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XXXIII. Propositions de paix repoussées par les Lombards

667. Or Conon de Béthune et Anseau de Cayeux s'étaient dit entre eux qu'il serait bon qu'ils pussent tant faire que cette guerre fût apaisée. Ils mandèrent donc au connétable qu'il vînt parler à eux; et il y vint. Et ils parlèrent tant ensemble que le connétable s'adoucit un peu. Et alors ils préparèrent entre eux une paix telle que les deux parties s'en iraient à Ravenique, et là en répondraient en commun. « Et si Gui et Aubertin et Ravan ne veulent pas consentir à cette paix, « qu'ils sachent bien, dit le connétable, qu'il ne restera plus pour eux ; « et du moment où ils voudront aller contre la raison, dès lors, dit-il, « ils n'auront aide de lui ni des siens. »

668. Ils ont donc juré entre eux une trêve, jusqu'à tant que cette chose soit mandée à Geoffroi et à Othon de la Roche, et aux autres barons qui vinrent au parlement, si bien que l'empereur les en remercia beaucoup. Et avant cela, Ravan manda à Conon de Béthune et à Anseau de Cayeux qu'ils lui vinssent parler; et ils y vinrent. Et Ravan sortit avec grande crainte de son vaisseau ; mais il n'eût pas dû craindre. Que vous dirais-je? Ils parlèrent assez ensemble, mais ce fut pour néant; car à la paix telle que chacun la proposait, ni l'une ni

artères. — 4 G. ou val de la Ravenique. — 5 CEF, le desponderont. — 6 D. Rollans; E. Retuats. 1 C, demourra. — s C, confori ne aide. 668. — 1 C. si bien et si biel. — - D, Rollans. — 3 D, eastiel. — 4 C. ne se devoit point.

ne seporent assentir5-, ains retornerent cascuns arrière là dont il estaient venu.

669. Ensi comme jou devant vous dis, fu li parlemens pris ou val de Ravenyke '. Là vint li empereres Henris, li cuens Biertous et Ourris li sires dou Chitre'2, et autre chevalier assés. Li conestables vint à l'empereour, et mist pié à terre sitost comme il le vit-, et quant il vint devant lui, il s'ajenoilla3. Et li empereres l'en leva4 et le baisa, et li pardonna son mautalent et cankes il avoit mesfait enviers lui. L'endemain vint Joffrois de Vile Harduin5, et Othes de le Roche et Gautiers des Tombes13, bien à soissante chevaliers molt bien armés et molt bien montés , comme chil ki grant pieche avoient sis devant Chorinthe". Et por oïr le pais, et en quel forme et en quel manière elle seroit8 ordenée, i estoient-il venu.

670. Ke vous diroie-jou? Lombart défaillirent dou parlement, ke il n'i vinrent point. Si empirierenttrop1 lorplait; carli empereres s'afiça bien d'eus destruire'2 selonc son pooir. Et là devint Joffrois hom l'empereour Henri3, et li empereres li acrut son fief de le senescaucie de Romenie; et il en baisa l'empereour en foi. Et AmésBuffois refu conestables en fief.

671 . Quant li empereres voit ke Lombart ne se voelent assentir à s'amour, et k'il au parlement ki estoit pris à Ravenyke ne vaurent venir, il s'en parti et fist por lui garnir le castiel des Lombars, por chou ke il ne set k'à avenir li est l. Li empereres vint jesir à le Bondeice, un merkedi au soir. Dont passa le Closure, et Griphon2 le vinrent encliner.

672. Li empereres chevauce tant ke il est à Thebes venus; et Lombart font le castiel tenir contre lui. Mais li empereres dist bien ke il les fera assaillir1, et se il à forche les puet prendre, il s'ahatist

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