ACTE III, SCÈNE I„ 3i
Qu'espérez-vous enfin d’un amant désolé Sous le poids des remords en secret accablé?
COHSTAHCB.
Pour avoir des remords a-t-il commis un crime? Blanche, n’outrage pas un cœur si magnanime.... Quel est donc ce mystère, et comment dissiper Cette profonde nuit qui vient m’envelopper?
Crois-tu que des Césars il garde la mémoire?
Souvent il nous contait leur déplorable histoire.
Qu* de fois attentive à ses tristes récits,
J’ai surpris .ses regards de larmes obscurcis!
Blanche, tu t’en souviens; crois-tu que ses alarmes?...
BLAHCHË.
Hélas! n’avez-vous point d’autres sujets de larmes, Madame! où votre esprit se va-t-il égarer?
Quels que soient des chagrihs qu’il ne peut pénétrer , En devez-vous chercher la secrète origine ,
Quand l’empire ébranlé penche vers sa ruine; Quand le roi, quand Roger, victimes des combats, Peut-être en ce moment reçoivent le trépas;
Quand tout succombe?
COIf StArltCB.
Arrête! épargne-moi, de grâce; Dans ce cœur déchiré sais-je ce qui se passe ? Accablée à-la-fois de mille maux divers ,
Sais-je de mes chagrins quels sont les plus amers ? • O désir des grandeurs, soif ardente et funeste,
Vous causez tous nos maux, et mon cœur vous déteste. Que m’importe en effet votre éclat dangereux !
Pour être obscur et pauvre en est*on moins heureux ?
3a CONRADIN ET FRÉDÉRIC.
Hélas ! près de ce trône où l’on nous porte envie , Toujours les noirs chagrins empoisonnent ma vie; Le destin qui m’opprime en a proscrit le cours;
Et c’est par mes tourments que je compte mes jours. ( apercevant Osvald.)
Osvald , m’annoncez- vous des malheurs que j’ignore ? Nos maux sont-ils comblés, espérons-nous encore?