‹ Conradin et FrédéricChapitre 15 sur 58 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

Sur nos périls communs sans détour je m'explique. C'est peu que de Conrad le fils audacieux Entraîne dans ses rangs un ramas odieux De soldats vagabonds, de peuples sanguinaires, Affreux blasphémateurs de la foi de nos pères, Que le Tage et le Nil rejettent de leurs bords; Des traîtres à sa haine unissent leurs efforts. De rebelles sujets que le bonheur fatigue Forment contre mon trône une coupableligue ; Insensés ! veulent-ils , par ce manque de foi , Me punir du repos qu'ils ont reçu de moi?

Ont-ils de m accabler embrassé l'espérance ?

Ah! si, moins courageux, je fuyais vers la France, Ils apprendraient bientôt, ces peuples malheureux, Qu'ils ne sont rien pour moi, quand je suis tout pour eux.

Vous le savez, guerriers, après cent ans dorage, Naples jouit enfin du fruit de mon courage :

Et l'on veut m'arracher le prix de mes travaux ! Et résolu sans doute à des meurtres nouveaux , De l'odieux Mainfroi le neveu téméraire Porterait dans nos murs sa rage héréditaire!

D'un pouvoir renversé le colosse odieux Une seconde fois s'élevant à nos yeux , Sur ses vieux fondements menacerait encore Et la paix de l'Europe et le dieu qu elle adore ! Non , non , c'est un espoir qu'on ose en vain nourrir ; Au pied de nos remparts il faut vaincre ou mourir. Je puis compter sur vous, comptez sur votre maître. Quels que soient les Rangers que je vous fais connaître, A de plus grands encor nous avons survécu,

ao CONRADIN ET FRÉDÉRIC.

Et pour être trahi, Charles n'est point vaincu. Répondez, compagnons.

D AMBOISE

O prince magnanime!

Nos regards effrayés, sur le bord de l'abyme, N'osaient en mesurer l'immense profondeur; La grandeur du péril arrêtait notre ardeur :

Vous parlez, et tout change, et déjà votre armée Appelle les dangers qui l'avaient alarmée.

Nous sauverons l'état en défendant vos droits.

CHARLES

Guerriers, toujours vos cœurs ont entendu ma voix. Oui , nous le sauverons , j'en forme l'espérance.

La Sicile est déjà soumise à ma puissance. Ainsi la trahison, par de secrets ressorts, A-la-fois de l'empire ébranlait tout le corps. Nos troubles, je le vois, ont la même origine; Le même esprit régnait à Rome et dans Messine ; Le plan des factieux est à la fin connu.

Au-delà du détroit s'ils m'avaient retenu , Naples leur présentait une conquête aisée.

Vain espoir ! la Sicile , en deux jours appaisée , Des remparts d'Agrigente à la ville des rois, Et du Phare à Trapane obéit à mes lois.

D n'a fallu qu'un homme... Eh, qui peut méconnaître Ce liéros, le vengeur et l'ami de son maître? Approchez-vous, Roger, embrassez votre roi.... Digne de ses aïeux, le neveu de Mainfroi , Par des complots obscurs que le brave méprise,

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