‹ Conquete du Foutah-DjallonChapitre 24 sur 26 · PHOTOGRAPHIES DE MM. DE BANDERVAL PHOTOGRAVURE DE LE DEH^Y · texte numérisé non relu

PHOTOGRAPHIES DE MM. DE BANDERVAL PHOTOGRAVURE DE LE DEH^Y

S«ui la di,-EcUon arllilipic île GEfîl.W.S CÛVIITEUBMONT

Au départ; pendant le voyage; six mois après. Il en a été ainsi à chaque voyage. Cet état misérable ne dure pas; après trois mois de séjour sous notre bon climat de France, en juillet, août et septembre, le malaise se dissipe, les forces reviennent, on est prêt à repartir.

Il faut dire que si nous demeurions à la côte, pourvus de tout, nous ne serions pas ainsi réduits. Mais nous avions le lourd souci des négociations à soutenir, les conspirations à utiliser, les longues courses par tous chemins et sans repos, pour paraître partout à la fois. Maintenant Tœuvre politique est terminée, nous n*avons plus qu'à jouir du pays enchanteur.

Notre soleil de juillet, même dans notre Midi, n'est qu'un doux clair de lune pour le voyageur qui vient de quitter la fournaise africaine; non que le soleil là-bas soit beaucoup plus chaud, mais il darde un actinisme violent. A l'heure de midi, lorsque le soleil est au zénith, les rayons incidents s'opposent au rayonnement des rayons réfléchis suivant la même normale, le milieu actinique, pendant une heure ou deux, devient insupportable.

Départ; à bord des Messageries Maritimes; la traversée de Bordeaux à Dakar est une promenade sur ces bateaux admirablement aménagés; quatre ou (;inq cents passagers apportent une animation qui fait oublier le temps; bals et concerts de charité, loterief an profit de la Société de secîours aux naufragés.

La nier, dans le golfe de Gascogne, est parfois démontée, mais alors c'est à un toi point qu'on a la satisfaction d'avoir assisté ji une belle temptHo.

rnUBMIIRt liiii

panp

!«. â^J^^tt

îr-s*^!--^ -i.'

A Dakar.

Les pirogues, comme un vol de moineaux, accourent au paqueboL.-; Les passagers, du haut du bastingage, se réjouissent à la vue db • ' ces nageurs vigoureux, adroits et d'un entrain sans trêve. « AlloM^'^iL allons ! crient-ils, jette sou à moi; madame jolie, jette 50 centiin6S»^|ff Et pour la moindre obole, tout ça plonge en tas, bataille sous r€M2^i Pour 20 sous, le plongeur passe sous le navire et sort de raofra côté; c*est un jeu. Parfois lorsque la pièce dissimulée par l'agitation de Teau est descendue trop profondément ou que la lutte s*est prolongée, un nageur suffoqué ressort de Teau à demi asphixié; ses camarades le saisissent, retendent au fond de la pirogue, le frictionnent savamment et lui rendent le souille; c*est fait en un tour de main, bien fait, tout le monde replonge.

Aux îles Canaries, cette pèche aux sous se pratique aussi; mais ces petits grelotteux jaune citron, tout nus, sont laids, tandis que le Noir, vêtu de ses reflets, est décent par nalure.

Notre maison û Boulam. Construite au temps de la navigation à voile, tous nos matériaux viennent de France; il fallait plusieurs voiliers pour rapporter, en arachides, le prix d'une seule cargaison de marchandises d*£urope, ces voiliers allaient donc à vide et le fret d'aller ne coûtait rien.

Enfant, poHeuse d*eau allant à la fontaine ; elle aperçoit Tobjeclif et ne sait plus s'il faut fuir ou s'arn^tor pour se soustraire à sa magie.

Pirogue sur le Company.

A Boiilain :

Porteuse d*eau, iii litres, pour deux palacons (0 fr. 20). La fontaine est à ? kilomètres des habitations. Cliaque matin, la porteuse vient chez ses abonnés remplir les filtres et autres récipients. On se rend roinpte do la vigueur de c^etto porteiriss (comme on dit en Provence), qui soulève à bout de bras sa lourde aiguière, soit pour la pos(*r sur sa tête, soit pour (»n déverser le contenu.

Papeîs ramassant de In tern* à bâtir; porUint, dans des bottes à biscuit, la terre ou l'eau juscju'aux maçons; apportant par petites quantités, la terre pétrie; maçonnant à coups de pouce le mur en terre.

A Boiilam, le roi Oiior avec son femmes, ses fils et ses iilles; il arrive en pirogiie de Ttie de Rouban, archipel des Bissagos; à Tavant, le roi en chapeau melon. A rarrière un enfant va jeter l'ancre, c'est-à-dire une grosse pierre attachée à une longue lanière d'écorcc d'arbre.

La pirogue est faile d'un tronc de benténier; celle-là est de grandeur moyenne, nous avons vu tout un village, GO personnes, s'embarquer sur la môme pirogue, avec bœufs et moutons, pour se transporter, à l'époque des cultures, de Tfle de Cagnabac à Ttle de Galline.

Ces insulaires naviguent très hardiment à la voile et à la pagaie, sur des fonds souvent dangereux, au milieu des brisants, dans les courants changeants que forment les marées; ils ont 70 kilomètres à franchir pour gagner le continent; ils perdent de vue leurs lies avant d'avoir aperçu la terre ferme.

