ACTE IV, SCÈNE IV
Moi-même j’apprêtais l’instrument de ma perte.
Frédéric...
( à un officier. )
Qu’à l’instant, par mon ordre assemblés,
Autour de Conradin les gardes soient doublés.
( à Frédéric. )
Pour toi de qui les vœux appellent le supplice,
Tremble que ma fureur bientôt les accomplisse.
Que je tremble , cruel!., va, mon cœur effrayé Ne réclamera point une indigne pitié.
J’ai mérité mon sort, quand jadis mon courage.
Deux fois pour te sauver a fait tête à l’orage ;
J’ai mérité mon sort, quand j’ai pu, sans frémir.
Sur ce trône usurpé moi-même t’affermir.
Ah ! plût au juste Ciel qu’avant cette infamie Le fer de l’infidèle eût terminé ma vie !
Que je tremble, cruel!.. Mais si tu veux régner,
Toi-même en ce moment tremble de m’épargner.
Vengeur de Conradin , Frédéric peut encore Soulever contre toi ce peuple qui t’abhorre.
Mais que dis-je P A la mort penses-tu l’envoyer,
Si ta haine aujourd hui me frappe le dernier?
Rassemble tes bourreaux, et je cours les attendre...
Après l’avoir vaincu je saurai le défendre. ,
CHARLES
Qu’on l’arrête; soldats, prévenesa son dessein.