ACTE IV, SCÈNE III
Deux guerriers le suivaient, accablés de douleur. «Retournez, leur dit-il, vers mon libérateur;
« Dites-lui qu’à ses vœux mon cœur ne peut souscrire; « Je confie à ses soins et Naple et mon empire :
« Mes sujets malheureux réclament son secours; «Contre un tyran cruel qu’il les serve toujours.»
A ces mots il s’éloigne.
CHARLES
O trahison! ô rage!
Eh bien ! qu’avez-vous fait pour venger mon outrage?
s’iMBOISI.
Seigneur, quelques anus secondant mes efforts Ont saisi Conradin prêt à fuir de ces bords.
CHARLES
Et Roger ?
d’amboise.
Vers le port, sire, on l’a vu se rendre.
CHARLES
A tant de perfidie aurais-je di\ m’attendre?
Roger !... dans quel moment !... et quel est son espoir ? Dou naît ce zèle ardent plus saint que le devoir? Croit-il, par ses exploits, colorer son offense?
D’un glaive inexorable armons notre vengeance. D’Amboise, écoutez-moi : le temps est précieux; Annoncez à Roger qu’à l’instant, en ces lieux,
Son roi veut lui parler; il faut que j éclaircisse Le coupable dessein dont il est le complice.
d’a m b o is E.
Sire , j’obéirai; mais, dans votre courroux,
Craignez de lui fournir des arjnes contre vous.
Modérez vos transports : plus calme et plus tranquille De lire clans son ame il vous sera facile.
Croyez-en mes conseils.
Et comment renfermer
Cette horreur qu’il m’inspire et qu’il va ranimer?
Ah ! goûtons le plaisir de confondre le traître. Allons, de ma fureur je sens que je suis maître.
- d'asboise.
Seigneur, je l’aperçois; il marche vers ces lieu*.
CHARLES
Je vais donc pénétrer ce mystère odieux.
D’Amboise , laissez- nous.
( D’Amboise sort.)