Les Bijougots sont fiers, d'un caractère diflicile mais loyal dans ses amitiés : valeureux guerriers, ils se plaisent au combat. Ils ont conservé leur indépendance, mais depuis que la navigation à vapeur soutient nos supériorités, ils ne pourraient longtemps résister.

Onor vient nous saluer et, comme d'habitude, camper à notre porte où nous lui rendons l'hospitalité que nous avons largement reçue dans son fie.

Au dépaK, il emporte une chaise qui avait été l'objet de ses convoitises.

Presque tous les bateaux en vue seront à sec à mer basse.

l/ct objet cornu, sans formo déterminée, est le dieu, lo manitou royal; il (>st en même temps l'insi^i^nc du pouvoir et il accompajcne partout le roi.

Le jupon de paille, uniforme des femmes de l'archipel, est miuce à la ceinture, épais de 'J5 centimètres en bas; il est formé de plusieurs jupons superposés. Dans la pirogue, ces femmes vont ùter les jupons de dessus, habits de ville, pour ne garder que celui de dessous, léger et peu gônant. La page (> montre ces femmes ayant déjà enlevé et mis autour de leur cou un de leurs jupons. La nuit, ces jupons servent de manteaux.

Les hommes sont vêtus par derrière d'un caleçon de cuir noué sur le devant et d'une ceinture ornée de coquillages. (V. p. 10.)

Le roi Onor a laissé son chapeau de voya^^o et mît son chapeau haut de forme, à turban; il se rend à la factorerie de M. Ansaldi. Consul de France.

On remarquera l'allure très simple de ces femmes exemples de crainte, différentes en cela de la plupart des indigènes qui laissent paraître près de TËuropéen, devant Fobjectif, une inquiètade et une méfiance qui leur donnent une allure gênée.

Il faut dire que si ces Bijougots se prêtent ainsi à nos travaux photographiques, c'est qu'ils sont sûrs de notre protection, ils se considèrent là comme chez eux. Cette confiance n'est pas sans inconvénients, ils deviennent parfois bruyants, souvent ils se querellent; ils allument de grands feux, le jour pour leur cuisine, la nuit, pour se défendre par la fumée contre les moustiques.

Warf du gouvernement. Ëstacade en troncs de Rosniers. Ce bois, monocotylédoné, est incorruptible ; dans la vase, au soleil, alternativement couvert et découvert par la marée, il reste aussi solide après soixante ans qu'au premier jour.

Type (le Bijougots : ils ont les cheveux frottés d*ocre jaune ou d'argile rouge formant un dessin roi parti; la couleur bleue intervient parfois. L'homme porte un bonnet de fourrure, mais c'est là une fantaisie et non la coiffure ordinaire.

Le chapeau haut de forme est un objet rare, recherché, réservé aux chefs.

— Ul —

Daoud, notre iulerprète, petit-lils de Jërùme Lawrence, roi du Cassini. Sousou de race, un peu de sang américain ; ses ancêtres, puissants et riches, faisaient activement le commerce avec TAmérique. L'abolition de la traite a ruiné tout ça. Daoud parle et écrit couramment le français, il a appris le foulah avec nous dans le Foutah-Djalon. Nous Tavons amené en France pour qu 'il pût mieux comprendre nos idées. Monsieur le Gouverneur Général, a bien roula lui attribuer une médaille pour les services qu'il en avait reçus lors de son premier voyajçe à Timbo.

Femme se frottant les dents avec un petit bâton. Divers bois sont bons à cet usage, s'effritent en brosse et happent à rémall eom me une argile smectique. L'usage de ces petits bàUms est fMrlCMtt répandu, les Noirs ont des dents superbes (lorsqu'elles ne son t pas noircies par le kola, le tabac pilé et la cendre potassique).

Dieu, manitou de l'archipel (posé accidentellement sur une potiche).

Ceinture à coquillages que portent les Bijougols; potiche ornée do dessins.

Chapeau foulah.

Anso de notre habitation.

Blanchisseuses, femmes de Sierra-Leone probablement, vêtement ridicule cher aux Anglais; le Noir ainsi afTublé est indécent et laid, Todeur forte que sa peau exhale, reste emprisonnée sous ces voiles, en vapeurs inquiétantes; nu, à Tétat de béte, au grand soleil comme la plante et la faune, sa ligne et son allure forment une unité harmonieuse, il est dans sa beauté; le v<^tement est pour nos épidermes fragiles, et encore! toute jolie femme, fière de ses beautés de béte, ne pense qu'à ^t^ter; et elle en n'chercho un prétexte, au bal par en haut, au bain de mer par en bas.

Manœuvre de halage par une tîorvée de prisonniers.

Notre case.

Notre cuisinier sénégalais et le maître d'hôtel! Aly N'doye, Lébou de Dakar.

Vêgélalion à Konakry.

Petite marchande au milieu de ses calebasses, sur le côté de l'avenue, offrant du riz, du sel, des piments.

Pêcheuses d*hutlrcs, à marée basse. Elles détachent Thuttre de coquille pour n'emporter que la béte. Elles emplissent des calebasses de cette gélatine gluante, à Taspect de limaces, bien peu appétissantes. Elles vont ensuite laver leur pêche à la fontaine et la cuisinent de diverses façons, dans le riz, par exemple.

Deux hommes attaquent une roche, sur la plage, pour en tirer de la pierre à bâtir, à vendre 20 francs le mille.

Hache en silex découverte sur la plantation de M. Colin (rivière Dubreka); et, à cMé, hache moderne dont le fer a mêmes forme et dimensions.

