ACTE V, SCÈNE VI. 69 Les révoltés, madame, ont vu tomber, sa tête
CONSTANCE
Hélas !
BLANCHE
A le sauver leur audace était prête.
Frédéric les guidait, enflammé de courroux, Les portes du palais s'ébranlaient sous ses coups ; Votre père paraît, il les ouvre lui-même.
«Traître, connais, dit-il, ma clémence suprême; « De mes bontés long-temps garde le souvenir : « Tu demandes le prince, et je vais vous unir; < Tiens, jouis sans retard de l'espoir qui t'anime.» A ces mots , le fer brille aux yeux de la victime : Avant de la frapper, les bourreaux ont frémi. Conradin tombe et meurt en nommant son ami.
A ce spectacle affreux, immobile, sans larmes, Frédéric de sa main laisse tomber ses armes ; Par un coup si funeste il semble épouvanté ; Mais bientôt relevant son glaive ensanglanté, Il crie au loin , Vengeance î et cette foule immense, Dune voix unanime, a répété, Vengeance!
Ah ! madame, fuyons de ces murs pleins d'horreur.
CONSTANCE
Non, je cours vers les lieux témoins de leur fureur. Suis-moi, Blanche.
BLANCHE
Arrêtez! quel espoir vous égare?
Redoutez lès excès de ce peuple barbare.
Les révoltés vers nous précipitent leurs pas.
Ils sont vainqueurs!... mou père a reçu le trépas....
7 o CONRADIN ET FRÉDÉRIC.
Mon père ne vit plus... Tu m'ordonnes de vivre ?... Du fardeau de mes jours que la mort me délivre ! Mon père !...
BLANCHE
Modérez ces transports douloureux;
Peut-être....
CONSTANCE
Je le vois... ô crime!... ô jour affreux !
(au peuple qui entre en foule sur la scène.) Ah! s'il respire encore, écoutez ma prière , Peuple, prenez ma vie, et respectez mon père.
(apercevant Charfes.) Mais que vois-je ?... C'est lui qui paraît à mes yeux.