PARTIE IL ^ FOI AU BEVOIR. ^ ÉPItOGCE
VOUS fasse prendre parti sur Tabandon ou sur la continuatiou de cette lecture.
Arrière, vous dont Tàme est attristée par les désolantes doctrines réfutées dans notre deuxième partie ! Ce traité, œuvre de foi, ne vous est pas destiné! Voilà l'arrêt de notre intolérance! le seul qui se trouvera sous notre plume. — Nous regrettons de récrire, mais il est forcé. Scaliger nous en donne les considérants : ce Omnis non solum cessatio ignavia e$tf (c sed etiam qucerendi defatigatio existimari débet « turpissimay ubi id quod quceritur est pulcherri^ « mural »
Mais vous qui méditez et espérez, qui vous proposez un but quelconque, vous êtes nos frères en science. Avec vous nous aurons à discuter des systè^ mes sur les objets du devoir, mais vous n'élevez nulle question préalable contre son ^istence. Aussi , que votre nom soit Épicuriens ou ascètes, stoïciens ou Fouriéristes, Benthamistes ou mystiques, matérialistes ou spiritualisteS; sages d'Athènes ou Pères de l'Église, qui que vous soyez, raisonneurs honnêtes, nous vous écoutons tous et nous parlons à tous. Certes le choix entre vos doctrines ne nous sera pas indifférent! Nous saurons le faire avec fermeté. Mais nous n'en éconduirons aucune par une dédaigneuse fin de nonrecevoir. Heureux quand, sous quelque ruine dédaignée, nous retrouverons un trésor oublié qu'avait amassé la pensée humaine ! Plein de joie, chaque fois qu^en cherchant la science de rendre à chacun ce qui lui est dû, nous commencerons par rendre ce qui est dû aux amis de la vérité qui nous ont précédé !
154 CONSCIENCE ET SCIENCE DU DBVOUt
Le cœur, autant que la lo^qua, repousse les riiralîtés enfantées par Torgueil entre les hommes qui s'occupent des mêmes études. c< J'ai seul trouvé ce « qui est; tous les autres n'ont enseigné que l'er-- « reur. . . • • d Voilà ce que se dit tel penseur amoureux de ce qu'il a produit ^ . Hélas! bien faible est souvent la différence entre l'œuvre dans laquelle il se complaît et les œuvres que son dédain méprise. Plaignons*le ! Quoi de plus doux pour l'homme édairé que cette charité de l'inteUigence^ bien plus désireuse de trouver la douceur de l'accord que le triomphe de la vanité? Et d'ailleurs qui peut se flatter de prononcer le dernier mot de la science?Tout travail de Vh(Hnme peut-il être autre chose qu'un résultat provisoire attendant son complément du travail de demain ^?--^Ëh bien! que ceux qui demain nous combattront imitent la courtoisie de nos débats avec ceux que nous combattons aujourd'hui! Loin d'eux et loin de nous ces accents de dédain ou de colère que n'évitent pas toujours les philosophes ^I
Sous le bénéfice de ces observations, voyons ce qu'il nous reste à faire.
i « En général, les mots : Cela est évident, cela est absurde, sont d& « mots d*écoliers. p
(Daoz, Philosophie morale^ ohap, yii. — Ouvrage courpnpâ pai* TAcadémie française).
« « Un système est un voyage au pays de la vérité. Tous les voyageurs « s'égarent, et tous découvrent quelque chose. »
(Db Bonald, Dissertation sur la pensée de rhomme.)
» Nous regrettons de voir M. Jules Simon céder à une indignation généreuse, mais irréfléchie, et, suivant nous, parfois injustei en signalant entre certains adversaires et lui un abfme, là où souvent existe à peine une nuance légère d'opinioni.