Case du cuisinier; voAlée en pierre, elle n*a pas à craindre l'incendie. Dans leurs cases de paille, les Noirs allameni le féu au centre de la case, avec un bois qui ne fait pas d^étincelles; la famée se refroidit en se répandant dans le large espace et s*échappe sans danger au travers du chaume; le nuage léger qu'elle forme révèle de loin la présence des habitants. Dans la case, cette famée i b créosote conserve les provisions suspendues au-dessus du foyer, elle éloigne les moustiques. Dans les régions où les moustiques sont en trop grande quantité, les Noirs dorment au plus épais de la fumée, sur une étagère de bambous élevée tout en haut de la case.

Cette fumée est corrosive, nous brûle les yeux; rEuropéen est réduit à se courber jusqu'à terre pour s'y soustraire.

On ne peut dans ces cases couvertes en paille, construire une cheminée, elle amènerait des étincelles sur la toiture et multiplierait les incendies déjà trop fréquents.

\ctre maison d'étape.

Construction de la case da cnisinier. La difficulté était une voûte sans le secours d*an cintre en bots. U a suffi réussir assez bien, de dresser verticalement, au centre de la une longue perche ; une ficelle, tenue par un bout au pied du nnir, à l'intérieur, et tendue en touchant la porche, marquait à son aatre bout la place d'une pierre. Les maçons, Yolofs du Sénégal, ont à pea près compris et exécuté la manœuvre.

Ces Noirs se croient très supérieurs aux autres Noirs; ils ont trouvé qu'à Conakry, on ne leur témoignait pas assez d*estime; ils sont électeurs! Aussi longtemps que les Colonies enverront des Députés à la Chambre, notre politique coloniale ne sera qu*une politique de nègres.

Alioun, fils de TAlmamy Omar et frère de TAlmamy Bakar Biro; a été, dès le premier jour (1880), favorable à mon projet de chemin de fer et Ta soutenu auprès de son oncle TAlmamy régnant, Ibrahima Saury.

Il avait, entre autres, quatre frères, Ahmadou, Mahamadou Pâté, Bakar Biro et Abdul Ay. L'atné dominait les autres par son intelligence, ils résolurent de le tuer. Alioun refusa de participer à cet assassinat et prévint Ahmadou, mais celui-ci, méprisant ses adversaires, se rendit à leur appel; le prétexte de la réunion était un partage des bracelets d'or laissés en héritage par leur père, TAlmamy Omar. Ahmadou fut étranglé devant ses frères, par leurs sofas apostés d'avance. Plus tard. Pâté et Abdul Ay furent successivement assassinés par Bakar Biro, puis celui-ci eut la tète coupée après la bataille de Porédaka.

Alioun a été emmené prisonnier à Conakry. C'est un homme trèg doux, intelligent, d'un caractère honnête, et dont il serait facile^ d'utiliser l'inlluence et l'amitié.

Une vieille esclave pile à grand efîort de ses bras maigres, mais très habitués, du riz ou des arachides que lui verse une autre femme. A droite, une femme, plus jeune, adroite et vigoureuse, vanne le grain pilé; son mouvement est très étudié, vif et d*an parfait rendement; la rapidité de la secousse est révélée par le flou de Textrémité du van.

L*enfant a le ventre ballonné.

Les hommes ne font rien.

Une esclave prépare des galettes de mais ; on ne saurait voir plus insouciante béte, indifférente par excès de résigpnation, propriété matérielle d*un mattre chargé de penser et de vouloir pour elle. La présence de Tobjectif du Toubab (Blanc) et de plusieurs personnes campées là pour la photog^phier, n'a pas éveillé son attention, pas fait varier d*une nuance le moindre de ses gestes. Cette esclave est heureuse comme une bête, triste néant.

Surakata, roi du Benna, prisonnier à Conakry; intelligent et "énergique, il a vaillamment résisté à nos troupes, s*est admirablement défendu derrière ses murailles de terre. Il occupe avec ses ^femmes et ses serviteurs quelques misérables paillotes qui forment un quartier de Conakry, à Tangle de deux avenues. Il s*ingénie à gagner quelque argent, fait tirer par ses gens, de la pierre à bâtir qu'il vend aux maçons. Il vit ici assez pauvrement, mais dans son pays, .où il espère bientôt retourner, il a de belles cases et de nombreux captifs.

Passants. Quels pieds! Les enfants sont toujours bons à voir dans la naïve vérité de leur allure.

Chez les Noirs, la femme travaille du matin au soir, porter Teau, porter le bois, piler le grain, faire la cuisine, construire ou réparer la case, prendre soin des enfants. L*homme ne fait rien; mais, en réalité, la femme est le maître, et elle le sait bien.

Dans la gravure, au bas de la page, nous voyons, à droite, trois petites botes insignifiantes (elles tiennent à deux une paille pour conjurer le sort que jette Tœil de verre du photographe); à gauche, une matrone porte sur son visage la conviction de son pouvoir fatale; elle sait que Thomme lui appartient, elle le regarde presque avec pitié.

Bëdo, roi de Boulbiné, et trois de ses (iiles. À terre, sèchent des petits poissons, pas plus gros que des becs de moineau, que Ton ramasse à pleines calebasses dans le creux des rochers, à mer basse. Bédo est très vieux; en 1888, lorsque nos troupes vinrent s'emparer de la presqu'île de Conakry, il se retira dans Tintérieur avec ses sujets, après avoir incendié son village. La paix faite, il est revenu, les cases ont été reconstruites, la presqu'île maintenant est sillonnée de larges avenues; les panthères qui rôdaient dans la brousse, autour des puits, près du village, ont été repoussées sur la terre ferme; Tindigène, cependant, me parait regretter sa liberté, les nonchalances de son irresponsable farniente.

