SCÈNE IL
ROGER, OSVALD.
OSVllD.
Prince, tout vous promet une faveur nouvelle}
A votre auguste aspect, la Sicile rebelle,
Qui, du comte d’Anjou méconnaissant les droits, Voulait demeurer libre et se choisir des rois,
A vu s’évanouir sa superbe espérance.
Palerme ainsi que Naple est soumise à la France. Mais lorsque triomphants nous revoyons ces lieux, Roger, triste et pensif, se cache à tous les yeux. Croirai-je qu’un héros, distrait par tant de gloire, D’un amour malheureux garde encor la mémoire P
ROGER
Plût au ciel que de Naple éloigné pour toujours,
La mort dans les combats eût terminé mes jours !
OSVALD.
Que dites- vous, seigneur?
ROGER
. Ah! que viens-je d’apprendre P
Osvald , à quels malheurs ton ami doit s’attendre !.... Conradin n’est point mort, et ce fils des Césars,
Déjà maître de Rome, a quitté ses remparts.
Rien n’arrête ses pas} les peuples avec joie Bénissent le vengeur que le ciel leur envoie;
Au lieu de le combattre, ils tombent à genoux;
Et le nom seul de Charle excite leur courroux.