‹ Conquête de ConstantinopleChapitre 234 sur 326 · C ajoute et descomjit · texte numérisé non relu

C ajoute et descomjit

VILLE-HARDOUIN, III. — pi

386 HISTOIRE DE l'eMPEREUR HENRI.

si en fu molt liés ' por chou ke il cuide ore molt bien ke por els atendre:îet por eus délivrer, li doive on rendre Cristople. Dont s'en vint à Dragmes, et mena le conte o lui; et là parièrent ensamble. Apriès vinrent devant Cristople à toz lor prisons, et disent à cels de laiens ke se il lor voloient rendre Cristople entirement, sauves lor vies et lor membres et lor avoirs, li cuens et tout il autre prison4 seroient délivré.

635. Et chil ki laiens estoient ne lor daignierent respondre, fors ke il se traisent en sus d'eus, u il ' les trairaient; ne ke jà ne renderoient le castiel por cose ke il faire pevussent ne seussent , et ke il ne prisoient l'emperoeur le montanche d'un - denier; et s'on les assaut, il se deffendront bien3. Et quant nostre François oïrent che'1, si s'en retornent arrière5 viers Salenyke, et laissierent les deux contes, et s'en vinrent à toz les prisons6.

636. Et1 li empereres apiela le castelain, et li dist : « Raoul, « Raoul! n'est il mie bien drois ke nous vos vengons2 cierement le » honte et le soufraite et le malaise ke vous nos fesistes soufrir devant >< Cristople, et chou ke vous nos fesistes gésir as cans sous le gielée « et sor le noif, sans loge et sans pavellon? Et li gens ki avoec moi fu « venue, fu encore plus à malaise de moi; joun'oc3 se bien non aviers

aus. Et vous estiés en vostre déduit là sus, et aviés tout vostre solas4. Par mon chief, castelains, chil ki che fait à son segneur, il ne li monstre mie ke il Faim par amours. Et celé felonnie n'ai-jou pas oubliée en tel manière ke vous n'en aiiés"' gueredon tel come vous avés « desiervi. »

637. En tel manière manache li empereres le castelain, et Pieron Vent et Vivien. Et ke vous diroie-jouplus? Li empereres s'atourne et garnist le castiel et le tour dou vesque de Sabba '. Et en che k'il faisoit

63+. — - C ajoute et moût joians. — 3 CF. arendre. — 4 C omet prison.

635. — 1 C, et devisèrent entriaus que il. — 2 C ajoute tout seul. — 3 C, chou dienl il moût tien et cor toi sèment. — i C, ceste réponse. — '■■ 1". s'en tonnèrent vers Li Serre. — 6 C, et prisent lor chemin pour aler à Salenique atout lor prisons; G. Baudoins et si eompaignon s'en alerent atout leurs prisonniers à Salenike; si les délivrèrent à Vempereour qui les fist Heu garder.

CHRISTOPLE REFUSE DE SE RENDRE. ?>Sj

prisonniers, il en fut bien joyeux, parce qu'il pense bien maintenant que pour espérer de les avoir et de les délivrer, on lui doit rendre Christople. Il s'en vint donc à Dragmes, et mena le comte avec lui ; et là ils parlèrent ensemble. Après ils vinrent devant Christople avec leurs prisonniers, et dirent à ceux de dedans que s'ils leur voulaient rendre Christople entièrement, leurs vies sauves et leurs personnes et leurs biens, le comte et tous les autres prisonniers seraient délivrés.

635. Et ceux qui étaient dedans ne leur daignèrent pas répondre, sinon qu'ils se retirassent de devant eux, ou qu'ils tireraient sur eux; et qu'ils ne rendraient pas le château pour chose qu'on pût ou sût faire, et qu'ils ne prisaient pas l'empereur la valeur d'un denier; et si on les attaque, ils se défendront bien. Et quand nos Français ouïrent cela, ils s'en retournèrent arrière vers Salonique, et laissèrent les deux comtes, et s'en vinrent avec les prisonniers.

636. Et l'empereur appela le châtelain, et lui dit : « Raoul, Raoul, « n'est-il pas bien juste que nous vous vendions chèrement la honte et « la souffrance et le malaise que vous nous fîtes souffrir devant Chris- « tople , et de ce que vous nous fîtes coucher aux champs par la gelée « et sur la neige, sans tentes et sans pavillons? Et les gens qui étaient « venus avec moi, furent encore en plus grand malaise que moi; je « n'eus que du bien en comparaison d'eux. Et vous étiez dans vos » divertissements là-haut, et aviez toutes vos aises. Par mon chef, « châtelain, celui qui fait cela à son seigneur, ne lui montre pas qu'il « l'aime d'amour. Et cette félonie, je ne l'ai pas oubliée en telle ma- « nière que vous n'en ayez la récompense que vous avez méritée. »

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