Alléo, devant notre case, sablée en coquillagas brisés qui abondent sur la plage.

Un boabab dans une rue de Dakar.

Brousse dans une rue de Conakry.

Liane à caoutchouc.

L'arbre à chAlaigp^ie, même lieu, (celui qui montre la perche*

Benténier : ensemble et détail. L'intérieur est un assez vaste espace proprement entretenu et servant de temple pour les cérémonies de la circoncision.

ffX

mÏ

ii* l ' ^-"v "Vt ■^JÊb^'

^^3^^&-<^Hw

iP^'^lS

Jnl

BmMc^u *^'*^^^^^^F

ll^

iPlP

PnilloUes de Surakntn, habitants; Texprcssion de ces femmes devant Tobjectif est curieuse cà observer: une matrone, les mains sur les hanches, se demande ce qu*on va lui faire; à côté, une enfant baisse la tôte et tremble de peur; Favant-dernière a gauche suintéresse à Texpérience. Ces femmes posent par Tordre et sous Vœi\ de Surakata, d'ailleurs très doux dans Texercice de son autorité absolue.

Barque de commerce venant de Mania.

Autre paillotte, un enfant revient de la pêche, une petite fille casse des noix de palmistes, d'un mouvement assez rapide; la femme trie les amandes.

Une rue à Conakry, bananiers, palmiers, case, passants.

Mangliers ; ils forment sur le bord des marigots ou des fleuves, dans les eaux saumàtres, une belle végétation, des forêts étendues dont les arbres sont portés en lair par ces racines (que montre la gravure). A mer pleine, Teau monte jusqu'au pied des arbres. Dans le Compony, près de Bassyah, il existe une tribu de sauvages qui passent leur vie dans une forêt de mangliers; courant sur les racines enchevêtrées, ils chassent, ils pèchent; ils ne possèdent aucunes terres.

Il est d'autant plus diflicile de débarquer sur ces bords que Ton s*enfonre dans la vase jusqu'à disparaître.

Indigène grimpant à un palmier pour aller recueillir du vin de palme. L'ascension est très rapide, au pas de course; lorsque le grimpeur arrive au niveau du point de contact de la liane qui le retient à l'arbre, il se soutient par un élan pendant lequel il élève le contact de sa liane avec l'arbre au niveau de sa tête, et, s'appuyant (les reins et des pieds, il monte d'autant. Un homme visite, sans se lasser, 30 ou iO palmiers.

Le vin de palme est mousseux, légèrement grisant; assez agréable à boire quand on en a l'habitude; il a un peu le goût fade de la sève de saule.

Tcrritairc de lonia.

Le Konkouré vu de lonia, ancienne capitale du Laba} a.

■^^e^ie'

Nous faisons construire uno case pour notre jardinier. Nos hommes sont experts dans ce travail; le vieux Doyo, frère du roi de Bramaya, donne ses avis à l'interprète.

Ces bois sont des mangliers coupés au marigot voisin, les termites Tattaquent peu : les alentours fournissent la paille; en trois jours, la maison est close, très habitable.

Lorsque la case est haute (1*2 mèlres par exemple), il faut des spécialistes pour lancer jusqu'au faite les dernières bottes do paille, l'entreprise demande de la force et de l'adresse.

te-îi?

fÊÊÊk ..

Pirogufc et passagers, Daoud notre interprète.

Coin de plantation, abris de caféiers contre le soleil.

A la barre, en pirogue; au bout de cinq heures de navigation, rétroit bordagc qui sert de banc parait un peu dur.

Sousou.

Cuisine ordinaire sur trois cailloux. Ces trois troncs d*arbres sont des cylindres d'écorce habilement détachés de Tarbre, suivant une fente longitudinale, et destinés à former des ruches. On les placera dans les branches élevées d*un arbre choisi, les abeilles les rempliront. Puis, le temps venu, on enfumera l'essaim, on brisera la ruche. Ces ruches se voient partout dans les bois, près des sentiers; leur miel est fortement parfumé; mêlé à la farine de nété, qui abonde partout, il forme un mélange apprécié des Noirs. La cire est un bon élément de traite.

Le Konkouré, au temps des plus basses eaux (mars); dans la saison des pluies (juillet), ces rochers sont couverts, les eaux s'étendent, au-delà des bords de cette longue rue, sur les plaines voisines.

Rapide de Goba Lamina.

Jeune papayer avec ses melons.

Gîte pour la nuil sous les bambous; un orag^ ayant éclaté, nos Noirs qui dormaient par là autour ont mis leurs boubous en paquets à l'abri sous mon lit.

Silo aérien pour les provisions» abondantes au moment de la récolte. A l'approche de la saison des pluies cette carcasse sera recouverte comme une case» on voit à terre la paille déjà apportée. Ainsi perché sur des piliers, ce grenier est facile à surveiller et à préserver des voleurs, des rats et des termites.

oo

Porteurs faisant cuire leur riz. Le rire bruyant de Tun d'eux révèle Theureux caractère de ces professionnels.

Femmes sousous, autorisées par leurs maris et en leur présence, à se laisser photographier; il est visible que la satisfaction de leur vanité l'emporte sur leur inquiétude.

