bien qu'ils feront tout leur possible pour me « déshonorer. » Et le comte, qui entend ces paroles, en est bien joyeux en son cœur; car il pense bien toutefois se délivrer, et tant faire que les châteaux lui restent.
616. Et quand l'empereur voit qu'il ne peut avoir les châteaux par des messages, cela lui déplaît fort. Il dit alors qu'il ira lui-même pour savoir ce que c'est, et qu'il mènera avec lui la reine, pour savoir si on la laissera entrer en son château. Et il y mènera tant de gens, que si on ne l'y laisse entrer de gré, il y entrera, dit-il, de force. « Sire, « dit le comte, que cela ne vous inquiète pas. A tort pour cela vous « vous dérangerez, et ma dame aussi ; car j'irai si vous voulez, et saurai " pourquoi ils ont fait cela. Et s'il vous plaisait de me laisser ravoir ma « terre et d'oublier votre colère, je vous rendrais les châteauxsans faute ; « car j'y mènerai Pierre Vent, par qui je les espère bien ravoir.
617. « Dame , ne craignez pas , dit le comte , de ne pas ravoir vos « châteaux. Laissez-moi y aller, et envoyez-y, vous et monseigneur,
ajoute /:' empereres.— S C, i venrés. — ce a\oute fait la dame. — 'G. car au lieu de se che non. — 8 C ajoute par vérité.
616. — 1 C, pour nul mesage qu'il ienvoit, se li anoia molt durement. — - C,par amours. — 3 c ajoute et l'ostre mautalent.
« envoies teus gens por moi garder ', dont vous en remeignez ~ sans « souspechon ; mais ke jou raie me tierre, et ke vous me pardonnes « vostre mautalent. — Et jou voel bien, fait li empereres, ke vous et « tout li autre raiiés chou ke vous avoir3 devés, par si ke vous à Tem- « perreis rendes ses castiaus'1. »
618. Et lors fu li afaires ensi ordenés ke li cuens meismes devoit aler à le Serre por chou ke vous avés oï. Si fu commandé à Quenon de Biethune, à Ansiel de Chaeu, à Bauduin de Soriel et à Mahiu Bliaut, ke il alassent avoec le conte por lui garder. Et il i alerent ', et tant menèrent avoec aus de chevaliers ke il furent juskes à trente.
(5 19. Entre ces adevales, à tant es vous venir ' un message à Fempereour ki le salua de par ses messages ke il premièrement avoit envoies à le Serre, et li dist ke li castiaus fu contre aus tenus en tel meniere ke il n'i porent entrer. Dont s'en alerent de là à le Gyge, et là se reposèrent et herbregierent au mius ke il porent. Et chil dou castiel avoient envoies messages au bailliu- Burille, ki molt estoit outrageus; si manoit à Menelic. Et disent au bailliu k'il venist à le Serre, et3 se il i amenoit forche de gens, li castiaus li seroit rendus et délivrés; car il amoient mius ke il l'eust '' ke li empereres.
620. « Sire, or oiiés comme li afaires vint à point ; car ensi comme (( il devoit entrer ou castiel à toute se gent, et ke il commenchoit dure- « ment à aprocier, li Griphon ' de le Serre avoient mandé de plain jor, « par le commun assentement, à vostres messages, ki estoient à le « Gyge, ke il venissent à le Serre lorske il seroit anuitié, et il les me- « teroientou bourc. Ke vous diroie-jou? Nostre message i vinrent, et
617. — 1 U, m'i garder; F, avec moi tele gent. en omettant por moi garder. — - C, par coi vous ensoiiés; D, dont vous nie raiiés. — 3 DE omettent avoir. — * F. rendrés ses chastiaus tout quitement.