‹ Conradin et Frédéric, tragédie en cinq actesChapitre 59 sur 61 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

Les révoltés, madame, ont vu tomber sa tête.

CONSTANCE

Hélas I

BLANCHE

A le sauver leur audace était prête.

Frédéric les guidait, enflammé de courroux,

Les portes du palais s’ébranlaient sous ses coups ; Votre père paraît, il les ouvre lui-même.

«Traître, connais, dit-il, ma clémence suprême;

« De mes bontés long-temps garde le souvenir :

« Tu demandes le prince, et je vais vous unir;

« Tiens, jouis sans retard de l’espoir qui t’anime.»

A ces mots, le fer brille aux yeux de la victime : Avant de la frapper, les bourreaux ont frémi. Conradin tombe et meurt en nommant son ami.

A ce spectacle affreux, immobile, sans larmes, Frédéric de sa main laisse tomber ses armes;

Par un coup si funeste il semble épouvanté ;

Mais bientôt relevant son glaive ensanglanté,

Il crie au loin , Vengeance ! et cette foule immense. Dune voix unanime, a répété. Vengeance!

Ah ! madame, fuyons de ces murs pleins d’horreur.

CONSTANCE

Non, je cours vers les lieux témoins de leur fureur. Suis-moi, Blanche.

blanche.

Arrêtez! quel espoir vous égare?

Redoutez les excès de ce peuple barbare.

Les révoltés vers nous précipitent leurs pas.

constance.

Ils sont vainqueurs!... mon père a reçu le trépas....

7 o CONRADIN ET FRÉDÉRIC.

Mon père ne vit plus... Tu m’ordonnes de vivre ?... Du fardeau de mes jours que la mort me délivre ! Mon père !...

BLANCHE

Modérez ces transports douloureux ;

Peut-être....

CONSTANCE

Je le vois... ô crime!... ô jour affreux !

(au peuple qui entre en foule sur la sc'enc .)

Ah! s’il respire encore, écoutez ma prière,

Peuple, prenez ma vie, et respectez mon père. (apercevant Charles.)

Mais que vois-je ?... C’est lui qui parait à mes yeux. SCENE VII, ET DERNIÈRE.

C H ARLES, l’épée a la main , D’A M B O I S E, CONSTANCE, BLANCHE, soldats, peuple.

CHARLES

Rebelles, retenez vos cris séditieux.

De vos faibles efforts que pouvez-vous attendre ? Contre un fier ennemi le ciel m’a su défendre.

En vain vous prétendiez, pleins d’un zèle insensé, L’élever sur le trône où Rome m’a placé.

On l’amène à vos yeux , vous l'allez voir paraître : Téméraires, tombez aux pieds de votre maître.

CONSTANCE

Ciel ! que voulez-vous dire ?

(en ce moment on aperçoit Frédéric mourant , soutenu par Osvald et porté par des soldats .)

O spectacle d’horreur !

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