Femme prenant des arachides dans Foutre en paille où elle les conserve en provision. Ces gros paniers sont enduits à Textérieur de terre imperméable à l'eau.

Case et Sousous.

Tisserand; d*un seul pied agissant alternativement sur Tune et i*autre de ses pédales il sépare les fils où il engage sa navette, chaîne et trame du même fil de coton; il fabrique ainsi la bande Soi\ large de 15 centimètres; enroulée sur elle-même, la longue bande forme un large pain rond et plat. Les indigènes, à Theure de la disette, les vendent en cet état aux factoreries pour avoir du riz, puis, lorsque vient le temps de leurs récoltes, Tabondance momentanée, ils les rachètent, sans souci des frais de transport, de la perte à la vente et à Tachât.

Pour être utilisée, la bande est coupée par longueurs convenables, les morceaux cousus les uns à côté des autres forment des tissus à boubou très solides et recherchés.

Une femme a quatre pattes nous regarde passer, attitude au repos, originale, très habituelle.

Cet homme, une sorte d'hercule, les mains attachées derrière le dos, avait incendié un village et volé un enfant. Nous l'avons fait arrêter et livrer au roi ; condamné à avoir la tête tranchée, il devait être exécuté après notre départ, nous sûmes plus tard qu*ayant obtenu d'être livré comme esclave au père de Tenfant volé, il s^ét^it sauvé.

L*enfant volé est représenté dans la gravure ci-dessus, derrière lui son frère, à droite son père, à gauche sa sœur, femme albinos couleur vieil ivoire, c'est fort laid.

Autres témoins.

Rochers de grès usés par les eaux courantes. Ces témoins des longs temps préhistoriques et de la violence des éléments cherchant leur équilibre sur la planète mai éteinte, se (rencontrent partout dans le Foutah-Djalon, sous les orientations les plus diverses, à toutes les altitudes, sur des crêtes isolées; telles les superbes clo* chers, donjons, piliers, monuments demeurés comme une ville de géants sur la crête du Fita qui domine Fougoumba.

Au bas de la fgravure, mêmes rochers au haut de la falaise de Moussaïa. La muraille, coupée de corridors parallèles que forment ces cloisons aux aspects étranges, s'étend sur plus d*un kilomètre.

Nos cases à Donhol, jeunes orangers, clôture.

Nos cases à Dionghazi.

Caravaniers assis sur une liane, sur le bord de la falaise, devant les susdits rochers de Moussaïa.

Ilrali-lou, porteur docile, robuste, habile à faire la lessive. A b halte, un quart d'heure pour laver veste et culotte, vingt minutes pour les sécher au grand soleil, sur la roche brûlante et Ton repart, un peu déguenillé, mais bien propret.

Captif en course. Porteuses d*eau, porteuses de linge rentrant au village. Nos porteurs (25 kg., 30 kilomètres), sacs de riz, sacs de sel, lit, campement; la caisse n» 5 contient la cuisine, toujours fermée à clef.

Cnses Sousous. Scènes de départ ou d*arrivée, bagages, porteurs, g eas du village; en noir le chef de Sogolon.

Sorcier s*appr(}tant à danser sur une échasse, une seule; il joue e n même temps du tambourin et agite mille gprelots; la foule fera un accueil enthousiaste à ses tours adroits.

Sur le sentier dans la belle brousse.

Porteur de caravane: afin de n*avoir pas à se baisser pour déponer son fardeau ou pour le reprendre, l'homme engage le bout de ftOQ paquet allongé dans la rourclic d'un arbre, à sa hauteur, et soutient l'autre bout avec un bâton; il s'évite ainsi une fatigue, et surtout il • * évite toute secousse à son bagage. Les caravaniers ont le plus grand soin de leurs colis.

Femme cueillant des simples.

Petites termitières: ces nids, presque les uns contre les autres, couvrent parfois des espaces assez étendus (50 mètres par exemple)! on en rencontre partout par petits groupes. L4 chapeau de dessus est souvent employé par les indigènes pour former le sommet de leurs cases; la terre agglomérée par le termite résiste indéfiniment aux intempéries. 4

Enfant nous offrant gentiment de Teau pour nous désallérer.

Esclaves pétrissant de la terre à bâtir.

Cuisine en plein vent. Tendant la saison sèche, les indigènes font leur cuisine dehors.

Enfant (captil) chargé d*un trop lourd fardeau, tandis que la matrone propriétaire ne porte rien.

Dame de qualité en voyage.

Termitière. Toute la terre do ce monticule a passé grain à grain dans Testomac des termites; elle est recherchée pour la construction des cases. Ces termitières se rencontrent partout en grand nombre, nous en avons compté jusqu'à cent dans un même champ. Lorsqu'elles sont neuves, elles se terminent en plusieurs élégants clochetons pointus de ] mètre de haut, correspondant aux nervures du massif.

Le tennile de cette espèce, fourmi blanche, dévore les plus grosses pièces de bois (mort); en peu de temps, les piliers de pont, les poutres, comme les moindres fagots, sont réduits en poussière; c'est un ennemi qu'il faut sans cesse surveiller. Les magnans, fourmis carnivores, détruisent l'inutile termite, ou du moins lui nuisent beaucoup; nous avons rapporté, précédemment, les mœurs de ces utiles carnivores.

Nos porteurs; dans la brousse; arrivant au village, ils se demandent d'abord si le Blanc a permis qu'on s'arrête, puis, tout de suite^ il demande à l'habitant de l'eau pour boire, qui ne se refuse pas.

