PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRE I
rinâuence du conseiU plus que le respect de la convention.
La force et Tautorité imposent un résultat. L'homme qui est obligé de Faccepter malgré son désir de s'y soustraire, ne fait acte ni de liberté, ni de foi, ni de raison. — Le conseil est demandé spontanément, soit à un supérieur, soit à un égal, soit à un inférieur. Celui qui le reçoit n'est point tenu deFécouter. Si, n'étant pas certain qu'il soit bon , il le suit par confiance en celui qui l'a donné, il fait acte de liberté et de foi, mais non de raison. — La convention est conclue librement. Si elle est morale, elle produit le devoir. Si elle ne l'est pas, et que, par un faux point d'honneur, celui qui l'a consentie l'exécute, il fait acte de liberté, mais non de foi ni de raison.
La souveraineté du devoir ne s'impose pas à la faiblesse, comme la force et l'autorité. — Elle n'appelle pas lafoiaveugle, comme le conseil. — ^Ellene demande pas Tobservation d^une prétendue bienséance, comme la convention qu'on a eu tort de faire. — Elle s'adresse directement à la raison et l'oblige par son propre assentiment. Le devoir « agit moralement sur le cœur et c< le pénètre d'un sentiment particulier qui force les (( hommes à blâmer eux-mêmes leur propre conduite, c( et à se juger dignes de châtiment lorsqu'ils ne se « sont pas conformés à la règle prescrite ; motif qui <x seul est capable de donner à l'obligation assez de « force pour fléchir la volonté ^ » — « D'une part, <( l'intérêt fait appel à notre sensibilité, sans entrai-
* Puffendorff, Droit de la nature et deê yens, liv» I^ chap. yi, S 5. I. Il
le» CQfE<9SaBNCE ET SCIENCE DU DEVOIR.
(( ner notre raison. D*une antre part, un fhit iqiédal^
c< sui generiSf sollicite notre raison sans seulement « s'inquiéter de ce qui en résultera pour notre sensi- (( bilité. Ce fait, qui réclame l^itimement la direction
c< de Faxistence, ce fait, en face duquel il fallait
« que Fintérêt se vînt placer, comme l'ombre près de
« la lumière, pour le faire mieux ressortir ce fait
(( qui nous lie sans nous enchaîner c'est le de-
« voir*. y>
TITRE II