‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 160 sur 301 · PARTIE III. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE UI · texte numérisé non relu

PARTIE III. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE UI

« VOUS ayez de l'aversion pour ce qui vous est avan- (( tageux , et que vous aimiez ce qui vous est nuisi- « ble : Dieu le sait*. »

248. Chacun a conscience de cette étendue relative de la justice en lui. Il sait jusqu'à quel point il aime le devoir. Il mesure le désir plus ou moins grand qu'il a de bien faire, le plaisir plus ou moins grand qu'il sent à bien faire.

249. Et cette conscience, dont le siège est dans la sensibilité, devient un des éléments de la conscience morale dont le siège est dans Tintelligence. En effet, en apprenant à chacun jusqu'à quel point la justice est en lui active ou languissante, elle révèle à la conscience morale l'étendue de sa tâche, le besoin plus ou moins grand que la raison a de se fortifier pour triompher des passions plus ou moins fortes : sûre qu'elle est que le Dieu qui a départi aux divers individus des épreuves plus ou moins rudes, tiendra compte à chacun de la difficulté plus ou moins gi'ande de les subir.

250. La connaissance des caractères et du premier principe du devoir nous est apparue comme absolue dans nos deux livres précédents. — Dans le livre que nous achevons ici, nous venons au contraire de trouver un premier élément relatif de la conscience morale, l'étendue relative du sentiment de justice. — Nous allons, dans les deux livres suivants, signaler d'autres éléments relatifs.

* Le GoraUy chap. ii : la Vache^ vers. 213.

Page 1