Ces arbres en cou de girafTe, et d'autres moins hauts, sont des papayers; un papayer porte jusqu'à cent melons; ce fruit est savoureux, doux, très digestif, sa chair fondante; il active agréablemenk les fonctions de Testomac.

Anneau d'or, 9 centimètres de large, que m'a donné TAlmamy Ibrahima Saury, en 1880, en me remettant Tautorisation d'établir un Chemin de Fer dans son pays.

Scorpion, — (i,'20 de long, — rencontre fâcheuse et fréquente. Les Noirs le saisissent par la queue à Taide d'un nœud coulant préparé au milieu d'une longue paille et le suspendent; Tanimal se dessèche, mais la vésicule garde son venin mortel.

Giiémé-Sanjj^an, lieux occupés, il y a deux cents ans, par la capitule des pays sousous et du Foutah-Djalon, alors sous la domination •du conquérant Goly Tenguella.

Plantations, paillotes.

Un chef voisin en visite.

Alerte de chasse.

Muraille de Guémé-Sangan; longue de plusieurs centaines de mètres, large d'un mètre: construite, il y a deux cents ans, par Coly Tenguella. Ce conquérant, prédécesseur des Foulahs dans le Foulah- Djalon, avait établi sa capitale sur le territoire de Guémé-Sangan et Tavait fortifiée; le mur d'enceinte, dernier vestige de sa puissance» est un des rares spécimens de travaux un peu anciens que Vort puisse trouver dans ces régions de l'Afrique.

Tchernou-Ibrahima, roi de Tymbi, et cinq de ses frères vienne" du haut pays nous rendre visite à Guémé-Sangan; par déférence, i *ont laissé leurs (-hevaux hors des murs.

Le Konkouré.

Barrage de rochers, couvert par les eaux dans la saison des pli|ilil:f (juillet). Ces barrages sont nombreux; dans le site représenté. i€i^.j|^ y en a trois, entre lesquels le fleuve forme des petits lacs succetstti se déversant de Tun à l'autre.

Autre vue du Konkouré.

Rapide de Bcnnah : il descend là par escaliers sur plus de i kilomètre.

— kh —

Le Konkourë à Bennah, en aval d'un rapide; lessive et bain dans la rivière, beaucoup de caïmans; sur les bords, dans le sentiei qui vient du village, nombreux magnans (fourmis carnivores).

Là mon fils a tué un hypopotame. L'animal a fait un bond de toui son corps hors de l'eau, énorme, ruisselant, semblable aux geysers fumants, couverts de pluie et d'écume.

Chute de Télifandjé.

Le Konkouré, près de Maléah; la pirogue remisée sur la berge, limite des hautes eaux à lUO mètres de là, est roulée sur le sable, jusqu'au bord. C'est une partie de plaisir pour nos porteurs, tout est jeu pour ces grands enfants.

— Po-

chasse à l'hippopolame. L'animal gros et gras flotte à demi, on le^ tire sur les rochers; le marabout fait aussitôt couper la queue et la jette au fleuve; chacun s*est armé de couteaux, de sabres, de haches, de scies. Nos hommes se servent d'abord, ils en prennent chacun unecharge, de la peau, de préférence, c'est un épais Ussu très i^ras; puis nous faisons présent au Chef du village de Tanimal à peine entamé par ce prélèvement. Le digne homme s'adresse alorç à la foule qui grouille sur la pitence et lui rappelle, en ces termes d'usage, la discrétion : « Celui qui touchera à la bête sans permis-^ sion, sera à l'amende d'un bœuf si c'est un homme libre, il recevra 50 coups de corde si c'est un captif; » simple renseignement. Tout le monde s'écarte : ces gens sont contents d'obéir ensemble et avee ordre.

Après nous le village, après le village les charogpiards, après eux les fourmis; le lendemain la place était nette, il ne restait, comme témoin, qu'un monceau d'herbes broyées, sortis de l'estomac de la bctv.\ et l'ossement énorme de la tôte à la lourde mâchoire, nettoyé,. dépouillé comme une préparation anatomique.

A Koulibara; rëccplion, tam-tam, chants et danses, balafons, timbales, castagnettes, grelots, vacarme infernal mais toujours rythmé; un griot au verbe tumultueux proclame nos mérites. C'est comme partout, ces gens sont heureux de faire du bruit, de se montrer à un Blanc, de fôter un grand chef.

Nous sommes la dans un petit village, dans les villes importantes, ces professionnels de la fôte viennent par centaines, de la part du roi, et manœuvrent ensemble comme un corps de ballet. C'est le train ordinaire d'un chef; s'en montrer ému, satisfait ou mécontent serait le fait de petites gens; il faut subir simplement; il est d'ailleurs didicile de s'en débarrasser.

Captifs de Thicrnou Ibrahima, dans la vallée du Kokoulo. Le chef du village est cette femme au nez aquilin qui porte un voile sur la tôte. Ils sont de race étrangère au pays, mais nés là probablement. Tranquilles cultivateurs, pourvus de tout par leur travail, envoyant à leur maître, qu'ils ne voient jamais, une dtme légère. Il est d'autant plus attristant de les voir captifs qu'ils ont plus de valeur.

Nous sommes, comme partout, reçus en amis, sollicités de nous arrêter dans leur village, mais nous n'avons pas le temps; ils viennent sur le sentier nous otTrir leurs présents.

