‹ Conradin et Frédéric, tragédie en cinq actesChapitre 29 sur 61 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Sa main, oisive encor, n’a pas saisi son glaive;

Il errait au hasard : un cri lointain s’élève.

Terrible, il reconnaît Philippe et ses soldats.

«Ah! de mon désespoir tu ne jouiras pas,

Dit-il; « ne pense pas que ma fureur te laisse " Le prix qu’ose espérer ta fatale tendresse ! .

A ces mots, l’œil farouche et le fer à la main, Parmi les combattants il s élance soudain.

Je ne vous peindrai point ses exploits, sa vaillance, Les vainqueurs à leur tour fuyant en sa présence; ’ La foudre est moins terrible el ses effets moins prompts ; Sa voix a ranimé nos faibles bataillons.

Suivi de ces Français dont le noble courage ,

Sans reculer d’un pas, avait bravé l’orage,

Il court, sème par-tout ou la mort ou l’effroi :

De ce vainqueur nouveau tout reconnaît la loi;

Tout fuit sans opposer une audace impuissante;

Et lorsque, parvenus sur l’arène sanglante,

Les guerriers de Philippe à Charles sont unis,

Ce monarque déjà n’avait plus d'ennemis.

CONSTANCE

Hélas! ce cœur long-temps à l’amertume en proie, ' S’abandonne en tremblant à l’excès de sa joie....

Du jeune Conradin sait-on quel est le sort?

OSVAID.

Ses gardes l’entouraient : leur courageux effort Des vainqueurs irrités a trompé la colère.

Ils sont tous dans les fers; mais il fuit, et j’espère Que loin des murs de Naple il a porté ses pas. Conradin et Frédéric. . 3

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