A Koulibara; réception, tam-tam, chants et danses, balafons, timbales, castagnettes, grelots, vacarme infernal mais toujours rythmé ; un griot au verbe tumultueux proclame nos mérites. C*est comme partout, ces gens sont heureux de faire du bruit, de se montrer à un Blanc, de fêter un grand chef.

Nous sommes là dans un petit village, dans les villes importantes, ces professionnels de la fête viennent par centaines, de la part du roi, et manœuvrent ensemble comme un corps de ballet. C*est le train ordinaire d*un chef; s'en montrer ému, satisfait ou mécontent serait le fait de petites gens; il faut subir simplement; il est d*ailleurs difTicile de s*en débarrasser.

Captifs de Thiernou Ibrahima, dans la vallée du Kokoulo. Le chef du village est cette femme au nez aquilin qui porte un voile sur la tôte. Ils sont de race étrangère au pays, mais nés là probablement. Tranquilles cultivateurs, pourvus de tout par leur travail, envoyant à leur maître, qu'ils ne voient jamais, une dtme légère. Il est d'autant plus attristant de les voir captifs qu'ils ont plus de valeur.

Nous sommes, comme partout, reçus en amis, sollicités de nous arrêter dans leur village, mais nous n'avons pas le temps; ils viennent sur le sentier nous offrir leurs présents.

Arrivée à la halte. De là une belle vue sur les hauteurs de Gué- 'inédy et Mammagnare.

Ces hauteurs sont deux tours géantes, à parois verticales, qui se dressent à c6té Tune de l'autre, sur la crête d'une montagne; elles -sont boisées de grands arbres, couvertes des pieds à la tète de végétation serrée, ce qui achève de leur donner un aspect remarquable. On les voit et reconnaît de tous les sommets élevés de cette partie du Foutah, c'est un signal topographique facile et utile à relever.

Mammagnare veut dire « Mère grognon»; la phonétique nous Tannonçait, et il en est de même ici pour la plupart des mots, si bien que sans savoir la langue, on perçoit malgré soi le sens des conversations entre indigènes.

Falaise que descend le sentier du Carrey.

Ahmadou du Tondon et autres chefs de village des environs de •Guèmé-Sangan, de très braves gens; les deux, au milieu, proches jparenls de Thiernou Ibrahima. roi de Timby.

Le Kokoulo.

Missida, mosquée, de Saran, village de Thiemou Oumarou, frère et compétiteur du roi de Tymbi.

Tour de Maci, la plus remarquable et la plus élevée de ces formations en tours que Ton trouve partout dans le Foutah.

Chute de Cambadaga, Tobjectif n*en voyait qu*une partie. Au temps des pluies toute la roche est couverte; 80 mètres de hauteur.

Rochers rongés par les courants préhistoriques.

Le Carrey, sentier suspendu le lonp^ de la falaise et s*enfonçant par endroit dans des cavernes naturelles où passe un ruisseau. De l'ombre, de la fraîcheur, belle vue sur le Diokoumi, sorte de brèche de Roland, passage peu utilisé, de Tautre côté de la vallée.

Chute du Kinkon, 80 mètres de hauteur, Kokoulo, en aval de Bourkadia ; vu à la fin de la saison sèche, au plus bas des eaux. Dans le temps des pluies, elle remplit son puits de 40 à 45 mètres de diamètre.

De la corniche d*où nous prenons cette vue, on aperçoit, en aval, un abîme sans fond où la rivière continue ses grondements; par plongeons successifs les eaux du haut pays descendent de la plaine des Tymbi au niveau du bas Kokoulo, tombant ainsi de 500 mètres sur un parcours de 45 kilomètres; la dernière chute de la série est celle de Cambadaga, connue de tous les voyageurs, sig^nalée par René Caillé. Le soleil, à midi, éclaire jusqu'au fond ces gorges profondes. Nous ne connaissons rien en Europe qui égale en magie Thorreur de ces lieux.

Bentënier à Bourkadia, haut pays, ensemble et détail. Cet arbre pousse très vite; si le pays était inhabité, il se couvrirait de forêts de cette espèce; le bois se travaille facilement en sabots, écuelles, cuvettes (baganes), pirogues. Les grandes pirogues se taillent dans le Polon, arbre de la même famille dont le tronc lisse et droit s'élève comme une tour, les branches ne commencent qu*à 20 mètres et plus du sol. L'indigène abat Tarbre et le creuse sur place, puis il pousse la pirogue achevée, jusqu'au cours d'eau le plus voisin. Pour effectuer ce transport sans dommage, il pose sur le sol de gros bâtons lisses, sur lesquels glisse la lourde embarcation ; ces traverses forment ainsi d'interminables échelles, à terre, sur des longueurs de 15 ou 20 kilomètres; l'indigène trouve ce mode de transport tout simple. Une petite pirogue pour douze passagers, coûte 100 francs; huit jours suffisent à la creuser.

Autre Benténiar, au bord de la mer.

Nos cases à Giiéhamn:

Foulah:

Coiiïure foulah, ambre, ëcus de 5 francs, corail rocaille, perles de verre, coquillage (le large anneau blanc accroché au chignon); anneaux d'or aux oreilles; ces anneaux lourds sont soutenus par une lanière de cuir.

L'édifice léger de cette chevelure indique une femme de qualité qui ne pose jamais aucun paquet sur sa tôte. Deux heures suffisent pour étirer ce crin laineux, frisé, et aligner ainsi ses brins un à un. Un jonc résistant forme la carène renversée qui donne à cette coiffure son élégante allure.

Gardénia, abondant partout, beaucoup de fleurs, violent parfum. Le bois de ce vilain arbre ne plie ni ne casse; lorsqu'à cheval on vient à le frôler on s'y blesse, comme à une arôte en pierre.

Syrah cl Salumata femmes du roi; la plus jeune de ces princess paraît avoir de bien vilaines dents; collier d*ambre de 300 franc dans les cheveux, écus de Kahel, notre monnaie.

Notre table à Guêhama. Une table et des pliants, c'est le colis le plus incommode à transporter.

Boîtes de Rodél. légumes secs de Prèvet, chocolat de Marquis, biscuit de Coste, cognac, absinthe, quirsch; calendrier, boy Lcbou de Dakar.

On pourrait se passer de tout ça, et il arrive souvent que sans le vouloir, pendant la route, on en est privé; mais on ne pourrait se passer de la lanterne. La nuit, aux prises avec les rats, les araignées, les cancrelats, les chauves-souris, les frôlements indélinissables, des cris au dehors, les avaries par le vent ou la pluie, si Ion n'a pas de lanterne, on suspecte avec inquiétude, des événements souvent imaginaires qu'un peu de lumière réduit en réalités insignifiantes.

Une panthère est venue prendre notre chien, à notre porte, sous l'auvent de cette case.

Notre case, en construction, sur le bord de la falaise c L'endroit était sans eau, la fontaine la plus voisine < minutes de là; mais la nature et les plis du terrain ii présence probable des eaux souterraines, en un point obligé; nous envoyâmes sur ce point, d*un accès di Noirs agiles, avec pelle et pioche, pour ouvrir la terre, çant qu*au troisième coup de pioche ils verraient jail effet, l'eau parut sans étonner personne, le Noir ne m doute notre pouvoir magique. Nous fîmes pratiquer un quarante marches, avec une solide rampe, pour acc< source, tout le monde fut content. Mais un marabout c Kaguel, contrarié de cette diversion, jeta un sort sur lique ; au retour d'une courte absence nous ne trouvai des cendres; notre case avait été atteinte, disait-on, par de flammes se propageant par la brousse sèche, d'un champs allumé à plus de 20 kilomètres de là. C'était p un mensonge, mais il était vraisemblable.

Nos cases à Guéhama; case foulah à toiture arrondie, différentede la case Sousou plus élevée, à toiture pointue. L'auvent forme un corridor circulaire extérieur, puis un mur en terre de 2 mètres de hauteur^ forme à l'intérieur une salle ronde de G mètres dediamètre.

Captif au fer, puni parce qu'il s'était évadé: il restera là huit jours, fort insouciant; la nuit on le rentre dans la case, avec sa bûche. Les captifs se sauvent soit parce qu'ils sont maltraités, soit parce qu'ils ont la manie d'aller ailleurs, sans souci de quitter unmaître supportable, ni crainte d'ôtre pris par un pire, sans grand espoir d'échapper à leur sort.

Rencontre du roi Thiernou Ibrahima à Guéhama.

Halte de caravaniers; se voyant menacés par l'objectif, deux. hommes se hâtent de tenir leurs fusils en évidence.

Dans le lit du Kokoulo, en aval de Cambadaga; le chasseur a quelque espoir de trouver un utile gibier, Tombre courte indique rheure du déjeuner.

Pont sur le Kokoulo en amont des gorges du Kinkon.

Descente du Dagui Cobi sur la route de Nineguéti; nos chevaux n'auraient pu descendre ce chaos, il a fallu les amarrer par la queue et les affaler d*un étage à l'autre, sur i50 mètres de profondeur; très confiants, ils se prêtent à la manœuvre. Pour gagner du temps par des raccourcis, nous avons souvent employé ce moyen; il n*est dangereux que dans les fpntes trop reserrées, ou dans les racines en barreau d'échelle où le cheval se casserait pied ou jambe sMl s'engageait.

Kakrimann, passage de Kafourou, à Guémé-Sangan; le petit point blanc à droite est le casque du Toubab (blanc) qui se laisse aller au plaisir du bain; nous avions oublié les caïmans, nos hommes nous le rappelèrent à grands cris.

Bananes à vendre le long du bord à Las Palmas. Les régimes destinés au commerce sont emballés un à un, dans des paniers, et ■embarqués par centaines, par les panneaux.

En rade de Konakry •

Embarquement de viande sur pied, à Taide du treuil à vapeur, à bord du Thihct, capitaine Littardi, de la G'« Fraissinet. Celle Compagnie, des plus anciennes sur toutes les mers, nous transporte très ronfortablement de Marseille à la oôle occidentale d'Afrique.

Une forte subvention devrait être attribuée au transpoK des voyageurs sur cette ligne, afin d'accroître la vitesse; on pourrait, sans rien exagérer, gagner deux jours sur dix.

Le Foutah-Djalon peut fournir largement les ressources nécessaires pour payer une telle subvention, pour aménager son port de Konakry et pour construire le Chemin de Fer de la mer au Niger supérieur. La métropole recueillerait le centuple des dépenses faites par la colonie.

Mais personne n'est autorisé à organiser cette mise en valeur; la Chambre des Députés en a le pouvoir, mais pas la volonté: et comment ne pas s'étonner de ce néant par l'accumulation des opinions diverses, alors qu'il n*est peut-être pas un seul de nos Députés qui, chargé isolément de faire valoir le Foutah en père de famille, ne tirerait de ce jardin les ressources que j'indique, tellement c'est facile.

Page 1